Les femmes au sein des Forces canadiennes: de l’infirmière à la combattante

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Le colonel Jennie Carignan, commandant du CMR Saint-Jean, encourage les élofs à quelques minutes du départ de la course à obstacles (Photo: Nicolas Laffont/45eNord.ca)
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Le colonel Jennie Carignan, commandant du CMR Saint-Jean, encourage les élofs à quelques minutes du départ de la course à obstacles (Photo: Nicolas Laffont/45eNord.ca)
Le colonel Jennie Carignan, commandant du CMR Saint-Jean, encourage des élofs à quelques minutes du départ de la course à obstacles. (Archives/Nicolas Laffont/45eNord.ca)

Samedi 8 mars est célébrée la Journée internationale des femmes. Aujourd’hui, au sein des Forces armées canadiennes, les femmes sont partout, mais il n’en a pas toujours été ainsi et le chemin fut long de «l’infirmière militaire» du temps de la Seconde Guerre mondiale à la combattante d’aujourd’hui.

Signe que les temps ont vraiment changé, depuis juillet 2013, c’est un triumvirat féminin qui, à la tête du CMR Saint-Jean, est chargée de former l’élite de demain des Forces armées canadiennes.

La proportion de femmes au sein de son armée et les domaines dans lesquels elles peuvent servir font du Canada un chef mondial dans ce domaine. En effet, nos alliés ont en haute estime

Les Forces armées canadiennes se considèrent à l’avant-garde en matière d’intégration des femmes dans l’armée, non seulement en raison de la proportion de femmes au sein de son armée, mais aussi des domaines dans lesquels elles peuvent servir.

Les femmes peuvent occuper n’importe quel poste au sein des Forces armées canadiennes, y compris dans les métiers opérationnels, et peuvent servir partout, souligne la Défense canadienne. «Pour tous les métiers […], les possibilités de carrière et le processus de sélection pour l’instruction, la promotion et l’affectation sont les mêmes pour les hommes et les femmes; la sélection est faite en fonction du grade, des qualifications et du mérite».

Il n’en a pas toujours été ainsi

Pendant la Seconde Guerre mondiale, un grand nombre de femmes accomplissaient des tâches non traditionnelles au sein des Forces canadiennes.

Puis, après une réduction importante de l’effectif après la guerre, la Marine royale canadienne , l’Armée canadienne et l’Aviation royale du Canada ont de nouveau permis aux femmes de s’enrôler au début des années 1950,

Leur engagement se limitait alors à des rôles traditionnels dans les domaines de la médecine, des communications, de la logistique et de l’administration.

Le rôle des femmes dans les Forces armées canadiennes a ensuite commencé à gagner en importance en 1971, le plafond de 1.500 limitant le nombre de femmes a été relevé et la Défense a graduellement accru les possibilités d’emploi dans des secteurs non traditionnels, tels que la conduite et la mécanique automobile, la mécanique d’aéronefs, le contrôle de la circulation aérienne, la police militaire et la lutte contre les incendies.

À compter de 1985, les femmes ont pu servir à bord des navires de ravitaillement et des embarcations-supports pour plongeurs, dans les bataillons des services de l’Armée de terre, dans les pelotons de la police militaire, dans les unités affectées aux ambulances de campagne et dans la plupart des escadrons aériens.

En 1987, les postes et les unités dont le rôle principal était la préparation à une participation directe à des combats sur terre ou en mer, soit l’infanterie, les corps blindés, l’artillerie de campagne, l’artillerie antiaérienne, les transmissions, le génie et les opérations navales, étaient toujours interdits aux femmes.

Mais, en 1989, ça y est! L’accès à tous les postes militaires a été ouvert aux femmes, à l’exception du service à bord d’un sous-marin, qui ne leur a été accessible qu’en 2001.

La place des femmes dans les Forces armées canadiennes!

En janvier 2014, le pourcentage des femmes qui faisaient partie de la Force régulière et de la Première réserve des s’établissait à 14,8 pour cent, alors que plus de 9.400 femmes étaient engagées dans la Force régulière, et plus de 4.800, dans la Première réserve, dit la Défense canadienne.

L’Aviation royale canadienne compte le plus haut pourcentage de femmes, à savoir 18,7 % de ses effectifs. La Marine royale canadienne n’est pas loin derrière, avec 18,4% de femmes; pour l’Armée de terre, c’est 12,4%. De nos jours, les femmes qui se joignent aux FAC se voient offrir l’éventail complet des options en matière de postes et de perspectives de carrière.

Et, bien que les Forces armées canadiennes ne recensent pas le sexe des militaires déployés, «on peut affirmer sans se tromper qu’il y a de bonnes chances pour que des femmes participent à la majorité de nos missions», déclare la Défense canadienne en cette Journée internationale des femmes.

Le triumvirat féminin du CMR St-Jean

Une illustration éloquente de la présence des femmes dans les Forces armées canadiennes est sans contredit ce triumvirat de femmes qui, à St-Jean, mènent le Collège militaire royal.

En juillet dernier, le colonel Jennie Carignan devenait en effet la première femme à diriger un collège militaire au Canada.«Très heureuse et très fière» d’avoir été choisie pour prendre la tête du CMR, le colonel Carignan s’était alors déclaré «très consciente des responsabilités» qui incluent notamment de «donner tout ce qu’ils ont besoin pour se développer dans les Forces canadiennes et exercer un leadership qui est essentiel dans les opérations que l’on fait.»

Et, en effet, c’est au Collège militaire que sont formés les futurs leaders des Forces canadiennes et ce sont dorénavant trois femmes qui s,assure que cette mission soit remplie.

Outre le colonel Carignan, l’adjudant-chef France Dupuis a été nommée adjudant-chef du Collège, en remplacement du premier maître de 1re classe Pierre Langlois et, arrivée l’été dernier, le lieutenant-colonel Edith Guimont est restée à son poste de commandant-adjoint.

Aujourd’hui, au Canada, les femmes font définitivement partie de l’armature des Forces armées.

Interview avec le colonel Jennie Carignan en juillet 2013 (Nicolas Laffont/45eNord.ca)