Ukraine: l’opposition demande à Catherine Ashton de mettre fin à la «dictature»

La chef de la diplomatie européenne, Catherine Ashton (Archives/EUEA)
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La chef de la diplomatie européenne, Catherine Ashton (Archives/EUEA)
La chef de la diplomatie européenne, Catherine Ashton (Archives/EUEA)

Après une rencontre avec les leaders de l’opposition, la chef de la diplomatie européenne, Catherine Ashton, doit rencontrer le président ukrainien, Viktor Ianoukovitch, ce mercredi, à Kiev. Une entrevue qui intervient au lendemain de la reprise des discussions au Parlement.

La crise ukrainienne reste dans une impasse. Depuis deux mois, le pays est bousculé par une vague de soulèvement initiée après l’abandon soudain d’un accord d’association proche d’être signé, en novembre dernier, avec l’Union Européenne. Mais au fil des semaines, la contestation s’est radicalisée et les manifestants réclament désormais le départ du président Ianoukovitch.

Dans ce contexte extrêmement sensible, l’Union européenne tente d’assurer la médiation entre le président et ses opposants. À ce titre, Catherine Ashton s’est rendue, ce mardi, à Kiev.

Elle doit rencontrer, mercredi, le président Ianoukovitch afin de «discuter des efforts pour parvenir à une solution politique et de la manière dont l’UE peut contribuer à ces efforts», comme l’a indiqué à l’AFP la porte-parole de la haute représentante, Maja Kocijancic.

Mardi, la chef de la diplomatie européenne a rencontré les leaders de l’opposition, Vitali Klitschko, Arseni Iatseniouk et Oleg Tiagnybok. «Il faut poursuivre le dialogue pour arriver à un résultat», a martelé ce dernier.

Une vision partagée par le vice-président américain, Joe Biden. Mardi, il a appelé le président ukrainien au «dialogue» et au «compromis» pour former un nouveau gouvernement, lors d’une conversation téléphonique rapportée par la Maison-Blanche. Il faut, selon lui, «saisir toutes les occasions (…) pour trouver une solution politique à la crise».

Une réforme constitutionnelle serait trop longue selon l’opposition

Pour sortir de celle-ci, l’opposition exige également pour une réforme constitutionnelle accordant davantage de pouvoirs au gouvernement et au Parlement. Vitali Klitschko s’est ainsi rendu mardi auprès du président Ianoukovitch pour lui demander une solution «immédiate». Ce dernier lui a rétorqué que cette réforme pourrait prendre «jusqu’à six mois».

Trop long pour l’opposition. «Cela fera seulement monter la fièvre dans la société», a lancé l’ex-boxeur devant les députés. «Nous devons mettre fin à la dictature», a-t-il ajouté avant de proposer le retour à la Constitution de 2004, texte annulé en 2010 après l’élection de Ianoukovitch et qui donnait moins de pouvoirs au chef de l’État.

Mardi, les débats ont en effet repris au Parlement. En préambule, le représentant du président au Parlement, Iouri Mirochnitchenko, a créé la surprise en évoquant la possibilité d’élections anticipées. Selon lui, le président a évoqué ce scénario au cours d’une rencontre avec les députés de son parti la semaine dernière.

Cette décision apparaîtrait, selon le chef de l’État, comme une solution alternative si un autre scénario, à savoir l’amnistie des manifestants arrêtés en échange de l’évacuation des bâtiments publics occupés, échouait.


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Ianoukovitch va rencontrer Poutine à Sotchi

Mais l’opposition craint également l’influence et le rôle de la Russie dans la résolution du conflit. Après le revirement de Kiev sur l’adoption de cet accord avec l’UE, Moscou a annoncé, fin décembre, l’octroi à l’Ukraine qui était au bord de la faillite d’un crédit de 15 milliards de dollars, dont 3 milliards ont déjà été versés.

Les dirigeants russes ont également promis une baisse importante du prix du gaz. La suite de la mise en œuvre de cette aide dépendra, néanmoins, de la couleur du nouveau gouvernement ukrainien.

Membre de l’opposition, Oleg Tiagnybok a ainsi accusé le pouvoir de suivre les ordres de Moscou et a appelé à «dépoutiniser» la vie politique ukrainienne. Selon un porte-parole du Kremlin, le président Ianoukovitch va rencontrer son homologue russe Vladimir Poutine vendredi, pour la première fois depuis décembre.

La rencontre se déroulera à Sotchi, en marge de l’ouverture des Jeux olympiques d’hiver. Viktor Ianoukovitch «sera bien à Sotchi et ils se rencontreront. Ils discuteront des relations bilatérales», a ajouté Dmitri Peskov.