Syrie: le chef du Front al-Nosra appelle l’EIIL à cesser les combats fratricides

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Le chef du front Al-Nosra, Abou Mohammed al-Joulani (Photo: ansarsunna)
Le chef du front Al-Nosra, Abou Mohammed al-Joulani (ansarsunna)

Le chef du Front al-Nosra, groupe djihadiste affilié à Al-Qaïda tout comme l’État islamique en Irak et au Levant (EIIL), mais qui, contrairement à ce dernier, est surtout constitué de Syriens, a appelé à un cessez-le feu dans les combats qui opposent en Syrie les rebelles aux djihadistes.

«Cette circonstance malheureuse nous a poussés à lancer une initiative en vue de sauver la situation. Elle consiste à former un comité basé sur loi islamique et composé de toutes les brigades importantes […] à établir un cessez-le-feu […] à procéder à une échange des prisonniers et à donner la priorité au combat contre le régime», a affirmé Abou Mohammad al-Jolani, dans un enregistrement audio posté mardi et dont la transcription a été publié en même temps sur la page Facebook du groupe.

Depuis vendredi, de violents affrontements opposent trois coalitions rebelles à l’EIIL, un groupe originaire d’Irak et qui était jusqu’à récemment un allié de la rébellion face aux forces du président Bachar al-Assad.

Selon Abou Mohammed al-Joulani , «certaines parties ont accepté ces propositions, d’autres ont subordonné leur accord à l’acceptation de la partie adverse et d’autres parties se sont défilées, mais l’offre telle qu’elle est, ou avec des modifications, est toujours sur la table pour sauver la situation», a-t-il dit.

Le Front al-Nosra, qui s’est constitué en janvier 2012, avait a refusé en avril 2013 la proposition de fusionner pour former l’EIIL, faite par Abou Bakr al-Bagdadi, chef de l’État islamique d’Irak,

Dans les combats actuels, le Front combat dans la majorité des cas avec les rebelles ou s’abstient de participer aux affrontements.

Abou Mohammad al-Jolani accuse maintenant l’EIIL «d’avoir mené sur le terrain une politique qui a été un facteur important dans le déclenchement du conflit«, et regrette qu’il «n’ait pas été possible de trouver une solution fondée sur la loi islamique entre les principales brigades pour résoudre le conflit».

«Ceci a a conduit à un très violent combat qui risque de nous coûter cher sur le terrain si ça continue, notamment les fronts d’Alep, pour les assiégés à Homs, les habitants de Damas et de la Ghouta», dit-il.

«Si le conflit n’est pas réglé, le djihad formé par les mouhajirine (combattants étrangers) et les Ansar (combattants locaux) risque de perdre beaucoup du terrain, le régime va pouvoir trouver un nouveau souffle alors qu’il était proche de l’effondrement et l’Occident et la rafidaine (chiites et alaouites) vont trouver un grand espace», met-il en garde.

L’EIIL dit non à la réconciliation

L.EIIL pour sa part a clairement dit non à la réconciliation.

L’EIIL,lui aussi dans un message audio, a appelé ce même jour à «anéantir» les rebelles contre lesquels ce groupe lié à Al-Qaïda se bat depuis plusieurs jours dans le nord de la Syrie,

Il a aussi menacé de mort les membres de la coalition de l’opposition syrienne, estimant qu’ils étaient une «cible légitime».

S’adressant aux combattants de l’EIIL, son porte-parole, cheikh Abou Mohammed al-Adnani, a lancé: «Anéantissez-les [les rebelles]) et […] soyez certains de la victoire de Dieu».

Parlant ensuite aux rebelles, il a aussi lancé : «Aucun de vous ne survivra, et nous ferons de vous un exemple pour tous ceux qui pensent suivre le même chemin».

Cette déclaration intervient alors que depuis vendredi, rebelles et combattants de la branche officielle d’Al-Qaïda en Syrie, le Front Al-Nosra, sont engagés dans des affrontements meurtriers contre les djihadistes de l’EIIL.

Selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH), un organisme indépendant qui s,appuie sur un vaste réseau de travailleurs humanitaires et de militants sur le terrain, ces combats ont fait au moins 274 morts: 129 rebelles et membres d’Al-Nosra, 99 jihadistes de l’EIIL, un groupe originaire d’Irak, et 46 civils.

*Avec AFP


Le chef du Front al-Nosra appelle l’EIIL à un cessez les combats fratricides dans un enregistrement audio posté sur les médias sociaux mardi

Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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