Militaires: sitôt sortis d’Afghanistan, bienvenus en Afrique et préparez vous pour l’Asie!

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Lancement mercredi 5 janvier du rapport annuel de l'Institut international d'études stratégiques (IISS) sur l'équilibre des forces dans le monde (IISS)
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Lancement mercredi 5 janvier du rapport annuel de l'Institut international d'études stratégiques (IISS) sur l'équilibre des forces dans le monde (IISS)
Lancement mercredi 5 janvier du rapport annuel de l’Institut international d’études stratégiques (IISS) sur l’équilibre des forces dans le monde (IISS)

Alors que les retraits d’Irak et, bientôt, d’Afghanistan, devaient permettre aux puissances occidentales de souffler un peu, la situation n’a cessé de s’aggraver en Afrique et au Moyen-Orient et, en Asie-Pacifique, la montée en puissance de la Chine inquiète. À la lecture du dernier rapport annuel de l’Institut international d’études stratégiques (IISS), en un mot comme en mille, on est pas sorti de l’auberge.

Au cours de 2013, les combats au Moyen-Orient et Afrique du Nord se sont aggravés, dit le rapport annuel. Les affiliés d’Al-Qaïda ont refait surface en Irak et la guerre civile et la crise humanitaire se sont intensifiées en Syrie . Les conflit au Mali et en République centrafricaine ont amené une intervention extérieure et souligné le besoin de flexibilité dans la planification et la capacité.

Quant à l’avantage technologique de l’Occident, non seulement il n’est pas si déterminant, mais il est loin d’être acquis.

Un autre phénomène inquiétant que souligne le rapport est la prolifération de la technologie.

Même si ce n’est pas demain que l’Occident perdra son «avantage technologique», il fait reconnaître que les États d’Amérique latine et d’Afrique achètent un équipement de plus en plus plus sophistiqué.

La Russie également, malgré des lacunes dans la capacité industrielle de défense , a une longue histoire de recherche et de développement d’armes complexe et reste un fournisseur important.

Les technologies militaires de pointe se multiplient en raison, notamment, de la hausse des budgets de ces pays, des obstacles techniques inférieurs, et de la volonté des États développés de vendre ces technologies.

Malgré les pressions sur les budgets de la défense, les États occidentaux peuvent sembler à conserver un avantage grâce à la poursuite de technologies, mais, dit l’IISS dans son dernier rapport annuel, avec la chute des budgets en Occident, les investissements dans la recherche et le développement se révèlent de plus en plus difficiles.

En outre, dans certains secteurs technologiques de pointe, il y a des pays non – occidentaux qui sont en train de rattraper l’Occident. De plus, les expériences récentes de conflit ont diminué les attentes quant aux résultats qu’on peut attende de la technologie seule.

Dans l’ensemble, bien que les économies émergentes continuent à accélérer leurs dépenses militaires, les coupes budgétaires dans la défense des États occidentaux et le retrait des opérations militaires en Afghanistan ont fait que , globalement , les dépenses globales réelles de la défense ont diminué en 2013.

Pour l’Occident, ce qui est clair, conclut le rapport, c’est que la fin de la guerre en Irak et le retrait imminent d’Afghanistan ne met pas fin fin aux crises appelant des réponses militaires occidentales , ni un terme définitif à l’intervention occidentale.

Les événements à la périphérie de l’Europe continueront à exiger l’attention et, parfois, le déploiement de forces.

Pendant ce temps, en Asie

Pendant ce temps, en Asie, la montée en puissance de la Chine se poursuit.

Avions de combat, porte-avions, drones: la Chine poursuit sa course à l’armement et pourrait rivaliser d’ici 2050 avec les Etats-Unis sur le plan militaire, selon le rapport annuel de l’IISS sur l’équilibre des forces dans le monde, publié ce mercredi.

Tout en consacrant une nouvelle fois la «domination écrasante» des États-Unis, champion du monde en dépenses militaires en 2013 avec 600,4 milliards de dollars, l’IISS valide une tendance lourde depuis des années: celle du rapprochement de la Chine.

Déjà deuxième budget militaire mondial avec 112 milliards de dollars, la Chine pourrait égaler les États-Unis d’ici la fin des années 2030 en termes de budget et en 2050 au plan opérationnel, selon les experts de l’institut basé à Londres.

«Les États-Unis restent la puissance mondiale prédominante et la seule en mesure de se déployer de manière conséquente sur plusieurs fronts. Si la Chine disposera sans doute de trois porte-avions d’ici dix ans, les États-Unis en ont déjà onze, à propulsion nucléaire. Mais la Chine a un programme de développement qui prévoit de rivaliser avec la puissance américaine d’ici 2050», souligne Christian Le Mière, spécialiste en force navale et sécurité maritime à l’institut.

(Source: IISS)

Ces projections, prévient l’IISS, demeurent cependant «incertaines» et reposent sur le maintien d’une stabilité intérieure et d’une croissance chinoise forte, «à hauteur de 10%».

Reste que la Chine dépense d’ores et déjà trois fois plus que l’autre géant asiatique, l’Inde, et aussi plus que tous ses voisins du Japon, de Corée du Sud, de Taïwan et du Vietnam réunis.

La montée en puissance de la Chine, qui devance la Russie (68,2 milliards $) et l’Arabie Saoudite (59,6), encourage selon l’IISS celle de tout le continent asiatique, dont les dépenses ont augmenté de 11,6% (hors inflation) entre 2010 et 2013.

En Europe, crise et austérité budgétaire obligent, elles ont diminué de 2,5% sur la même période. Un recul symbolisé par le Royaume-Uni, qui rétrograde au 5e rang, devant la France.

L’essor de l’Asie est, là aussi, une constante depuis plusieurs années mais «continue d’inquiéter» l’IISS qui craint une «escalade».

D’autant que les relations sino-japonaises sont au plus bas depuis un an en raison d’un conflit territorial en mer de Chine orientale autour des îles Senkaku, contrôlées par le Japon mais revendiquées par Pékin sous le nom de Diaoyu.

«Les conflits territoriaux, maritimes surtout, sont certainement un catalyseur de la course à l’armement en Asie», souligne Christian Le Mière.

L’IISS nourrit également des inquiétudes au sujet de la Corée du Nord. Son aviation est en trop mauvais état pour envisager le lancement d’une bombe nucléaire sur son voisin du Sud ou le Japon, selon l’Institut, mais «une mission nucléaire suicide à l’aide d’un sous-marin de poche n’est pas à exclure».

*Avec AFP