Vie chère à Cold Lake: un soldat mendie pour dénoncer la situation

Base canadienne de Cold Lake, en Alberta, à 297 km d'Edmonton (Photo: Archives/WkiCommons)
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Base canadienne de Cold Lake, en Alberta, à 297 km d'Edmonton (Photo: Archives/WkiCommons)
Base canadienne de Cold Lake, en Alberta, à 297 km d’Edmonton (Photo: Archives/WkiCommons)

Darenn Tremblay, un soldat originaire du Saguenay, s’est transformé la semaine dernière en musicien de rue sur un trottoir de Cold Lake, en Alberta, afin de protester contre le coût de la vie pour les militaires qui servent sur cette base isolée, rapportait l’Agence QMI.

La situation à la base de Cold Lake, en Alberta, est telle qu’elle pousse plusieurs militaires à quitter les Forces canadiennes.

Mais, la semaine dernière, un jeune soldat de 25 ans de la 4e Escadre a fait quelque chose de différent et complètement inusité.

Il s’est installé sur le trottoir avec sa guitare avec, devant lui, un casque de combat renversé et une affiche sur laquelle était écrit: «Je suis membre des Forces canadiennes, basé à Cold Lake avec ma famille. Un peu de monnaie m’aidera».

Le jeune soldat ne protestait pas pour rien.

Un rapport spécial remis en juillet par l’ombudsman des Forces canadiennes, Pierre Daigle, au ministre de la Défense était on ne peut plus clair: le coût de la vie, les loyers élevés des logements et la «disparité» entre la rémunération «réelle» à Cold Lake et ailleurs au pays obligent plusieurs militaires affectés sur cette base isolée à occuper un second emploi et en poussent un grand nombre à quitter les Forces canadiennes.

Ces disparités, expliquait-on l’été dernier dans l’article consacré à ce problème sur 45eNord.ca, sont la conséquence de la pression à la hausse sur les prix due à la forte progression du secteur pétrolier et gazier risquent même de s’accentuer au cours des années à venir si rien n’est fait et font dire à plusieurs qu’il est préférable de quitter les Forces canadiennes que d’être affecté à Cold Lake.

Si on se fie à ce que le jeune soldat de 25 ans qui s’est transformé en musicien de rue a dû faire pour attirer l’attention sur le sort des militaires de Cold Lake, la situation n’a donc guère changé depuis l’été dernier.

Darenn Tremblay qui, pour joindre les deux bouts, doit comme plusieurs de ses camarades de Cold Lake occuper un second emploi en plus de servir dans l’armée, dénonçait aussi une récente augmentation du prix des logements à Cold Lake où il réside depuis deux ans et demi et où les allocations sont plus faibles que dans d’autres communautés de militaires.

La sortie publique du soldat coïncidait également avec la réception d’une lettre adressée aux membres de l’escadre à laquelle il appartient indiquant que, si leur loyer était réduit sous la juste valeur du marché, le bénéfice qu’ils en en tireraient serait alors considéré comme un bénéfice imposable.

La situation des ces militaires « perdus à Cold Lake » semble donc encore à ce point désespérante qu’un soldat comme Darenn Tremblay s’est montré prêt à encourir des sanctions disciplinaires pour la dénoncer.