Armée, marine et aviation à la défense de Montréal (PHOTOS)

Le lieutenant-colonel Stéphane Tremblay, commandant du Régiment de Maisonneuve; le capitaine de frégate Steven Thornton, commandant du NCSM Montréal et le major Martin Pesant, commandant-adjoint du 438e escadron tactique d'hélicoptères. (Nicolas Laffont/45eNord.ca)
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C’est une rencontre pour le moins inédite qui a eu lieu ce mardi 12 mars à l’École Nationale d’Administration Publique (ÉNAP). Les «trois défenseurs de Montréal» se sont en effet retrouvés ensemble pour discuter des liens qui les unissent à la ville de Montréal.

Le commandant du Régiment de Maisonneuve, le lieutenant-colonel Stéphane Tremblay, explique l’origine du terme «les trois défenseurs de Montréal»: «Ça vient originellement du fait que nous [le Régiment de Maisonneuve] et la 438 on était déjà des unités sœurs, et lors de l’inauguration du NCSM Montréal en 1994, le maire Jean Doré avait profité du fait qu’il y ait les trois unités pour nous donner un honneur purement symbolique: nous identifier comme étant «les trois défenseurs de Montréal».

Régiment de Maisonneuve

Le Régiment de Maisonneuve fut fondé en 1880 à La Prairie, mais après la Première Guerre mondiale, a déménagé à Montréal avant que celle-ci ne lui accorde un droit de cité en 1962. Le droit de cité équivaut à remettre les clés de la ville dans un contexte militaire. C’est une tradition par laquelle une ville autorise une unité militaire à défiler dans ses rues au son de ses tambours, drapeaux consacrés déployées et baïonnettes au canon.

Le Régiment de Maisonneuve est désormais considéré comme le régiment officiel de la ville de Montréal et c’est ainsi que l’on retrouve les armoiries de la ville sur le drapeau du régiment.

L’unité, en plus de ses participations aux grandes guerres, a envoyé de nombreuses soldats dans des missions de l’ONU et de l’OTAN, notamment dans les années 1980-1990.

Le Régiment de Maisonneuve se déploie en 1998 dans la grande région de Montréal lors de la crise du verglas qui avait paralysé la ville et est mobilisé en 2011 lors des inondations en Montérégie.

438e escadron tactique d’hélicoptères

Le 438e escadron est un escadron force totale de la Réserve aérienne installé à Saint-Hubert et est équipé d’hélicoptères CH-146 Griffon.

Particularité de l’unité: son effectif est composé à 50/50 de réservistes et de forces régulières, pour un total de 250 membres.

Le 438e escadron a ses racines comme escadron de chasseurs-bombardiers au cours de la Deuxième Guerre mondiale. Il était alors doté du Hurricane et du Typhoon. Après la guerre, il a été équipé du Vampire et du Sabre, en devenant le 438e Escadron de la Réserve aérienne (Ville de Montréal), pour finalement devenir le 438e escadron tactique d’hélicoptères en 1981.

«On a une bonne symbiose entre nos réservistes à temps partiel et l’industrie aérospatiale montréalaise, indique le major Martin Pesant, commandant-adjoint du 438e escadron. On s’échange nos joueurs, les compagnies viennent les chercher et nous allons en chercher. Nos réservistes ont une vingtaine d’années de carrière derrière eux, alors l’industrie les engage et ça arrive qu’on en cherche aussi qui n’ont pas forcément de background militaire, mais qui ont une bonne expérience dans ce qu’ils font».

L’unité, même si elle est encore «jeune» comparée à d’autres à participer à pas moins de 92 opérations depuis ses débuts il y a 79 ans. «On est très sollicités du côté opérationnel, on est tout le temps à gauche ou à droite, et en ce moment on tourne à environ cinq opérations par an», précise le major Pesant. Certains de ses membres se sont retrouvés en Afghanistan, comme le capitaine Robin Richer.

À Montréal, les seuls moments où voir les hélicoptères de l’escadron sont lors du Grand prix de Formule 1, début juin, lors du NASCAR fin août ou lors des Régates de Valleyfield, à la mi-juillet, ou bien encore lors du Jour du souvenir, le 11 novembre.

NCSM Montréal

Le NCSM Montréal est une frégate de la Marine royale canadienne basée à Halifax qui a été lancée en 1992. Elle est actuellement sous le commandement du capitaine de frégate Steven Thornton qui se réjouit que le navire vient de «terminer sa modernisation de mi-vie. On va commencer une série d’essais, d’entraînements, d’évaluations et en janvier on aura fini les plus grosses étapes avant que l’on redevienne un navire de guerre disponible en tout temps pour le Gouvernement du Canada».

Si le navire a déjà été déployé sur plusieurs opérations au cours de son existence, il lui reste encore pas mal de défis à relever comme l’indique le capitaine de frégate. «Le monde actuel a beaucoup changé depuis les années 1980 et les missions ont évolué».

La Marine royale met d’ailleurs de plus en plus l’emphase sur les opération dans les Caraïbes et dans l’Océan Indien (Opération CARIBBE et Opération ARTEMIS). Le Canada doit d’ailleurs prendre la tête de l’Opération ARTEMIS en 2015. Elle est actuellement dirigée par le Commodore Daryl Bates de la Royal Australian Navy.