La Défense va revoir sa politique de payer les déménagements des militaires

Le ministre de la Défense nationale, Rob Nicholson, annonce un plan pour optimiser les ressources du ministère (45eNord.ca/CombatCamera)
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Le ministre de la Défense nationale, Rob Nicholson, annonce un plan pour optimiser les ressources du ministère (45eNord.ca/CombatCamera)
Le ministre de la Défense nationale, Rob Nicholson, déclare vouloir revoir la politique d’aide financière aux militaires déménageant dans la même ville. (Archives/45eNord.ca)

Le gouvernement conservateur va peut-être économiser quelques dollars supplémentaires avec la révision annoncé d’une politique de payer les déménagements des militaires.

Suite aux révélations de CTV sur une facture de déménagement au sein de la même ville de 72.000 $ de l’ancien commandant de l’Armée canadienne, le lieutenant-général Andrew Leslie, le ministre de la Défense nationale Rob Nicholson avait annoncé à demi-mots vouloir réétudier la politique en question de plus près.

Dans un courriel, le ministre Nicholson a indiqué à 45eNord.ca que «la politique [dite de réinstallation programmée] n’a jamais été destinée à faire payer aux contribuables 72.000 $ pour le déménagement de généraux d’une résidence à une autre, à l’intérieur d’une même ville. Tout comme ses amis libéraux, Andrew Leslie prétend avoir droit à ce remboursement. C’est pourquoi j’ai demandé à mon ministère de réviser la politique afin de s’assurer que l’argent des contribuables est utilisé de manière responsable».

Si le fait de s’assurer que l’argent est bien utilisé est noble, le ministre conservateur en fait cependant une affaire clairement partisane en citant à plusieurs reprises «les libéraux», «ses collègues libéraux» et «ses amis libéraux».

Suite à sa retraite des Forces armées canadiennes, et après 35 ans de bons et loyaux services, Andrew Leslie a en effet choisi d’intégrer les rangs du Parti libéral du Canada et de devenir vice-président d’un conseil consultatif sur les affaires internationales pour le chef libéral Justin Trudeau. Il tentera même de se faire élire dans la circonscription d’Ottawa-Orléans lors des élections fédérales de 2015.

Le lieutenant-général (ret.) Leslie a précisé que le programme en question lui permettait de déménager une dernière fois (après 18 déménagements forcés au cours de sa carrière), ce qu’il a fait. Il a également indiqué que chaque étape du processus lié au programme est «supervisée par un agent indépendant, engagé par le gouvernement. Chaque somme dépensé requiert une analyse et une approbation indépendante faite en conformité avec les règles du Conseil du trésor du Canada» et que c’est le Ministère de la Défense nationale qui «paie directement les fournisseurs impliqués (ex. agents immobiliers, déménageurs, etc.)».

La Défense était donc au courant. Pourquoi sortir cela maintenant, à une semaine de la convention biennal libérale à Montréal, où Andrew Leslie doit justement donner un discours…

Mais l’ex-commandant de l’Armée canadienne n’est pas le seul à être dans le collimateur du ministre.

Au cours des dernières années, 13 autres généraux auraient effectué des déménagements au sein d’une même ville.

Le major-général Mike Day, qui va prochainement devenir commandant adjoint du commandement allié des Forces interarmées de Naples, en Italie, a également récemment présenté une facture de 59.600 $ pour un déménagement à l’intérieur d’Ottawa.

Le ministre de la Défense est resté muet quant à son cas.

Dans un autre ordre d’idée, un autre général est mis en lumière en regardant les différents noms dans la liste dont CTV et Global ont eu copie.

L’ancien brigadier-général Daniel Ménard, tombé en disgrâce après avoir eu une relation «inapproprié» avec une caporale alors qu’ils étaient tous deux déployés en Afghanistan, et qui a récemment eu quelques problèmes avec les autorités afghanes, a lui-aussi bénéficié du Programme de réinstallation intégré, après être passé en cour martiale et avoir démissionné des Forces.

La facture présentée de près de 40.000$ concerne un déménagement de la région de Montréal vers les Émirats arabes unis.

Si pour certains, il est choquant d’avoir aidé financièrement l’ancien général alors qu’il était en disgrâce, pour d’autres on ne décide pas de fermer les yeux sur un programme existant et sur une longue carrière pleine de succès, même en raison d’une cour martiale.

Quoi qu’il en soit, la Défense nationale compte bien profiter de ces révélations pour réexaminer de près le programme et, sans doute, effectuer quelques ajustements (coupes budgétaires).