Développement international: le monde s’attend à ce que le Canada soit un chef de file progressiste

Temps de lecture estimé : 2 minutes

Le Canada a toujours été un chef de file en matière de développement international. Toujours… sauf au cours des dernières années. Le gouvernement conservateur a détourné l’aide internationale de ses objectifs humanitaires et son dernier budget ne fait rien pour corriger le tir.

Depuis que Stephen Harper est au pouvoir, le budget de l’aide du Canada a été considérablement réduit. En 2012, le gouvernement a amputé notre budget d’aide extérieure de 7,5 %. Or, ces compressions publiques présentent un tableau incomplet de la situation: l’an dernier, près de 300 millions $ du budget de l’aide du Canada n’ont pas été utilisés. C’est une façon détournée de diminuer notre aide à l’étranger.

Pire encore, nous avons constaté cette année que les priorités canadiennes en matière d’aide sont de plus en plus liées à nos priorités commerciales. Le Plan d’action sur les marchés mondiaux, que le gouvernement a annoncé l’automne dernier, lève le voile sur ce que nous savions déjà : sa priorité consiste à promouvoir les sociétés extractives canadiennes à l’étranger.

L’ironie est manifeste dans les annonces de financement faites par le ministre Christian Paradis: 15,5 millions $ pour des projets privés-publics de gaz naturel en Tanzanie; 18,5 millions $ pour la formation spécialisée dans l’industrie extractive au Mozambique; jusqu’à 25 millions $ par année de financement additionnel dans le secteur de l’extraction en Afrique. Pourtant, on ne semble guère avoir conscience du fait que l’industrie extractive, aussi importante soit-elle pour le développement économique d’un pays, engendre souvent des problèmes sur le plan des droits de la personne et de l’environnement — des problèmes auxquels le programme de développement international du Canada devrait contribuer à apporter une solution.

Tandis que le ministre met l’accent sur les partenariats dans le secteur de l’extraction, nous attendons toujours de connaître le sort du Programme de stages internationaux pour les jeunes et des Stages internationaux pour les jeunes Autochtones, dont l’avenir est incertain depuis plus d’un an. Le programme des Fonds d’engagement du public de l’ACDI n’a accordé aucun nouveau financement depuis 2012. Et les ONG du Québec spécialisées dans le développement ont subi de fortes baisses des fonds publics qu’elles reçoivent. Elles ont dû fermer de nombreux bureaux et mettre à pied des employés dont elles perdent les compétences.

Les ONG canadiennes ont lancé une pétition à la veille de la présentation du budget afin d’exhorter le gouvernement à ne pas réduire davantage l’aide à l’étranger. Cette semaine, j’ai signé cette pétition, et je vous encourage à en faire autant à l’adresse protegezlaide.ca.

Le monde s’attend à ce que le Canada soit un chef de file progressiste dans le domaine du développement international. Je peux promettre aux Canadiens et Canadiennes qu’un gouvernement néo-démocrate veillera à ce qu’il en soit ainsi.