Kenneth Bae: Pyongyang pique encore sa crise et annule la visite de l’émissaire américain

L'Envoyé spécial américain sur la question des droits de l'Homme pour la Corée du Nord, l'ambassadeur Robert King (Photo: Archives/Wikimédia/Commons)
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L'Envoyé spécial américain sur la question des droits de l'Homme pour la Corée du Nord, l'ambassadeur Robert King (Photo: Archives/Wikimédia/Commons)
L’Envoyé spécial américain sur la question des droits de l’Homme pour la Corée du Nord, l’ambassadeur Robert King (Archives/Wikimédia/Commons)

La Corée du Nord a encore une fois annulé la visite à Pyongyang de l’émissaire américain qui devait tenter d’obtenir la libération du missionnaire américain Kenneth Bae, a fait savoir dimanche le département d’État, selon lequel le pasteur Jesse Jackson a proposé de se charger de cette mission.

Les États-Unis se préparait à envoyer l’ambassadeur Robert King à Pyongyang pour ramener l’Américain emprisonné en Corée du Nord, qui était apparu le mois dernier devant des journalistes flanqué de deux gardiens, en tenue grise de prisonnier, avait admis sa culpabilité et appelé le gouvernement américain à l’aider à retrouver sa famille au plus tôt.

Pour Washington, la décision des autorités nord-coréennes d’autoriser le prisonnier à tenir une conférence de presse semblait être le signe de leur volonté de le libérer.

«Nous sommes très déçus que la RPDC (République populaire démocratique de Corée) ait décidé pour la deuxième fois de retirer l’invitation adressée à l’ambassadeur (Robert) King pour qu’il vienne à Pyongyang évoquer la libération de Kenneth Bae. La RPDC avait annoncé publiquement en mai 2013 qu’elle n’utiliserait pas le sort de Kenneth Bae comme monnaie d’échange», a déclaré le Département d’État américain.

«À la demande de la famille de Bae, le révérend Jackson a proposé de se rendre à Pyongyang pour une mission humanitaire centrée sur sa libération. Nous soutenons les efforts de la famille de Bae et du révérend Jackson pour le ramener chez lui», a en outre ajouté le Département d’État.

Kenneth Bae est cet Américain d’origine coréenne détenu depuis deux ans (il a été arrêté le 3 novembre 2012) pour avoir pris des photos d’enfants en train de mendier alors qu’il était en Corée du Nord pour le compte d’un voyagiste et qui avait été condamné jeudi 2 mai à 15 ans de camp de travail pour «actes hostiles» envers le régime communiste.

L’agence officielle nord-coréenne, KCNA, avait rapporté à l’époque qu’il avait «avoué les délits d’avoir entretenu de l’animosité contre la République populaire démocratique de Corée et tenté de renverser» le régime. «Les charges (retenues contre lui) ont toutes été corroborées par des preuves», prétendait l’agence.

Washington, bien sûr, avait demandé sa libération immédiate et réitéré sa demande à plusieurs reprises depuis.

Le département d’État a appris que la Corée du Nord avait transféré Kenneth Bae d’un hôpital vers un camp de travail, a déclaré la semaine dernière la porte-parole de la diplomatie américaine Jennifer Psaki, ajoutant que Washington était très préoccupé de son état de santé.

Kenneth Bae avait apparemment été hospitalisé l’été dernier. Sa soeur, interrogée sur CNN avait affirmé qu’il avait alors perdu plus de 23 kilos et avait des problèmes rénaux et hépatiques.

L’homme était apparu il y a trois semaines en tenue grise de prisonnier, flanqué de deux gardiens, affirmant être coupable et appelant le gouvernement américain à l’aider à retrouver sa famille au plus tôt, avait rapporté l’agence de presse nippone Kyodo.

Un autre Américain, Merrill Newman, 85 ans, avait été libéré en décembre 2013 après 42 jours passés dans les geôles nord-coréennes, sous l’accusation d’actes hostiles.

Outre annuler la visite de l’émissaire américain dans l’affaire Kenneth Bae, Pyongyang a menacé d’annuler l’accord entre les deux Corées pour organiser avant la fin du mois une réunion de familles séparées par la guerre à peine 24 heures après en avoir adopté le principe et fixé la date.

À l’approche des exercices militaires conjoints annuels américano-sud-coréens «Key Resolve», Pyongyang se remet en effet à gesticuler, à vitupérer et à menacer et a une nouvelle fois demandé aux États-Unis ce dimanche d’abandonner les exercices militaires en Corée du Sud accusant Washington de vouloir lancer une attaque nucléaire contre elle, rien de moins.