Le F-35 ne peut pas sortir sans la protection d’un autre chasseur, déclare un général américain

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Deux chasseurs F-22 dans le ciel de l’Alaska lors de l’exercice Vigilant Eagle 2010 (Photo: US Army, Major Mike Humphreys)
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Deux chasseurs F-22 dans le ciel de l’Alaska lors de l’exercice Vigilant Eagle 2010 (Photo: US Army, Major Mike Humphreys)
Deux chasseurs F-22 dans le ciel de l’Alaska lors de l’exercice Vigilant Eagle 2010 (Archives/US Army, Major Mike Humphreys)

Le F-35, pour être efficace, doit être accompagné dans ses missions par un autre appareil, le F-22 Raptor, a déclaré un général de l »armée de l’air américaine Michael Hostage à la revue spécialisée Air Force Times, mais, problème, le F-22 n’est pas disponible pour les ventes à l’étranger en raison de sa technologie de pointe que les Américains ne veulent pas partager.

Alors, comme les F-35 qu’achèterait le Canada ne peuvent pas sortir sans leur chaperon et que le chaperon en question, le F-22 Raptor, ne nous est pas disponible, on serait censé faire quoi avec nos F-35?

C’est en effet la question que se pose le journaliste du Ottawa Citizen, David Pugliese, dans l’édition de ce vendredi 7 mars du quotidien de la capitale fédérale canadienne.

Certes, le général Michael Otage, chef du commandement du combat aérien aux États-Unis, a déclaré que le F-35 est essentiel pour l’avenir de l’armée de l’air américaine, mais il a besoin de travailler main dans la main avec le F-22 [de Lockheed Martin lui aussi] pour être vraiment efficace.

«Le F-35 n’est pas conçu comme une plate-forme de supériorité aérienne», a-t-il déclaré «Il lui faut que le F-22», sans quoi « […] la flotte de F-35 ne sera franchement pas pertinente».

Tout ça alors que le Canada a besoin d’un chasseur polyvalent et que, même si le F-22 était disponible on ne pourrait probablement pas se le payer.

En 2012, le gouvernement conservateur a stoppé le programme d’achat des F- 35 et a formé un groupe d’experts pour examiner les options pour le remplacement des avions de combat canadiens CF-18.

Ce processus est toujours en cours et bien malin celui qui pourrait dure quand il sera terminé…

Les commentaires du général font écho aux critiques qui disent que le F- 35 est principalement conçu pour frapper des cibles au sol mais n’est pas bien adapté pour le combat et les interceptions aériennes .

Un porte-parole de Lockheed Martin Canada, Mike barton, cité dans l’article du quotidien d’Ottawa, a toutefois déclaré «que le F-35 répond aux besoins de tous les pays» et que «Les commentaires du général sont un reflet de la façon dont l’US Air Force fonctionne et ne sont pas pertinentes pour le Canada.

Le F-35 de combat furtif est devenu un casse-tête politique majeur pour le gouvernement conservateur, qui avait fait un élément essentiel de sa politique de défense .

La controverse entourant l’achat des F-35 a été surtout axée sur les questions économiques, ainsi que le processus d’acquisition.

Le ministère de la Défense nationale avait annoncé à l’origine selon le projet coûterait environ 14,7 milliards, mais le vérificateur général Michael Ferguson a également publié un rapport accablant concluant que les fonctionnaires de la Défense avaient caché des informations clés au Parlement sur ​​l’achat du F-35, sous-estimé les coûts, et n’avaient pas respecté les règles appropriés.

Et voilà que maintenant, on pourrait craindre que le F-35 ne puisse «sortir qu’accompagné de son frère aîné».

Le dernier F-22 Raptor, qui n’est plus en production, a été livré à l’US Air Force en mai 2012. Il n’est plus en production. Il est, de l’aveu même de Lockheed, le seul avion de chasse à pouvoir simultanément mener des missions de combat air-air et des missions air-sol avec une quasi-impunité. selon Lockheed.

Et là, si on interprète bien ce qu’a dit le général Hostage, le coûteux F-35 se retrouverait s’il n’est pas accompagné du F-22 Raptor, ni plus ni moins que…bien cuit! Le F-35, un ordinateur volant qui a besoin de la protection d’un avion?


Le F-22 Raptor (Lockheed Martin)