Le CICR perd le contact avec une de ses équipes dans le nord du Mali

Distribution de nourriture près de Kidal, dans le nord-est du Mali (Archives/CICR)
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Distribution de nourriture près de Kidal, dans le nord-est du Mali (Archives/CICR)
Distribution de nourriture près de Kidal, dans le nord-est du Mali (Archives/CICR)

Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a confirmé aujourd’hui par voie de communiqué avoir perdu le contact samedi 8 février avec l’un de ses véhicules entre Kidal et Gao, dans le nord du Mali. Quatre membres du personnel et un auxiliaire vétérinaire se trouvaient à bord.
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Mise à jour au 10/02/2014 à 23h31

Un responsable du Mouvement pour l’unicité et le djihad en Afrique de l’Ouest (Mujao) a affirmé mardi (heure du Mali) avoir enlevé l’équipoe du CICR, rapporte l’AFP.

«Nous avons pris grâce à l’aide de Dieu un (véhicule) 4×4 des +ennemis de l’islam+ avec leurs complices», a déclaré dans un bref entretien téléphonique Yoro Abdoulsalam, responsable connu du Mujao.

À la question de savoir s’il s’agissait de l’équipe du CICR, rapporte l’agence française, il a répondu: «Oui. Ils sont en vie et en bonne santé», sans plus de précisions.

Le Mujao est un des groupes affiliés à Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) qui ont occupé le nord du Mali en 2012 avant d’en être en partie chassés par l’intervention militaire internationale lancée début 2013 à l’initiative de la France, et toujours en cours.

Le Mujao était particulièrement présent à Gao et sa région et Yoro Abdoulsalam y était alors considéré comme le chef d’une aile du Mujao présumément impliquée dans le trafic de drogue.

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«Ils étaient partis de Kidal pour regagner leur base à Gao lorsque nous avons perdu le contact, dans des circonstances que nous ignorons encore», a declaré Christoph Luedi, chef de la délégation du CICR au Mali, affirmant qu’«Il est important de ne pas faire de spéculation, bien qu’aucune piste ne soit écartée.»,

«Extrêmement préoccupés par le sort de nos collègues, nous faisons tout ce qui est en notre pouvoir pour les localiser au plus vite», a-t-il ajouté.

Au Mali, le CICR s’emploie à «venir en aide aux personnes qui subissent les effets combinés du conflit armé et des aléas climatiques».

Il s’occupe, notamment, des détenus, des réfugiés et des personnes déplacées, des malades et des blessés.

Le CICR visite les personnes détenues en relation avec le conflit armé.

Dans certaines prisons, le CICR rénove les infrastructures et mène des programmes nutritionnels.

Le CICR et la Croix-Rouge malienne fournissent aussi une assistance d’urgence aux déplacés et à la population résidente dans les régions de Gao, Kidal, Tombouctou et Mopti.

Le conflit ayant contraint de nombreuses personnes à se réfugier dans les pays voisins, le CICR et les Sociétés nationales de la Croix-Rouge et du Croissant Rouge de ces pays s’emploient également à leur venir en aide.

Pour les malades et les blessés, le CICR soutient plusieurs structures médicales dans le nord du Mali, comme l’hôpital de Gao, qui peut ainsi continuer de fonctionner.

Le CICR a aussi longtemps fourni du carburant aux centrales électriques de Gao, Kidal et Tombouctou. Ces villes, dit le ont ainsi pu faire fonctionner les stations de pompage assurant l’approvisionnement en eau. En accord avec les autorités locales, les entreprises publiques du secteur reprennent progressivement la responsabilité de ces services. Les équipes du CICR réhabilitent également des points d’eau en zone rurale.

En outre, le CICR s’emploie à promouvoir le droit international humanitaire auprès des forces armées et autres porteurs d’armes.

Le CICR est en contact avec toutes les parties en présence afin de localiser ses collaborateurs. Tout sera mis en œuvre pour les retrouver. À ce stade, toutes les hypothèses sont envisagées.

Le nord du Mali connaît de graves troubles depuis le lancement début 2012 d’une rébellion touareg, en alliance avec des groupes djihadistes liés à Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi).

Cette rébellion a abouti à l’occupation du Nord pendant neuf mois par les groupes djihadistes: ils y ont commis de nombreuses exactions au nom d’une application stricte de la charia (loi islamique), marquée notamment par des lapidations et des amputations en public, ainsi que par la destruction de mausolées de saints musulmans et de milliers de manuscrits à Tombouctou (nord-ouest).

Une intervention armée internationale initiée par la France en janvier 2013 a mis fin à cette occupation, mais des djihadistes continuent néanmoins d’y sévir.

En novembre 2013, Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI) avait revendiqué l’assassinat des deux journalistes français tués par balles après avoir été enlevés samedi 2 novembre à Kidal, dans le nord-est du Mali, «en réponse aux crimes commis par la France contre les Maliens».

*Avec AFP