Incendie du NCSM Protecteur: 11 heures de bataille dans les pires conditions

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Le NCSM Protecteur, le 31 janvier 2014 lors de l'exercice KOA KOAI. (Archives/Sergent Angela Abbey/MARPAC Imaging Services)
Le NCSM Protecteur, le 31 janvier 2014 lors de l’exercice KOA KOAI (Archives/Sergent Angela Abbey/MARPAC Imaging Services)

La bataille que les marins du NCSM Protecteur ont dû livrer le mois dernier pour combattre l’incendie qui s’était déclaré dans la salle des machines du navire ravitailleur a duré 11 longues heures dans les pires conditions, a appris la télévision publique canadienne.

Cette lutte sans merci a été rendue encore plus difficile par le bris de la génératrice du navire, laissant le Protecteur inerte, incapable de pomper l’eau pour éteindre le feu, obligeant ainsi les 279 hommes d’équipage à combattre l’incendie dans la fumée et l’obscurité de la nuit avec des moyens de fortune.

Les équipes ont dû se démener pour trouver un moyen d’alimenter des pompes à eau pour combattre le brasier et remplir les réservoirs d’oxygène des pompiers alors qu’ils tentaient désespérément de sauver leur navire.

La CBC a dévoilé cette information aujourd’hui alors que commandant Julian Elbourne, capitaine du Protecteur, se prépare à accueillir dans les prochains jours les enquêteurs de la Marine à bord du navire, qui a été remorqué à Pearl Harbor, à Hawaï, après l’incendie.

En outre, le Protecteur a également subi un deuxième incendie trois jours seulement après le premier, aussi dans la salle des machines.

Le capitaine Elbourne a révélé qu’un deuxième incendie, plus petit cependant, a été causé par des câbles électriques endommagés par le feu quand l’équipage a travaillé pour rétablir le courant à bord du navire.

Lors du premier incendie, le Protecteur voguait à 600 kilomètres Pearl Harbor dans le Pacifique Nord dans une mer agitée avec des vagues de trois à quatre mètres.

Le feu aurait commencé par une sorte de jet de flammes ou une boule de feu dans le compartiment principal de l’ingénierie – une salle de la taille d’un gymnase dans la moitié arrière du navire, avec des plafonds d’une hauteur de trois étages.

«C’est le pire emplacement pour un incendie sur un bateau», a déclaré le capitaine.

Pendant quatre heures, dit Elbourne dans l’entrevue qu’il a accordé à la télévision publique canadienne, ses équipes de pompiers ont contenu l’incendie dans la zone de la salle des machines, mais il a fallu encore sept ou huit heures pour venir à bout du feu sur le navire.

«C’était un énorme feu. Il y avait de la fumée noire partout», dit le commandant.

Finalement, la solution a été trouvée dans la cargaison du navire. Le Protecteur, heureusement, transportait dans la soute, une cargaison de génératrice de secours en cas de catastrophe humanitaire, y compris plusieurs génératrices à essence.

Le navire ne devrait pas être réparé

Le Protecteur doit maintenant être remorqué à son port d’attache à Esquimalt le mois prochain pour évaluation, mais déjà la Marine a annulé ses futurs déploiements, y compris l’exercice multinational RIMPAC cet été.

Le navire devait être mis hors service en 2017, mais il semble maintenant plus probable qu’il ne sera tout simplement jamais réparé.

Pour la critique libérale en matière de défense nationale, Joyce Murray, l’incendie du Protecteur, vieux de 44 ans, est «un inquiétant exemple concret de la façon dont le processus d’acquisition du gouvernement peut mettre en danger la vie de nos marins».

«Pourquoi, se demandait-elle dans la tribune qu’elle écrivait pour 45eNord.ca le 5 mars dernier, nos marins sont-ils contraints d’exploiter un navire obsolète qui a près de deux fois leur âge?».

Mais, pour le capitaine Elbourne, «le métier de marin est intrinsèquement dangereux». «Travailler sur la mer comporte des risques et le fait est que, ce soir-là , nous avons été confrontés à un risque énorme. […] J’ai alors vu plusieurs marins canadiens faire ce qu’ils sont censés faire et le faire très bien, peut-être dans les circonstances les plus graves que l’on pouvait voir en mer», conclut le commandant du NCSM Protecteur avec fierté.

Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

Discussion3 commentaires

  1. C'est un risque inutile de risquer la vie des marins a bord de ce navire obsolete. Il n'aurait jamais du prendre la mer. il devrait le laisser la bas et servir de cible pour le prochain RIMPAC

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