Privés d’aide, les Syriens assiégés devenus des fantômes, dit un responsable onusien

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Photo transmise par l'agence syrienne officielle Sana, de réfugiés dans le camp de Yarmouk, à Damas, le 24 février 2014 (AFP)
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Photo transmise par l'agence syrienne officielle Sana, de réfugiés dans le camp de Yarmouk, à Damas, le 24 février 2014 (AFP)
Photo transmise par l’agence syrienne officielle Sana, de réfugiés dans le camp de Yarmouk, à Damas, le 24 février 2014 (AFP)

À l’occasion d’une réunion informelle de l’Assemblée générale des Nations Unies sur la situation humanitaire en Syrie, le Secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon, a une nouvelle fois réclamé un accès humanitaire sans entraves, rapporte le service d’information de l’ONU.

«J’appelle le gouvernement et toutes les parties au conflit à respecter leurs obligations conformément au droit humanitaire international et aux droits de l’homme», a dit le Secrétaire général Ban dans son discours lors de cette réunion. « Refuser l’accès aux gens ayant un besoin urgent de nourriture, d’eau et de fournitures médicales est un déni de leurs droits à la vie et à la dignité humaine. Et pourtant, nous continuons de recevoir des informations faisant état de sièges, de massacres et d’atrocités.»

«Nous avons besoin d’un passage sûr et garanti pour les fournitures humanitaires le long des routes principales. Les souffrances humaines révélées lors des récents cessez-le-feu à Homs et à Yarmouk ont souligné l’urgence absolue d’apporter de l’aide à ceux qui en ont désespérément besoin», a dit Ban Ki-moon. «L’ampleur et la gravité des souffrances humanitaires en Syrie s’accroissent chaque jour».

De son côté, Filippo Grandi, le chef de l’agence de l’ONU pour les réfugiés palestiniens (UNRWA), a évoqué mardi les conditions de vie «choquantes» dont il a été témoin dans le camp palestinien de Yarmouk, à Damas, assiégé et bombardé par le régime de Damas depuis des mois.

Il a réclamé un accès continu au camp pour y distribuer de l’aide aux 18.000 Palestiniens qui s’y trouvent piégés par les combats

«On dirait une apparition de fantômes», a-t-il dit des centaines de Palestiniens qu’il a vus convergeant vers un point de distribution d’aide dans le camp, lors de sa visite lundi. «Certains peuvent à peine parler. J’ai essayé de questionner nombre d’entre eux, et ils parlent tous de privation absolue».

Un accord avait permis à l’agence de distribuer de l’aide à un point à l’intérieur du camp depuis le 18 janvier mais l’opération a été suspendue le 8 février et aucune aide n’a pu être distribuée depuis.

Lueur d’espoir, le Secrétaire général a noté  l’adoption à l’unanimité d’une résolution humanitaire samedi par le Conseil de sécurité des Nations Unies exigeant que toute les parties au conflit en Syrie autorisent l’acheminement de l’aide humanitaire et qui devrait faire pression en faveur d’une distribution d’aide plus importante et régulière aux habitants des zones assiégées.

Pour sa part, la Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Navi Pillay, a appelé elle aussi la communauté internationale à soutenir «une fin immédiate de l’une des plus tragiques crises humanitaires et des droits de l’homme de notre époque.»

«L’incapacité à arriver à un cessez-le-feu global devrait peser lourdement sur notre conscience», a-t-elle dit dans un discours devant l’Assemblée générale.

«Les preuves de crimes de guerre, de crimes contre l’humanité, et de violations grossières des droits de l’homme par les forces gouvernementales et par les groupes d’opposition armée continuent d’augmenter», demandant encore une fois au Conseil de sécurité de saisir la Cour pénale internationale sur la crise syrienne.