Aides aux plus défavorisés: les Conservateurs induisent les Canadiens en erreur

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Le budget présenté par Stephen Harper la semaine dernière ne déroge pas à une bien malheureuse pratique du gouvernement conservateur, qui consiste à induire les Canadiens en erreur relativement à l’aide apportée aux plus défavorisés de la planète. Quoi que vous lisiez dans le budget, ne vous méprenez pas: les conservateurs de Stephen Harper n’accorderont rien de plus à l’aide internationale; en fait, depuis des années, ils usent de pratiques budgétaires douteuses pour vider l’aide internationale au développement de sa substance.

Le stratagème se fait en deux temps: d’abord, les conservateurs procèdent en douce à des réductions en consacrant un certain budget à l’aide au développement, montant qu’ils refusent ensuite de dépenser. L’an dernier, cette tactique a provoqué un écart de 300 millions $ entre la somme budgétée et la somme dépensée. Ensuite, en réponse aux critiques portant sur leurs politiques en matière d’aide internationale, les conservateurs allèguent invariablement qu’ils maintiennent les niveaux d’aide humanitaire.

Mais ce que les Canadiens ne savent peut-être pas, et c’est compréhensible de leur part, c’est que l’aide humanitaire et l’aide au développement sont deux choses différentes. Techniquement parlant, il s’agit de deux types distincts de dépenses. L’aide humanitaire consiste généralement en aide à court terme versée à la suite d’une crise bien précise (par exemple, un séisme), tandis que l’aide au développement est échelonnée sur le long terme et vise à renforcer l’autosuffisance d’un pays en développement. Bien entendu, personne ne saurait remettre en question les dépenses en aide humanitaire; cependant, le peu de cas que les conservateurs font de l’aide au développement démontre bien leur courte vue et leur manque de vision. Cette approche entraînera forcément une hausse des coûts en aide humanitaire car, faute d’aide au développement suffisante, les pays concernés ne pourront pas assurer correctement la santé et la sécurité de leurs propres populations.

Ce que les conservateurs devraient faire, c’est d’abord de dépenser le montant qu’ils s’engagent à dépenser. Des plans à long terme devraient être élaborés afin d’appuyer les interventions stratégiques destinées fondamentalement à renforcer les pays en développement; il ne faut pas attendre que des crises mettent en péril les institutions étatiques de ces pays. L’inaction est trop coûteuse, autant pour les Canadiens que pour les citoyens des pays en développement. Ensuite, les conservateurs devraient mettre à profit les compétences et l’expérience des ONG canadiennes qui peuvent fournir des services spécialisés et mener à bien des projets.

Les conservateurs n’ont rien fait récemment pour redorer la réputation internationale du Canada, et le moment serait bien choisi pour mettre en lumière le bon travail de nos ONG. Enfin, trop de gens dans le monde demeurent pris dans le piège de la pauvreté en raison de la faiblesse des institutions. En matière d’aide internationale, la vision à court terme et les compressions en douce des conservateurs causent du tort aux Canadiens et aux plus vulnérables de la planète. Les promesses vides ne sont bonnes pour personne.