Jeux coréens de la peur: les missiles du Nord passent à un cheveu d’un avion de ligne

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Photo non datée de missiles nord-coréens (Photo: Archives/Kcna/KNS/AFP)
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Photo non datée de missiles nord-coréens (Photo: Archives/Kcna/KNS/AFP)
Photo non datée de missiles nord-coréens (Photo: Archives/Kcna/KNS/AFP)

Après les récents tirs de missiles nord-coréens de missiles, la Corée du Sud tire la sonnette d’alarme et affirme que le missile nord-coréen lancé mardi a croisé, à sept minutes près, la trajectoire d’un avion de ligne chinois et aurait tout aussi bien pu le toucher et le faire exploser en mille miettes.

Jeudi 27 février, la Corée du Nord avait lancé depuis sa côte sud-est quatre missiles balistiques Scud et, et, cette semaine, elle a remis ça, lançant encore d’autres missiles balistiques, mais d’une portée de 500 km cette fois, en direction de la mer de l’Est.

Les tirs de missiles balistiques violent de toutes façons une interdiction d’essais de semblables missiles des Nations Unies , mais la Corée du Nord a déclaré mercredi que ces lancements étaient «un droit souverain».

Cette fois, la Corée du Sud a décidé qu’il valait mieux crier avant d’avoir mal.

220 passagers et membres d’équipage l’auraient échappé belle

Selon Séoul, un avion de ligne chinois avec 220 personnes à bord, qui allait de Tokyo à Shenyang, a traversé mardi la trajectoire du projectile tiré quelques minutes seulement avant le passage de l’avion.

La Défense sud-coréenne affirme en effet que les missiles nord-coréens sont passé 6 miles au-dessus de l’espace aérien traversé par le vol CZ628 de la China Southern Airlines et que le Nord n’avait donné aucun avertissement avant de procéder aux lancements.

«Après avoir décollé de l’aéroport de Tokyo Narita, l’avion CZ 628 de la compagnie chinoise volait en direction de Shenyang en Chine, quand la Corée du Nord a lancé une roquette à 16h17 (heure locale)», a dit Kim Min Seok, «L’avion qui volait à une altitude de 10 kilomètres (32,800 pieds) à 16h24 a traversé la trajectoire du missile qui a atteint une altitude de 20 kilomètres. En redescendant, la roquette aurait pu toucher l’avion», a ajouté le porte-parole sud-coréen, déclarant que «La Corée du Nord n’a donné aucun avertissement. C’était un acte inattendu et immoral à l’encontre des règles internationales».

Le porte-parole du ministère de la Défense, Kim Min-seok, a déclaré hier que les tirs d’artillerie nord-coréens ont posé une «grave menace» pour l’avion et qu’ils violent la Convention sur l’aviation civile internationale, rapporte aujourd’hui l’agence sud-coréenne Yonhap.

«Ces provocations nord-coréennes violent les normes de navigation internationales et constituent une grave menace pour la sécurité des civils», a déclaré le porte-parole du ministère.

Interrogé à propos de cet incident, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères chinois Qin Gang a déclaré quant à des journalistes que Pékin attache «une grande importance à la sécurité des vols de l’aviation civile nationale». «La Chine va étudier la situation avec le parti concerné et lui fera part de son inquiétude à ce sujet», a-t-il ajouter, sans s’alarmer outre-mesure.

Un porte-parole de China Southern a quant à lui refusé de commenter l’affaire, sauf pour dire que le transporteur soumet ses plans de vol aux autorités de contrôle de la circulation aérienne de l’espace aérien des pays où il vole à avant le décollage et est conforme aux règles pour assurer la sécurité.

Les Jeux de la peur

Alors que la Corée du Sud et les États-Unis menaient des exercices militaires conjoints que la Corée du Nord a dénoncés comme étant une répétition à l’invasion du Nord, Pyongyang ne pouvait certes pas rester les bras croisés.

Avant les tirs de missiles, un navire de patrouille nord-coréen avait aussi franchi la frontière maritime occidentale à plusieurs reprises entre les deux Corées au premier jour des exercices conjoints dans la nuit du 24 au 25 février.

Selon les autorités militaires sud-coréennes, ces tirs de missiles balistiques par les Nord-Coréens visaient bien à provoquer une certaine tension entre le Nord et le Sud, malgré la récente embellie et les réunions de familles séparées par la guerre, alors que se déroulaient les exercices conjoints Key Resolve et Foal Eagle entre la Corée du Sud et les États-Unis.

Key Resolve terminé, Foal Eagle se poursuit

Toujours est-il Les armées sud-coréenne et américaine ont terminé tel que prévu ce jeudi 6 février l’exercice Key Resolve. Quant aux manœuvres combinées sur le terrain Foal Eagle, elles se poursuivront jusqu’au 18 avril.

Les simulations de guerre avaient débuté le 24 février pour tester le niveau de préparation des forces alliées et renforcer leurs positions de défense. Les se poursuivent en dépit des nombreux appels du Nord pour un arrêt de ce qu’il appelle une «répétition de guerre», mais cette année, contrairement à 2013, la Corée du Sud et les États-Unis mènent leurs exercices militaires conjoints de la manière la plus discrète possible pour ne pas nuire aux réunions de familles séparées par la guerre de Corée qui ont repris après des années d’interruption.

Et, effectivement, de menaces en lancement de missiles de la part du Nord, aux exercices impliquant des milliers et des milliers de soldats au Sud, on ne saurait imaginer plus discret. Après Sotchi, bienvenus au Jeux de la peur coréens!