Le soldat qui avait mendié pour dénoncer la vie chère à Cold Lake confiné sur la base

La base aérienne des Forces canadiennes Cold Lake, l'une des deux bases au Canada hébergeant le chasseur CF-188 Hornet, est situé au nord de l'Alberta, à plus de 6 heures de route de Calgary (ARC)
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La base aérienne des Forces canadiennes Cold Lake, l'une des deux bases au Canada hébergeant le chasseur CF-188 Hornet, est situé au nord de l'Alberta, à plus de 6 heures de route de Calgary (ARC)
La base aérienne des Forces canadiennes Cold Lake, l’une des deux bases au Canada hébergeant le chasseur CF-188 Hornet, est situé au nord de l’Alberta, à plus de 6 heures de route de Calgary (Archives/ARC)

Le caporal originaire du Saguenay Darenn Tremblay, qui s’était transformé le mois dernier en musicien de rue sur un trottoir de Cold Lake pour protester contre le coût de la vie pour les militaires sur cette base isolée en Alberta, a été condamné à 10 jours de confinement sur la base.

Après avoir admis sa faute, le militaire de la 4e Escadre Cold Lake a été condamné vendredi 31 janvier à 10 jours de confinement à la caserne à l’issue d’un procès sommaire devant plusieurs dizaines de ses pairs, présidé par le lieutenant-colonel Derek Gowenlock.

Le confinement de 10 jours, qui débutera immédiatement, signifie que Tremblay doit rester dans les limites de la base, mais le militaire, affecté à l’entretien des moteurs des appareils, pourra néanmoins poursuivre ses activités quotidiennes.

Le jeune soldat de 25 ans a été accusé de tenter d’influencer les politiques de la Défense en critiquant publiquement la rémunération et les avantages au sein des Forces armées canadiennes, ce qui est « préjudiciable au bon ordre et à la discipline », lorsque, le 9 janvier, il s’est mué en «musicien de rue».

Il s’était alors installé sur le trottoir avec sa guitare avec, devant lui, un casque de combat renversé et une affiche sur laquelle était écrit: «Je suis membre des Forces canadiennes, basé à Cold Lake avec ma famille. Un peu de monnaie m’aidera».

Darenn Tremblay qui, pour joindre les deux bouts, doit comme plusieurs de ses camarades de Cold Lake occuper un second emploi en plus de servir dans l’armée, dénonçait ainsi une récente augmentation du prix des logements à Cold Lake où il réside depuis deux ans et demi et où les allocations sont plus faibles que dans d’autres communautés de militaires.

Un rapport spécial remis en juillet par l’ombudsman des Forces canadiennes, Pierre Daigle, au ministre de la Défense était on ne peut plus clair: le coût de la vie, les loyers élevés des logements et la «disparité» entre la rémunération «réelle» à Cold Lake et ailleurs au pays obligent plusieurs militaires affectés sur cette base isolée à occuper un second emploi et en poussent un grand nombre à quitter les Forces canadiennes.

Ces disparités s’expliquent l’éloignement et, aussi, à la pression à la hausse sur les prix due à la forte progression du secteur pétrolier et gazier.

les disparités ne sont pas adéquatement compensées selon l’ombudsman. Elles risquent même de s’accentuer au cours des années à venir si rien n’est fait, ce qui faitdire à plusieurs qu’il est préférable de quitter les Forces canadiennes que d’être affecté là-bas.

Quant à la peine infligée à Darenn Tremblay, plutôt légère somme toute, elle s’explique selon certains par la médiatisation de toute cette histoire, mais il n’est pas dit que l’audace de ce jeune soldat n’aura aucune conséquence à plus long terme sur sa carrière.

Cela reste donc…une histoire à suivre.