Pierre Daigle part à regret, mais confiant que son travail se poursuivra

L'Ombudsman de la Défense et des Forces canadiennes, Pierre Daigle, qui termine son mandat le 21 février, en entrevue téléphonique jeudi 13 février avec 45eNord.ca (Michelle Laliberté/Bureau de l'Ombudsman de la Défense et des Forces canadiennes)
Temps de lecture estimé : 3 minutes
L'Ombudsman de la Défense et des Forces canadiennes, Pierre Daigle, qui termine son mandat le 21 février, en entrevue téléphonique jeudi 13 février avec 45eNord.ca (Michelle Laliberté/Bureau de l'Ombudsman de la Défense et des Forces canadiennes)
L’Ombudsman de la Défense et des Forces canadiennes, Pierre Daigle, qui termine son mandat le 21 février, en entrevue téléphonique jeudi 13 février avec 45eNord.ca (Michelle Laliberté/Bureau de l’Ombudsman de la Défense et des Forces canadiennes)

Pierre Daigle, qui termine à la tête du Bureau de l’Ombudsman de la Défense un mandat de cinq ans qui n’a pas été renouvelé, part à regret, mais se déclare convaincu que le travail amorcé, qui s’appuie sur des chiffres et des faits, ne pourra que continuer sous son successeur, quel qu’il soit.

Pierre Daigle a été nommé Ombudsman du ministère de la Défense nationale et des Forces canadiennes le 19 février 2009. Le 21 février, après ces cinq ans de bons et loyaux services, marqués par la parution de plusieurs rapports percutants et qui ont connu un grand retentissement, notamment sur le soutien aux familles des militaires et sur la pénurie de personnel de santé, le troisième Ombudsman de la Défense du Canada partira à regret.

Son successeur, quel qu’il soit, ne pourra pas toutefois ignorer le problème lancinant du SSPT, le syndrome de stress post-traumatique, et les autres troubles de stress opérationnel chez les soldats de retour de mission, pas plus qu’il ne pourra ignorer les lacunes dans le soutien aux familles de militaires qui ont même conduit certains soldats à quitter les rangs des Forces armées, selon Pierre Daigle.

»Ce travail s’appuie sur des faits et des chiffres », note-t-il, confiant que le mouvement est lancé et que rien ne saurait l’arrêter.

Dans cette foulée, paraîtra d’ailleurs dans quelques mois un rapport sur les soldats blessés de la Réserve, les rapports précédents portant que sur les soldats de la Régulière, souligne Pierre Daigle en entrevue aujourd’hui avec 45eNord.ca.

Il part à regret mais confiant

L’ombudsman de 63 avait pourtant bien fait savoir qu’il était disponible et qu’il aurait aimé poursuivre lui-même ce travail qui le passionne, mais, si les voies du Seigneurs sont impénétrables, celles «du gouverneur en conseil» (le gouvernement) le sont encore plus.

Pierre Daigle était très attaché à son travail «toujours très valorisant» et à son équipe qui, dit-il, avait atteint un niveau d’expertise remarquable.

Difficile de quitter après cinq ans de travail intense »C’est dur de ne plus travailler», dit-il.

Tout au long de sa carrière de 36 ans dans les Forces canadiennes, M. Daigle a occupé de nombreux postes de leader. Il a commandé des troupes dans divers théâtres opérationnels au Canada et à l’étranger. Il a également agi à titre de consultant et de conseiller auprès de plusieurs ministères gouvernementaux. Il a assumé d’importantes fonctions d’état-major et il a été le conseiller spécial du Chef d’état- major de la Défense en matière de sécurité intérieure.

Après avoir pris sa retraite des Forces canadiennes en 2004, et avant de devenir Ombudsman, il a aussi travaillé comme consultant dans les secteurs public et privé, à l’échelle nationale et internationale.

Pierre Daigle laisse une «organisation efficace et crédible»

De ce travail d’ombudsman, le public et les médias auront retenu ses rapports percutants qui, très médiatisés, ont changé la perception qu’avait le public des problèmes auxquels les militaires sont confrontés, mais il y a plus.

La plus grande efficacité du Bureau de l’ombudsman aujourd’hui est un objet de fierté pour Pierre Daigle qui n’a cessé de répéter au cours de l’entrevue aujourd’hui avec 45eNord.ca que ce qui a été accompli pendant son mandat était un travail d’équipe.

Quand il est arrivé, le Bureau avait 200 plaintes individuelles en souffrance qui n’avaient pas été traités, avec des retards allant de 3 à 10 ans.

Non seulement ces retards ont été résolus, mais, aujourd’hui, le personnel du Bureau peut mieux encore, outre traitement des plaintes individuelles, mener de grandes enquêtes systémiques.

Tout cela, dit Pierre Daigle, grâce au «relèvement des normes de services, une gestion plus performante, une dotation plus sévère et un rehaussement des normes d’embauche».

C’est ainsi, selon M. Daigle, que le Bureau «pu prendre une nouvelle orientation, est devenir plus flexible, plus agile et souple, plus structuré et capable de conduire des enquêtes systémiques» sans pour autant négliger les plaintes individuelles.

Aujourd’hui, pour l’Ombudsman, avec ce personnel plus efficace «qui a le coeur à la bonne place», il ne fait aucun doute que le travail va continuer, peu importe qui lui succédera.