Accusé d’avoir trop dépensé en frais de déménagement, l’ancien général Andrew Leslie se défend

38
Le lieutenant-général, à la retraite, Andrew Leslie. (Archives/Cpl Bruno Turcotte, Technicien en imagerie de la Force Opérationnelle 03-07)
Temps de lecture estimé : 3 minutes
Le lieutenant-général, à la retraite, Andrew Leslie. (Archives/Cpl Bruno Turcotte, Technicien en imagerie de la Force Opérationnelle 03-07)
Le lieutenant-général, à la retraite, Andrew Leslie. (Archives/Cpl Bruno Turcotte/Force Opérationnelle 3-07)

L’ancien commandant de l’Armée canadienne, le lieutenant-général (ret.) Andrew Leslie, accuse le gouvernement conservateur de se livrer à une «attaque personnelle» à propos de dépenses de déménagement dans l’objectif de discréditer son nouveau rôle de conseiller du chef du Parti libéral du Canada, Justin Trudeau.

Lors d’un reportage diffusé samedi soir sur CTV, la chaîne a montré un document de la Défense, qu’elle aurait obtenue en vertu de la Loi sur l’accès à l’information, sur les coûts de déménagements de plusieurs de ses anciens et actuels officiers supérieurs. Parmi eux, Andrew Leslie et un déménagement de Ottawa à… Ottawa pour un coût de 72.225, 86$.

Rapidement mis au courant, le ministre de la Défense nationale, Rob Nicholson, a affirmé qu’il demanderait à son ministère comment un déménagement dans la même ville peut coûter autant, mais que ce montant lui semblait de toute façon excessif et a remis en question le jugement de l’ancien militaire.

«En attendant, il est important pour Andrew Leslie d’expliquer en quoi il croit qu’il s’agit là d’une dépense raisonnable que devront absorber les contribuables canadiens», a dit M. Nicholson dans une déclaration.

Attaque et contre-attaque

Celui qui a commandé l’Armée canadienne de 2006 à 2010, et qui a mené les Forces canadiennes en Afghanistan en 2003-2004, a a déclaré à CTV News qu’il n’avait enfreint aucune règle et que la majorité de ces frais de déménagement étaient des honoraires immobiliers.

Dans une réaction publiée sur son site internet, le vétéran des Forces armées canadiennes précise qu’il était éligible à un programme dit de «réinstallation intégrée» qui existe depuis plusieurs décennies.

«Dans mon cas, ma famille et moi avons décidé d’acheter une maison plus petite dans la même ville que celle où j’habitais lors de ma dernière affectation. Après avoir déménagé dix-huit fois alors que je servais mon pays, j’étais heureux de finalement pouvoir m’établir de façon permanente à Ottawa.»

L’ancien lieutenant-général indique également que chaque étape du processus lié au programme est «supervisée par un agent indépendant, engagé par le gouvernement. Chaque somme dépensé requiert une analyse et une approbation indépendante faite en conformité avec les règles du Conseil du trésor du Canada». De plus c’est le Ministère de la Défense nationale qui «paie directement les fournisseurs impliqués (ex. agents immobiliers, déménageurs, etc.)».

Il précise aussi qu’il savait qu’en s’engageant aux côtés de Justin Trudeau il s’exposait «à diverses attaques partisanes» et serait l’objet d’une «surveillance bien plus importante que tout autre vétéran».

Selon lui, l’attaque sert également de prétexte à un réexamen (qui est en cours) de cette politique des Forces armées canadiennes pour aider les militaires et les vétérans lors de déménagements. Fin mai 2013, l’ombudsman de la Défense nationale, Pierre Daigle, déclarait que cela prenait beaucoup trop de temps en cas d’arbitrage ou de griefs pour régler les réclamations financières liées à la réinstallation d’une résidence à une autre des membres des Forces canadiennes.

«Ce que cette attaque partisane me confirme c’est que j’ai pris la bonne décision en voulant continuer à servir mon pays aux côtés de Justin Trudeau.»

Le reportage a été diffusé à moins d’une semaine avant l’ouverture du congrès du Parti libéral du Canada, qui se tiendra à Montréal du 20 au 23 février, au cours duquel Andrew Leslie doit livrer un discours vendredi. M. Leslie souhaite se présenter comme candidat pour les élections de 2015 dans la circonscription d’Ottawa-Orléans.

Frais de déménagement de généraux