Syrie: les journalistes français sont «en bonne santé» aux mains des djihadistes

Des Syriens cherchent des survivants de raids aériens, à Alep le 22 décembre 2013 (Mohammed Al-Khatib/AFP)
Temps de lecture estimé : 3 minutes
Des Syriens cherchent des survivants de raids aériens, à Alep le 22 décembre 2013 (Mohammed Al-Khatib/AFP)
Des Syriens cherchent des survivants de raids aériens, à Alep le 22 décembre 2013 (Mohammed Al-Khatib/AFP)

Selon Peter Bouckaert, directeur des urgences de l’organisation internationale Human Rights Watch (HRW), les quatre journalistes français retenus en Syrie «sont bien traités et en bonne santé». Ils seraient actuellement «entre les mains de l’État islamique en Irak et au Levant (EIIL)», un groupe de djihadiste qui sème la terreur au Moyen-Orient.

On en sait un peu plus désormais sur le sort des quatre journalistes français actuellement otages en Syrie. L’État islamique en Irak et au Levant (EIIL) serait en effet responsable de ces enlèvements. Didier François (grand reporter à Europe 1) et Edouard Elias (photographe) sont retenus en Syrie depuis 213 jours, Nicolas Hénin (Le Point, Arte) et Pierre Torres (photographe indépendant) depuis 197 jours.

Interrogé par le journal Le Monde, Peter Bouckaert a précisé que l’EIIL «ne veut pas négocier» leur libération pour l’instant. Le quotidien français écrit également que «selon des sources bien informées, les otages occidentaux seraient regroupés à Alep, où des combats sont en cours entre l’EIIL et d’autres factions rebelles. Ils sont détenus en compagnie d’autres otages syriens».

«Ils retiennent ces gens [les étrangers] en otages pour s’en servir comme boucliers humains», a poursuivi Peter Bouckaert. Les dijhadistes veulent en effet se protéger en cas d’attaque des forces occidentales contre leurs positions en Syrie. «Nous sommes face à la pire crise des otages depuis la guerre du Liban. Et encore, il y en avait moins au Liban. C’est une crise sans précédent», a précisé Peter Bouckaert.

L’État islamique en Irak et au Levant dans le collimateur de l’opposition

L’EIIL est d’ailleurs la cible d’attaques successives de la part des rebelles syriens. Auparavant alliés pour lutter contre les forces de Bachar al-Assad, rebelles et djihadistes s’affrontent depuis le 3 janvier. Le siège de l’EIIL, situé à Raqa, est même assiégé depuis lundi par des rebelles.

Selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH), quelque 50 prisonniers détenus par l’EIIL ont été libérés, lundi. En revanche, ni le prêtre jésuite Paolo Dall’Oglio, ni aucun des journalistes étrangers détenus par l’EIIL, ne font partie du contingent de prisonniers libérés.

Apparu en avril 2013, l’EIIL est présent en Syrie mais aussi au Liban et en Irak. L’organisation souhaite instaurer un jihadisme transnational et milite pour l’établissement de la charia (la loi islamique) dans toute la région. Les djhadistes agissent également pour «la chute des gouvernements et la remise en cause des Etats», comme l’explique Pierre-Jean Luizard, directeur de recherches au CNRS, au Parisien.

Un hommage en France, une manifestation en Turquie

Lundi, une soirée organisée par le Comité de soutien aux otages en Syrie a été dédiée à ces quatre journalistes français, à la Maison de Radio France, à Paris. Plusieurs journalistes français, syriens, polonais, espagnols et italien, ex-otages en Syrie, sont ainsi venus témoigner de leur expérience.

Dimanche, en Turquie, de nombreux journalistes se sont également réunis dans les rues d’Istanbul pour réclamer la libération de leur confrère, Bünyamin Aygün, dont on n’a plus de nouvelle depuis son départ pour le nord de la Syrie, fin novembre. Signe que la mobilisation ne faiblit pas autour des défenseurs de la liberté de la presse.


Turquie: mobilisation en faveur des journalistes otages en Syrie – 5 janvier 2014 (Vidéo: Euronews)