Syrie: le chef d’état-major de l’Armée syrienne libre limogé

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Le chef d'état-major de l'Armée syrienne libre (ASL), Sélim Idriss (Archives/45enord.ca)
Le chef d’état-major de l’Armée syrienne libre (ASL), Sélim Idriss (Archives/45enord.ca)

Le chef d’état-major de l’Armée syrienne libre (ASL), Sélim Idriss, a été limogé dimanche, a annoncé dans un communiqué officiel le Conseil militaire supérieur (CMS) qui chapeaute cette coalition rebelle luttant contre le régime syrien.

Le CMS a décidé à l’unanimité dans sa réunion du 16 février de limoger Sélim Idriss de son poste de chef d’état-major et de nommer à sa place le brigadier général Abdel al-Ilah al-Bachir, a annoncé le colonel Qassem Saadeddine, entouré d’autres membres du CMS, dans une vidéo diffusée sur internet.

Il a invoqué la paralysie au sein de l’état major au cours des derniers mois, la nécessité de le restructurer et les difficultés que rencontre la révolution syrienne face au régime du président Bachar al-Assad.

Une source au sein de l’opposition syrienne a confirmé dimanche à l’AFP le limogeage de Sélim Idriss, assurant que le principal reproche fait au général, nommé en décembre 2012, est la mauvaise distribution des armes aux rebelles sur le terrain, en plus des erreurs et d’une négligence dans les combats et de son éloignement des soucis des insurgés.

L’ASL était la première coalition rebelle formée lors de la militarisation de la révolte en Syrie pour tenter de renverser le régime de Bachar al-Assad.

Soutenue par les pays occidentaux et considérée comme la rébellion modérée, elle s’est par la suite affaiblie en raison de divisions en son sein et de l’apparition de djihadistes mais aussi d’autres coalitions rebelles, notamment l’influent Front islamique.

Plusieurs brigades, islamistes et non islamistes, continuent toutefois de se réclamer de l’ASL, qui désigne désormais plus la rébellion qu’une coalition bien structurée.

Abdel Ilah al-Bachir est le chef du conseil militaire rebelle pour la région de Qouneitra, dans le sud de la Syrie. Il avait déserté l’armée régulière en 2012.

Son fils a été tué dans les combats au début de l’année, selon la page Facebook de l’ASL.

En perte de vitesse face aux islamistes et djihadistes ces derniers mois, cette coalition avait reçu son coup le plus dur en décembre dernier lorsque Washington et Londres avaient décidé de suspendre leurs aides non létales, après la prise de sièges de l’ASL et de ses dépôts d’armes près de la frontière turque par des islamistes.

Début décembre, le Front islamique avait annoncé quitter l’état-major de l’ASL, affirmant qu’il ne le représentait plus, accentuant encore plus le morcellement de la rébellion.

Celle-ci est née après la répression sanglante par le régime de la révolte pacifique déclenchée en mars 2011, poussant déserteurs et civils à prendre les armes.

Le régime Assad affirme pour sa part combattre ce qu’il qualifie de terroristes dans cette guerre qui a fait plus de 140.000 morts selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH).

Les quelques groupes rebelles qui continuent d’être chapeautés par l’ASL reconnaissent que cette armée n’a jamais eu le soutien qu’elle réclamait. Les pays occidentaux refusent en effet de fournir les armes aux rebelles, par crainte de les voir tomber entre les mains des djihadistes.

À l’été, les Américains avaient annulé une frappe contre le régime, accusé d’avoir mené une attaque chimique près de Damas ayant fait des centaines de morts, au grand dam des rebelles qui espéraient un changement dans l’équilibre de forces.

Depuis, les insurgés ont subi revers après revers, l’armée reprenant un grand nombre de leurs bastions.

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