Le parlement de Crimée vote pour son rattachement à la Russie

Des policiers devant le Parlement de Crimée, à Simféropol, où flotte le drapeau russe. (Oleksandr Polehenko/AFP)
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Des policiers devant le Parlement de Crimée, à Simféropol, où flotte le drapeau russe. (Oleksandr Polehenko/AFP)
Des policiers devant le Parlement de Crimée, à Simféropol, où flotte le drapeau russe. (Oleksandr Polehenko/AFP)

Le parlement de Crimée, dominée par les pro-russes, s’est prononcé jeudi à l’unanimité en faveur du rattachement de la région à la Fédération de Russie.

Dans le texte approuvé on peut y lire que les députés ont décidé «d’adhérer à la Fédération de Russie avec les droits d’un sujet de la Fédération de Russie».

Un peu plus tôt, le vice-Premier ministre de Crimée, Roustam Temirgaliev, avait annoncé qu’un référendum sur le statut de la péninsule aurait lieu le 16 mars, et que les électeurs seraient appelés à dire s’ils souhaitent le maintien au sein de l’Ukraine avec une autonomie nettement renforcée ou le rattachement à la Russie.

Il a de plus annoncé que «toutes les entreprises nationales ukrainiennes seront nationalisées et deviendront propriété de la Crimée autonome».

Le vice-Premier ministre Temirgaliev a par la suite affirmé que «les seules forces armées légales sur le territoire de Crimée sont les forces armées russes» et que les armées d’un autre pays seront considérées comme «occupantes». «Les forces armées ukrainiennes doivent choisir entre déposer les armes, quitter leurs postes, accepter la citoyenneté russe et rejoindre l’armée russe. Si elles ne sont pas d’accord, nous sommes prêts à leur proposer un sauf conduit du territoire de Crimée jusqu’en Ukraine».

La majeure partie des habitants de la péninsule, qui a été rattachée dans les années 1950 à l’Ukraine, sont russophones.

Le Premier ministre canadien Stephen Harper a déclaré dans un communiqué que «l »invasion de l’Ukraine par la Russie est une agression, une violation claire de la souveraineté de l’Ukraine et du droit international. Le Canada ne reconnaîtra pas les résultats d’un référendum tenu dans une région qui est actuellement occupée illégalement par des forces militaires».

Dans le même temps, le Premier ministre russie Dmitri Medvedev, a annoncé jeudi vouloir faciliter l’octroi de la nationalité aux russophones ayant vécu en Russie ou dans un pays de l’ancienne Union soviétique. La procédure serait ainsi simplifier pour obtenir la nationalité.

Observateurs bloqués

En outre, les 40 observateurs de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), venus en Ukraine à la demande du nouveau pouvoir, ont été empêchés d’entrer en Crimée par des hommes armés, a indiqué une source diplomatique occidentale.

«Ils sont bloqués mais ils ne font pas demi-tour. Ils ont été empêchés d’entrer par deux groupes d’hommes armés, très professionnels», a ajouté cette source, précisant que les observateurs de l’OSCE sont arrêtés depuis 13h00, heure locale (06h00, Montréal), à un barrage sur la route d’accès à cette région du sud de l’Ukraine, contrôlée depuis le 28 février par des forces russes.

Un peu plus tard, l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) a annoncé que les observateurs ont été interdits d’entrée en Crimée.

Les 40 militaires non armés, issus de 21 pays membres de l’organisation (parmi eux, deux Canadiens), ont rebroussé chemin vers la ville de Kherson, où ils doivent décider de la suite de leur mission qui devait durer jusqu’au 12 mars.