Syrie: des centaines de civils à Homs évacués, mais pas de progrès à Genève

Le PAM distribue des rations aux habitants de Homs, en Syrie, en septembre 2012 (Archives/Abeer Etefa/PAM)
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Le PAM distribue des rations aux habitants de Homs, en Syrie, en septembre 2012 (Archives/Abeer Etefa/PAM)
Le PAM distribue des rations aux habitants de Homs, en Syrie, en septembre 2012 (Archives/Abeer Etefa/PAM)

Quelque 460 civils ont été évacués lundi par l’ONU des quartiers assiégés de la ville syrienne de Homs, portant maintenant à 1.200 le nombre d’habitants évacués en quatre jours, alors que reprenait la Conférence de paix Genève 2 ce lundi 10 février.

L’opération humanitaire à Homs a été rendue possible grâce à une trêve négociée par l’ONU entre le régime de Bachar al-Assad et les rebelles.

Plusieurs fois violée, la trêve humanitaire en vigueur depuis vendredi avait été violée. Samedi, des tirs de balles et d’obus sur un convoi d’aide du Croissant rouge syrien ont fait cinq morts et une vingtaine de blessés parmi les habitants.

La trêve a finalement été prolongée jusqu’à mercredi soir, ont indiqué lundi les Nations unies.

La Secrétaire générale adjointe des Nations Unies aux affaires humanitaires, Valerie Amos, a salué lundi la prolongation, déclarant qu’elle espérait que cela nous permettra d’évacuer davantage de civils et de livrer de nouvelles fournitures. La protection des civils pris au piège de l’horrible conflit en Syrie est la priorité des agences des Nations Unies et des partenaires humanitaires».

460 civils, principalement des femmes et des enfants et des personnes âgées, ont été évacués ce lundi de la vieille ville de Homs, rapporte de son côté l’agence officielle syrienne SANA, citant le gouverneur de Homs, Talal al-Barazi.

Plus tôt, 611 civils ont été évacués de la vieille ville dimanche, tandis que 83 civils, tous des femmes, des enfants et des personnes âgées ont été évacués vendredi dernier.

Toujours selon SANA, Barazi a discuté en outre avec le Représentant résident des Nations Unies en Syrie Yacoub al-Hillo de la possibilité d’évacuer plus d’enfants, les femmes et les personnes âgées dans les quartiers assiégés de Homs vieille ville.

La Secrétaire générale adjointe aux affaires humanitaires a maintenant souhaité que les pourparlers de paix à Genève puissent aboutir à l’autorisation d’une livraison durable et continue de l’aide humanitaire aux 250.000 personnes qui se trouvent assiégées à travers la Syrie, la vieille ville de Homs n’étant qu’une des 40 communautés assiégées en Syrie.

Valérie Amos a jugé inacceptable que des travailleurs humanitaires de l’ONU et du Croissant rouge syrien aient été la cible de tirs pendant la trêve humanitaire et que le cessez-le-feu n’ait pas tenu. « La communauté internationale doit exiger le respect du cessez-le-feu afin que tous ceux qui veulent partir puissent le faire dans la sécurité », a-t-elle déclaré.

Dans le camp de Yarmouk, près de Damas, où quelque 20.000 Syriens et réfugiés palestiniens vivent sous le siège de l’armée depuis juin 2013, une opération humanitaire a dû être suspendue en raison de combats. L’ONU a dit espérer sa reprise prochainement.

Le régime a pour sa part accusé les rebelles d’avoir empêché le Croissant-Rouge de fournir nourriture et médicaments dans la prison centrale d’Alep (nord) pour le quatrième jour, provoquant «la mort de 20 détenus», selon la télévision d’État syrienne.

Toujours pas de progrès à Genève

Le Représentant spécial conjoint de l’Organisation des Nations Unies et la Ligue des États arabes pour la Syrie, Lakhdar Brahimi (Violaine Martin)

La deuxième session de pourparlers de paix syriens a démarré lundi matin au Palais des Nations à Genève, sous la houlette du Représentant spécial conjoint des Nations Unies et de la Ligue des États arabes, Lakhdar Brahimi.

M. Brahimi a rencontré la délégation de l’opposition syrienne dirigée par son négociateur en chef, Hedi Albahra, et ensuite la délégation du gouvernement syrien dirigée par son négociateur en chef, Bashar Ja’fari, rapporte l’ONU.

«Les discussions se sont focalisées sur l’ordre du jour de la deuxième session de pourparlers, notamment les questions liées à l’arrêt de la violence et du terrorisme et à l’établissement d’un gouvernement de transition en accord avec le Communiqué de Genève du 30 juin 2012», a déclaré le porte-parole du Secrétaire général des Nations Unies, en l’absence de la conférence de presse à laquelle nous avait habitué Lakhdar Brahimi lors de la première ronde de négociation en janvier, même lorsque les résultats étaient minces.

M. Brahimi aura une réunion vendredi avec le vice-ministre russe des Affaires étrangères Guennadi Gatilov et la secrétaire d’État adjointe américaine Wendy Sherman, a annoncé sa porte-parole, après que Moscou a proposé que diplomates russes et américains participent à une rencontre avec les deux délégations syriennes.

Il semble donc que les deux campaient sur leurs positions, perpétuant le dialogue de sourds qui avait marqué la première ronde de Genève 2 en janvier, la délégation du régime refusant de parler d,autres choses que de l’arrêt de la violence et du terrorisme et celle de l’opposition exigeant de parler avant tout de la «transition politique» sans Bachar-al-Assad.

Par ailleurs, la Mission conjointe de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) et de l’ONU a annoncé lundi qu’un troisième chargement d’agents chimiques a quitté la Syrie lundi.

Cette cargaison se trouve à bord d’un navire norvégien accompagné par une escorte de navires de Chine, du Danemark, de Norvège et de Russie. Le Royaume Uni participe à l’escorte maritime dans les eaux internationales. La Finlande de son côté a fourni des experts qui se trouvent à bord du navire danois.

Le plan de désarmement chimique de la Syrie approuvé par l’ONU prévoit la destruction de la totalité de l’arsenal chimique syrien pour le 30 juin 2014.