«Retour dans le passé», le G8 reconverti en G7 suspend le sommet de Sotchi

Le prochain sommet du G-8 devait se tenir les 4-5 juin 2014 à Sotchi, sur la mer Noire, la ville où viennent tout juste de se dérouler les Jeux Olympiques d'Hiver (Archives/Nicolas Asfouri/AFP)
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Le prochain sommet du G-8 devait se tenir les 4-5 juin 2014 à Sotchi, sur la mer Noire, la ville où viennent tout juste de se dérouler les Jeux Olympiques d'Hiver (Archives/Nicolas Asfouri/AFP)
Le prochain sommet du G-8 devait se tenir les 4-5 juin 2014 à Sotchi, sur la mer Noire, la ville où viennent tout juste de se dérouler les Jeux Olympiques d’Hiver (Archives/Nicolas Asfouri/AFP)

Les dirigeants des pays du G-8 moins la Russie, ont finalement décidé «pour le moment de suspendre [leur] participation à des activités liées à la préparation du Sommet du G8 à Sotchi prévu pour juin et que devait présider la Russie, du moins «jusqu’au retour d’un -environnement- où le G-8 est capable d’avoir une discussion significative».

Et le G8 est ainsi redevenu, du moins provisoirement, le G7 qu’il était avant l’addition de la Russie il y a 16 ans, en 1998.

Les dirigeants du Canada, de la France, d’Allemagne, d’Italie, du Japon, du Royaume-Uni et des États-Unis ainsi que le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, et le président de la Commission européenne, José manuel Barroso, ont unis leur voix aujourd’hui pour «condamner la violation flagrante de la Fédération de Russie de la souveraineté et l’intégrité territoriale de l’Ukraine».

«Le président russe Vladimir Poutine pourrait ne pas avoir de [sommet du] G8 à Sotchi, il pourrait même ne pas rester au sein du G8 si cela continue», avait menacé plus tôt John Kerry sur la chaîne de télévision NBC.

Pire, la Russie pourrait perdre son siège à la table des grandes puissances, au sein du club du G8, a prévenu John Kerry.

«Si la Russie veut être un pays membre du G-8, elle doit se comporter comme un pays du G8», a insisté John Kerry, sur CBS, fustigeant aussi sur la chaîne concurrente ABC la manière agressive d’agir de Moscou.

Le Secrétaire d’État américain, qui sera à Kiev mardi pour soutenir le nouveau régime ukrainien face à l’occupation de la Crimée par la Russie, s’est montré très dur sur d’éventuelles conséquences: «Le G8 et quelques autres sont prêts à aller jusqu’au bout pour isoler la Russie en raison de cette invasion. Ils sont prêts à mettre en place des sanctions, ils sont prêts à isoler la Russie économiquement».

Des réunions à caractère économique et un voyage d’une délégation russe à Washington pour parler énergie ont déjà été annulés et une réunion de coopération militaire est également en suspens.

Sur le terrain, plusieurs sites stratégiques de la Crimée, bases militaires, aéroports ou bâtiments officiels ont fait l’objet de blocages par des hommes en armes, dont l’uniforme ne porte aucun signe distinctif mais que tous les observateurs assimilent à des soldats russes, depuis deux jours.

Lors d’une conférence téléphonique, des responsables de l’administration du président Barack Obama ont fait état du contrôle opérationnel complet de la Crimée par des troupes de Moscou. «Il n’y a aucun doute: ils commettent une occupation de la Crimée. Ils dépêchent des renforts et s’installent», a commenté l’un de ces diplomates.

L’Otan pour sa part a demandé le déploiement d’observateurs internationaux en Ukraine pour résoudre la crise pacifiquement et appelé la Russie à retirer ses troupes, tout en maintenant la porte ouverte au dialogue avec Moscou.

Mais, pour l’instant, Moscou semble bien déterminé à ne pas reculer.

Vladimir Poutine a accepté une proposition sur la création d’un groupe de contact pour entamer un dialogue politique sur l’Ukraine, avait indiqué dimanche le gouvernement allemand, après un entretien téléphonique de la chancelière , Angela Merkel, avec le président russe.

Mais les Russes n’en poursuivent pas moins leur intervention en Ukraine et, après l,entretien avec Mme Merkel, «Le président russe a souligné que les mesures prises par la Russie étaient totalement compatible avec la situation exceptionnelle que nous connaissons», a tout de suite déclaré le service de presse du Kremlin.


John Kerry sur l’«agression russe» dimanche 2 mars sur ABC (ABC)