Budget Flaherty et vétérans: plus d’aide pour mourir, pas encore assez pour vivre

Sépultures d'anciens combattants au Cimetière Côte des Neiges à Montréal (Photo: Fonds du Souvenir)
Sépultures d'anciens combattants au Cimetière Côte des Neiges à Montréal (Photo: Fonds du Souvenir)
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Sépultures d'anciens combattants au Cimetière Côte des Neiges à Montréal (Photo: Fonds du Souvenir)
Sépultures d’anciens combattants au Cimetière Côte des Neiges à Montréal (Archives/Fonds du Souvenir)

La Légion royal canadienne, malgré le règlement du problème des funérailles des vétérans qui traînait depuis plusieurs années, n’a pas caché sa déception du peu d’importance accordée à ses recommandations budgétaires pour remédier aux lacunes financières de la Nouvelle Charte des anciens combattants.

Tiraillée entre l’envie de dire «Merci!» et celle de lancer «Ce n’est pas suffisant!», la Légion, qui avait été sollicitée par le gouvernement qui disait vouloir travailler elle dans le dossier du Fonds du Souvenir, s’est empressé de saluer les améliorations attendues depuis longtemps au régime de prestations funéraires et d’inhumation des anciens combattants et de leurs familles.

Dorénavant, comme l’expliquait hier sur 45eNord.ca  Nicolas Laffont  dans son compte-rendu sur le Budget Flaherty,  il ne sera plus nécessaire que le vétéran peu fortuné touche en outre des prestations d’invalidité pour être éligible au programme de prestations funéraires et d’inhumation.

En 2013, le ministre des Finances avait acté un investissement de 65 millions $ pour simplifier les modalités du Programme de funérailles et d’inhumations pour les successions des anciens combattants et de faire passer le montant du remboursement maximum des frais funéraires de 3.600 $ à 7.376 $.

Dès cette année, «le Plan d’action économique de 2014 propose d’investir 108,2 millions $ sur trois ans […] pour élargir les conditions d’admissibilité au Programme de funérailles et d’inhumation…».

Deux critères étaient en place jusqu’à présent pour pouvoir bénéficier du programme: soit être décédé en service, soit être un vétéran peu fortuné et touchant des prestations d’invalidité. C’est ce deuxième critère qui a été modifié en faveur des vétérans et, à partir de l’an prochain, le gouvernement s’attend à dépenser trois millions $ par année suite à cette mesure qui devrait permettre  à environ 600 vétérans de plus par an de bénéficier du programme.

«Force est de constater dans le budget d’aujourd’hui qu’il a tenu parole », déclare la Légion. «Je suis très content que le dossier des funérailles en toute dignité pour les plus vulnérables d’entre nos vétérans ait enfin été résolu», a dit Gordon Moore, président national de La Légion.

Mais, en  attendant l’enterrement,  il faut vivre

Mais La Légion n’a pu s’empêcher de faire aussi  faire part de sa déception en ce qui a trait aux autres dossiers tout aussi urgents, sinon plus.

Elle s’est déclaré toutefois déçue que le gouvernement fédéral n’ait pas cru bon de remédier aux graves lacunes financières de la Nouvelle Charte des anciens combattants alors que maintes études et analyses publiées depuis 2006 ont conclu que là où une solution immédiate est requise, les plus vulnérables de nos vétérans continuent de faire face à un avenir sombre et à des difficultés financières.

L’ombudsman des vétérans du Canada, Guy Parent, avait tiré la sonnette d’alarme dans son dernier rapport publié l’automne dernier sur la Nouvelle Charte des anciens combattants et accompagné d’une analyse actuarielle, et où il pressait le gouvernement d’agir rapidement.

Malgré les améliorations apportées en 2011 par la Loi améliorant la Nouvelle Charte des anciens combattants (projet de loi C-55), les vétérans et leur famille continuent de faire face à des problèmes graves, soulignait le rapport.

Par exemple, trente pour cent des vétérans frappés d’une incapacité totale et permanente risquent de ne pas avoir suffisamment de revenus lorsqu’ils atteindront 65 ans.

«Nul ne doit douter que l’enjeu d’un soutien financer adéquat pour tous les vétérans et leurs familles demeure un dossier urgent», a donc rappelé Gordon Moore, précisant que la Légion continuera de faire pression sur le gouvernement pour faire progresser les enjeux qui demandent une solution immédiate, dont :

  • l’allocation pour perte de revenu doit être bonifiée à hauteur de 100 % du salaire pré-libération, et être maintenue toute la vie durant et calculée en fonction des gains projetés pour l’ensemble de la carrière du militaire;
  • le montant maximum de l’Indemnité d’invalidité doit être augmenté, compte tenu de ce qui est accordé aux employés civils blessés qui se voient accorder des dommages-intérêts par les tribunaux;
  • l’iniquité actuelle quant à l’Allocation pour perte de revenus versée aux réservistes de classe « A » et de classe « B » (moins de 180 jours) ayant subi des blessures dues au service doit cesser immédiatement.

La Légion assure toutefois qu’elle « ne laissera pas tomber ces enjeux» et redoublera « d’efforts dans [ses] revendications jusqu’à ce que les résultats attendus par nos membres soient mis en place par ce gouvernement»

Il semble, malheureusement, que les conservateurs soient portés à accorder plus d’importance aux enterrements et aux commémorations.