

Au moins de 133 enfants seraient victimes du conflit qui se déroule actuellement en République centrafricaine, s’alarme l’UNICEF. À mesure que la guerre s’enlise, les exactions commises envers les jeunes centrafricains sombrent de plus en plus dans la barbarie.
Dans la crise centrafricaine, la violence à l’égard de l’enfance est devenue une arme de guerre. Les conséquences du conflit intercommunautaire qui oppose depuis 2013 les milices de la Séléka, à majorité musulmane aux groupes d’auto-défense chrétiens à l’instar des Anti-balaka, s’étendent jusqu’aux enfants de la République centrafricaine.
En effet, en plus des « attaques sectaires », nombreux parmi eux subissent les «représailles » de l’une ou de l’autre faction, déclare l’UNICEF. « Les enfants sont de plus en plus ciblés en raison de leur religion, ou en raison de leur appartenance communautaire », s’indique le Directeur régional de l’UNICEF pour l’Afrique de l’ouest et centrale, Manuel Fontaine.
La barbarie comme arme de guerre
« Mutilations », « meurtres », « décapitations », sont les abus endurés par plus de « 133 enfants », « certains d’une manière particulièrement atroce », poursuit le responsable de l’UNICEF de la région.
Depuis décembre 2013, dans la ville de Boali, au nord-ouest de Bangui (la capitale), la guerre a fait 22 morts et 42 blessés. Parmi ces cibles, un tiers furent des enfants.
De cette conjoncture, le Font des Nations unies pour l’enfance se dit « horrifié » par « la cruauté des auteurs des meurtres et des mutilations d’enfants », et s’exaspère de l’« impunité dont ils [ndlr: les belligérants] jouissent ».
L’UNICEF tire la sonnette d’alarme
De ce constat, l’organisation internationale souligne l’importance d’engager le dialogue pour la réconciliation des mouvements rivaux.
« Il est impératif de mettre fin à l’impunité », considère l’UNICEF dans un récent communiqué. Pour ce faire, elle en appelle au gouvernement de transition centrafricain, aux autorités religieuses, aux responsables de la société civile ainsi qu’à la communauté internationale à l’instar des forces de l’Union africaine (UA) et des troupes militaires françaises.
En outre, l’organisation de défense des droits de l’enfant attire l’attention d’une part, sur la nécessité de désarmer les milices et de fournir une aide humanitaire de façon « impartiale » aux enfants les « plus à risque ».
Et exhorte d’autre part, les instances concernées à enclencher des poursuites judiciaires et des sanctions.
Une violence recrudescente qui échappe à tout contrôle
Actuellement, malgré la présence de près de 8 000 soldats africains et français en République centrafricaine, le pays est toujours le théâtre de violences toujours plus meurtrières.
Avec de tels actes de cruauté perpétrés sur les plus jeunes, la Centrafrique semble avoir franchi un pas de plus dans l’escalade de la violence.
Au cours de ces dernières semaines, les tueries entre ex-Séléka et milices Anti-Balaka ont entraîné l’exode massif de nombreux civils, essentiellement de confession musulmane.
Aujourd’hui, les manifestations de la violence sont d’une ampleur telle que l’ONU dit depuis janvier, craindre « un génocide ». Mais pour l’heure, au Conseil de sécurité, les États-Unis manifestent encore des réticences (pour des raisons financières) quant à l’envoi d’une opération de maintien de la paix.
Pendant ce temps, les quelques militaires dépêchés sur place et le gouvernement de transition semblent dépassés par cette guerre devenue visiblement aveugle.
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