Ukraine: des blindés russes à Sébastopol pour protéger 230 ans d’histoire militaire

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Défilé de navires à Sébastopol l'an dernier à l'occasion du 230e anniversaire de la Flotte russe de la mer Noire (Archives/Ria-Novosti)
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Défilé de navires à Sébastopol l'an dernier à l'occasion du 230e anniversaire de la Flotte russe de la mer Noire (Archives/Ria-Novosti)
Défilé de navires à Sébastopol l’an dernier à l’occasion du 230e anniversaire de la Flotte russe de la mer Noire (Archives/Ria-Novosti)

Deux blindés russes stationnaient mardi à Sébastopol, ville pro-russe du sud de l’Ukraine et port d’attache principal de la puissante Flotte russe de la Mer Noire où, en outre, quelque 500 manifestants ont réclamé ce mardi 25 février la nomination d’un citoyen russe à la tête de la mairie.

Un des deux véhicules blindés était visible sur le territoire de l’état-major de la Flotte russe de la mer Noire et l’autre dans la cour de la Maison de Moscou qui abrite une représentation commerciale au centre-ville, rapportait l’Agence France-Presse.

La Flotte russe de la mer Noire n’a émis aucun commentaire alors que les médias locaux affirmaient pour leur part que les blindés avaient été placés là pour faire face à d’éventuelles attaques terroristes.

À la suite de la dislocation de l’URSS en 1991, une partie de la flotte dépendant de la marine soviétique a été à l’origine de la formation de la nouvelle marine ukrainienne. Le 28 mai 1997, un accord avec la Russie a partagé la Flotte de la Mer Noire : l’Ukraine obtient 17 % de la flotte (soit 80 navires), et la Russie 83 % (soit 338 navires).

Encore aujourd’hui, Sébastopol, en Crimée (Ukraine) reste le port d’attache principal de la Flotte russe de la mer Noire.

L’an dernier, la Flotte de la mer Noire a même célébré ses 230 ans en grande pompe, ce qui avait donné lieu à des festivités à Sébastopol où près de 20 navires de guerre et 4 000 marins russes et ukrainiens avaient participé à une parade commune.

On peut imaginer le cauchemar que cela peut être pour les Russes de voir l’Ukraine devenir européenne et se retrouver dans le giron de l’OTAN.

De plus, quelque 500 manifestants pro-russes se sont rassemblés mardi non loin de la maison de Moscou pour exiger la nomination d’Alexeï Tchaly, un citoyen russe, au poste de maire de la ville.

«Nous sommes des manifestants pacifiques, pour l’instant», a lancé l’un d’entre d’eux, Alexandre Siniavski.

Dimanche, un autre rassemblement avait attiré environ 10.000 personnes à l’appel de mouvements pro-russes afin de protester contre les «fascistes» arrivés au pouvoir à Kiev au cours du week-end.

Sébastopol, sur la côte occidentale de la Crimée, a d’abord appartenu, au sein de l’Union soviétique, à la Russie, avant d’être rattachée en 1954 à l’Ukraine.

Pour sa part, le leader du Parti libéral-démocrate de Russie (LDPR, nationaliste) Vladimir Jirinovski a déclaré hier «Conformément au droit international, Moscou pourrait dépêcher des troupes en Ukraine sur demande du président ukrainien pour protéger la Flotte russe de la mer Noire», rapporte l’agence russe Ria-Novosti

«Si nous envoyons nos troupes à la demande de [Viktor] Ianoukovitch, cela sera tout à fait conforme au droit international. Nous sommes en droit d’y envoyer des troupes pour protéger notre Flotte de la mer Noire. Ianoukovitch est un président légitime […], et il est en droit de solliciter une aide. Il pourrait notamment signer avec la Russie un accord de soutien», a déclaré le leader nationaliste russe lors d’une conférence de presse à la Douma (chambre basse du parlement russe).

À Simféropol, chef-lieu de la Crimée, quelque 500 manifestants pro-russes ont aussi manifesté mardi devant le Parlement local pour réclamer plus d’autonomie.

«Nous allons nous battre pour notre autonomie […] Les néo-nazis ne passeront pas en Crimée», a déclaré le président du Parlement local, Volodymyr Konstantinov.

La Crimée jouit du statut de république autonome, et ses autorités locales avaient suggéré début février d’amender la Constitution locale pour faire de la Russie la garante de cette autonomie par rapport au reste de l’Ukraine.

Poutine ordonne une inspection des troupes près de l’Ukraine

La fin du régime de Viktor Ianoukovitch en Ukraine, loin d’apaiser les inquiétudes des Occidentaux fait craindre désormais une partition du pays, une période potentiellement dangereuse d’instabilité politique et une réaction imprévisible de la Russie.

Le secrétaire d’État américain  John Kerry s’était entretenu dimanche avec son homologue russe Sergueï Lavrov, lui rappelant  la nécessité «par tous les États de respecter la souveraineté de l’Ukraine, son intégrité territoriale et sa liberté de choix».

Mais, depuis, le député russe Leonid Sloutski, chef de la commission parlementaire de la Douma en charge des affaires d’ex-républiques soviétiques s’est rendu mardi à Simféropol, capitale de la République autonome de Crimée, en Ukraine.

Il y a déclaré: «Nous estimons que Ianoukovitch est toujours le président légitime d’Ukraine», ajoutant toutefois également que «La Russie est pour l’intégrité territoriale de l’Ukraine».

Ça ne veut peut-être rien dire, mais, en outre,  le président russe Vladimir Poutine a ordonné mercredi (heure de Moscou) une inspection surprise des troupes des districts militaires de l’Ouest et du Centre, non loin de l’Ukraine, pour vérifier leur aptitude au combat, a déclaré le ministre de la Défense Sergueï Choïgou.

«Le commandant en chef a été chargé de vérifier l’aptitude des troupes à agir pour faire face à des situations de crise menaçant la sécurité militaire du pays», a déclaré M. Choïgou,  rapporte  l’agence russe  Interfax.

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