Crise ukrainienne: nouvelles sanctions canadiennes, américaines et européennes

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Le Premier ministre Stephen Harper rencontre Vadym Prystaiko, ambassadeur de l’Ukraine au Canada, pour lui annoncer des sanctions supplémentaires imposées par le Canada à l’égard de représentants russes et ukrainiens à la lumière de la situation actuelle en Ukraine. (Jason Ransom/PMO)
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Le Premier ministre Stephen Harper rencontre Vadym Prystaiko, ambassadeur de l’Ukraine au Canada, pour lui annoncer des sanctions supplémentaires imposées par le Canada à l’égard de représentants russes et ukrainiens à la lumière de la situation actuelle en Ukraine. (Jason Ransom/PMO)
Le Premier ministre Stephen Harper rencontre Vadym Prystaiko, ambassadeur de l’Ukraine au Canada, pour lui annoncer des sanctions supplémentaires imposées par le Canada à l’égard de représentants russes et ukrainiens à la lumière de la situation actuelle en Ukraine. (Jason Ransom/PMO)

Après les condamnations du référendum de rattachement de la Crimée à la Russie de dimanche, les puissances occidentales ont une nouvelle fois poursuivi l’escalade dans les sanctions.

Suivant les Européens et les Américains, le Premier ministre canadien Stephen Harper a annoncé que «des sanctions ciblées […]  s’ajoutent aux sanctions déjà en place et visent de hauts représentants russes ainsi que d’autres représentants ukrainiens. Les personnes ciblées sont responsables d’avoir violé la souveraineté et l’intégrité territoriale de l’Ukraine et d’avoir facilité l’action militaire russe contre l’Ukraine. Les interdictions de voyager serviront à empêcher les hauts représentants ukrainiens et russes responsables de la crise d’entrer au Canada».

Pour Stephen Harper «ces mesures démontrent que le Canada ne restera pas passif pendant que la Russie viole la souveraineté et l’intégrité territoriale de l’Ukraine, et que les actions de la Russie auront des conséquences».

De plus, le Premier ministre a indiqué qu’il va travailler avec ses partenaires du G7 et d’autres alliés, au cours des jours qui viennent, «sur des mesures visant à exercer des pressions supplémentaires sur la Russie afin qu’elle désamorce la situation en rappelant ses troupes à leurs bases».

M. Harper doit se rendre à Kiev samedi pour démontrer son soutien au gouvernement provisoire ukrainien dans le contexte d’une intervention russe perçue comme une agression dans la région stratégique de la mer Noire.

 

L’Union européenne et les États-Unis ont aussi adopté lundi des sanctions ciblées contre de hauts responsables russes ou pro-russes pour envoyer selon eux un «message fort» à Moscou.

Annoncées à quelques minutes d’intervalle à Bruxelles et Washington, ces sanctions concernent un nombre limité de responsables russes et ukrainiens et épargnent a priori Vladimir Poutine, mais frappent très près du président russe, au moins côté américain.

Onze personnes ont été visées par des gels d’avoirs selon une liste diffusée par la Maison Blanche: sept Russes et quatre personnes accusées de collusion avec la Russie en Ukraine, dont le président déchu Viktor Ianoukovitch et un de ses conseillers, ainsi que deux leaders séparatistes de Crimée, Sergiï Axionov et Volodymyr Konstantinov.

Parmi les Russes, qui voient ainsi leurs éventuels avoirs gelés aux États-Unis, selon l’exécutif américain, figurent le vice-Premier ministre Dmitri Rogozine, la présidente du Conseil de la Fédération (chambre haute du Parlement russe), Valentina Matvienko, ainsi que deux proches conseillers de M. Poutine (Vladislav Sourkov et Sergueï Glaziev) et deux élus de la Douma.

De leur côté, les ministres européens des Affaires étrangères «viennent de décider des sanctions –restrictions de visas et gels d’avoirs– contre 21 responsables ukrainiens et russes», a déclaré lundi le ministre lituanien Linas Linkevicius, sur son compte Twitter.

Les sanctions visent 13 responsables russes et huit Ukrainiens pro-russes, à qui il est reproché d’avoir porté atteinte à la souveraineté de l’Ukraine, a-t-on précisé de sources diplomatiques. Le ministre allemand des Affaires étrangères, Frank-Walter Steinmeier, a révélé que cette liste comptait trois militaires: «le commandant de la flotte de la mer Noire et deux militaires qui sont responsables de la partie sud et ouest des opérations militaires».

Les sanctions européennes ont été décidées pour une durée de six mois renouvelables.