En Norvège, des militaires canadiens s’attaquent à COLD RESPONSE (PHOTOS)

Un Hercules C-130 pris dans une tempête, le 14 mars 2014. (Adjudant-maître Andrew Lamoreaux/130th Airlift Wing Air National Guard)
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L’exercice était attendu et redouté par tous ceux qui allaient y prendre part, et ils n’auront pas été déçus! Près de 350 militaires du 5e Groupe-brigade mécanisé du Canada ont récemment pris part à l’exercice multinational COLD RESPONSE, au-delà du 60e parallèle, en Norvège.

S’entretenant par téléphone avec 45eNord.ca depuis l’extrême nord de la Norvège, le lieutenant-colonel Steve Jourdain, commandant du 3e Bataillon du Royal 22e Régiment et commandant du contingent canadien pour l’exercice, fait le bilan de l’exercice pour nous.

«Ça a été un excellent exercice, un gros exercice! On était imbriqué dans une brigade multinationale où il y a des suédois, des Britanniques, des Canadiens, des Allemands et des Hollandais. […] Toute la beauté de cette coopération c’est que nous avons un but commun, on doit accomplir une mission et que Norvégiens, Suédois, Canadiens ou autres, on n’est pas si différents».

Météo

Les premiers jours n’ont pas été facile pour les Canadiens et les militaires des autres pays. Si à cette hauteur là on pourrait s’attendre à ce que le froid et la neige soient omniprésentes, cela ne fut pas le cas. C’est à un temps nuageux et de la pluie, puis de la «sloche», qu’ont eu droit les soldats avant d’avoir finalement de la neige, et certaines fois tout cela «dans la même heure», précise le lieutenant-colonel Jourdain.

Ce temps imprévisible a cependant créé des conditions uniques pour l’entraînement des soldats.

Pour un exercice qui teste la capacité opérationnelle dans des conditions météorologiques extrêmes, COLD RESPONSE a définitivement permis aux militaires de faire face à la puissance et l’imprévisibilité de la nature avec des jours humides, des jours de pluie et de vents forts et une température oscillant près du point de congélation. Avant de combattre une force ennemie, c’est finalement Mère Nature qui a été l’obstacle principal.

Grande bataille

L’exercice COLD RESPONSE de cette année a vu un peu plus de 15.000 soldats de 16 nations collaborer et s’affronter.

Durant l’exercice, les soldats canadiens ont mené des activités de conduite de guerre en hiver au niveau tactique, notamment des opérations offensives et défensives, des patrouilles, de la surveillance, de la reconnaissance et de la gestion de l’espace de bataille.

Le lieutenant-colonel Jourdain explique que le rôle de la brigade multinationale dans laquelle se trouvaient les Canadiens a été de repousser un envahisseur qui voulait s’emparer d’une région fictive. Hasard du calendrier, le scénario ressemble à la prise de la Crimée par les forces russes… mais là s’arrête la comparaison.

«Arrivés en force», les soldats de la brigade multinationale ont repoussé l’ennemi avant que celui-ci ne lance une grande contre-attaque. L’exercice s’est finalement achevé par un cessez-le-feu et une rencontre diplomatique mercredi matin.

«C’était vraiment spécial car on faisait un force on force [deux ennemis de même puissance, ndlr] au niveau de brigades!», avoue Steve Jourdain. Si les soldats canadiens ont l’occasion de faire des exercices similaires au Canada, une seule brigade se déploie, alors qu’ici ce sont deux brigades qui se sont affrontées.

Après plus de 12 ans de présence en Afghanistan, à mener notamment des opérations de contre-insurrection, les Forces armées canadiennes sont en train d’effectuer un nouveau virage dans l’entraînement des soldats en se recentrant sur l’expertise première: la guerre en hiver.

«Ici on a vu à quoi pourrait ressembler un possible conflit entre deux armées quasi équivalentes dans ce contexte arctique, dit Steve Jourdain. Lors de notre phase défensive [la contre-attaque ennemie, ndlr] on a eu à faire à une brigade ennemie très entraînée, rodée et qui avançait rapidement. Ça nous a fait réaliser la force et la puissance d’une brigade complète entraînée. On a déjà retenu plusieurs leçons apprises de ce qu’on devrait mettre plutôt en avant lors de ce genre de conflit», précise le lieutenant-colonel sur le point de prendre l’avion pour rentrer au Canada.