Ukraine: Poutine, pas intimidé par les menaces de l’Ouest, persiste et signe

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Le Président russe Valdimir Poutine en conférence de presse mardi 4 mars à Moscou (Service ce presse/présidence russe)
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Le Président russe Valdimir Poutine en conférence de presse mardi 4 mars à Moscou (Service ce presse/présidence russe)
Le Président russe Vladimir Poutine en conférence de presse mardi 4 mars à Moscou (Service de presse/présidence russe)

Quelques heures après de nouvelles menaces de sanctions de Washington contre Moscou, le président russe Vladimir Poutine est sorti de son silence mardi dénoncer un «coup d’État» contre le «seul président légitime», Viktor Ianoukovitch, son appui à ses compatriotes russophones d’Ukraine et bien montrer qu’il n’était pas le moins du monde intimidé par les menaces de l’Ouest.
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Mise à jour au 05/03/2014 à 8h34

Les forces russes ont pris le contrôle partiel d’une deuxième base de lancement de missiles dans le sud de la Crimée et bloquent le bâtiment abritant les missiles, rapporte l’AFP, citant un responsable ukrainien.

Des soldats ont pénétré dans la base située à Fiolent, à proximité du port de Sébastopol qui abrite la flotte russe de la mer Noire, a précisé cet officiel, Volodymyr Bova. «Il y a des missiles mais ils sont désarmés», a-t-il précisé.

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Les États-Unis ont effet suspendu leur coopération militaire avec la Russie et menacé Moscou de mesures économiques et diplomatiques pour isoler la Russie.

Le Président russe, lors d’une rencontre avec les médias ce matin, a donc fait le point sur la situation en Ukraine.

Pour commencer, le Président russe a redit que ce qui s’était produit en Ukraine était à ses yeux ni plus ni moins qu’un «coup d’État».

«Tout d’abord, mon appréciation de ce qui est arrivé à Kiev et en Ukraine en général. Il ne peut y avoir qu’une évaluation: il s’agissait d’une prise de contrôle anti-constitutionnelle, une crise armée du pouvoir. Est-ce que quelqu’un remet cela en question? Personne ne le fait.»

«Je voudrais attirer votre attention sur le fait que le président Ianoukovitch, par l’intermédiaire des ministres des Affaires étrangères de trois pays européens – la Pologne, l’Allemagne et la France – et en présence de mon représentant ( le commissaire russe des droits de l’Homme Vladimir Loukine ) a signé un accord avec l’opposition le 21 Février», a poursuivi Valdimir Poutine

«Je tiens à souligner qu’en vertu de cet accord (je ne dis pas cela était bon ou mauvais, je souligne simplement le fait) M. Ianoukovitch a effectivement remis le pouvoir. Il a accepté de toutes les demandes de l’opposition: il a accepté des élections législatives anticipées, des élections présidentielles anticipées, et de revenir à la Constitution de 2004, comme demandé par l’opposition.»

«Il a donné une réponse positive à notre demande, à la demande des pays occidentaux et, tout d’abord, de l’opposition de ne plus recourir à la force», puis, de poursuivre le Président russe «Il est allé à Kharkov pour assister à un événement, et, dès qu’il a quitté, au lieu de libérer les bâtiments administratifs occupés, ils [les forces de l’opposition, ndlr] ont immédiatement occupé la résidence du président et le bâtiment du gouvernement» au lieu d’agir en conformité avec l’accord.

Pour Vladimir Poutine, c’est clair, les nouvelles autorités ukrainiennes sont illégitimes.

«Les autorités actuelles sont-elles légitimes?», demande le maître du Kremlin. «Le Parlement l’est partiellement, mais tous les autres ne sont pas. L’actuel président par intérim n’est certainement pas légitime. Il n’y a qu’un seul président légitime, du point de vue juridique. De toute évidence, il n’a pas de pouvoir. Cependant, comme je l’ai déjà dit, et je le répète: Ianoukovitch est sans le moindre doute le Président légitime».

Solidaire de ses compatriotes russophones d’Ukraine

Le Président russe Vladimir Poutine en conférence de presse mardi 4 mars à Moscou (Service de presse/présidence russe)

De plus, se référant manifestement à l’Est ukrainien russophone et russophile qui pourrait refuser de se soumettre aux nouvelles autorités qu’il considèrent illégitimes, le Président russe ajoute «Plus important encore, les gens devraient avoir le droit de déterminer leur propre avenir, celui de leurs familles et de leur région, et d’avoir une participation égale. Je tiens à souligner ceci: partout où une personne vit, n’importe quelle partie du pays, il ou elle devrait avoir le droit à une participation égale dans la détermination de l’avenir du pays».

Par contre, alors que les Ukrainiens et les Occidentaux craignaient une opération militaire de grande envergure en Ukraine, le chef de l’État russe a estimé que l’envoi de troupes russes n’était «pas nécessaire pour le moment».

Vladimir Poutine n’a toutefois pas entièrement écarté l’envoi de troupes en Ukraine. «Cette possibilité existe», a-t-il dit, précisant que la Russie se réservait le droit de recourir à «tous les moyens» pour protéger ses citoyens dans cette ancienne république soviétique, notamment en Crimée où la population est composée à 60% de citoyens russes.

Selon les puissances occidentales, le face-à-face se poursuit entre l’armée ukrainienne et des milliers de membres des forces russes qui les contiennent dans leurs casernes et depuis plusieurs jours, responsables militaires ukrainiens et russes se livreraient, s’il faut en croire les nouvelles autorités de Kiev et les pays qui les soutiennent à une guerre des nerfs à coups d’ultimatums sur un possible assaut des forces russes.

Sur le terrain, avantage Russie

Système de missiles sol-Air S-300-P (RN)

Mais, jusqu’à maintenant, les événements en Crimée semblent tourner nettement à l’avantage des forces pro-russes

«Nous avons toujours considéré l’Ukraine non seulement comme un voisin, mais aussi une république soeur, et nous continuerons de le faire. Nos forces armées sont des compagnons d’armes, des amis [des forces ukrainiennes. ndlr] et beaucoup se connaissent personnellement. Je suis certain, et j’insiste, je suis certain que l’armée russe et militaires ukrainiens et ne seront pas confrontés l’un à l’autre, ils seront du même côté dans le combat.»

Le commandant en chef de la marine ukrainienne, l’amiral Denis Berezovski, avait d’ailleurs annoncé dimanche mars qu’il prêtait allégeance aux autorités pro-russes de Crimée en conférence de presse à l’état-major de la flotte russe à Sébastopol, où le Premier ministre pro-russe de Crimée, Serguiï Axionov, présent lui aussi, a salué cet «événement historique»

Ironie du sort, l’amiral Berezovski avait été nommé vendredi à la tête de la marine ukrainienne par le président par intérim ukrainien pro-européen Olexandre Tourtchinov et, double ironie du sort, le successeur désigné par Kiev à l’amiral qui venait de faire défection a annoncé à son tour le lendemain qu’il ne donnerait pas l’ordre à ses navires de faire feu sur les forces pro-russes. Mieux défendu que ça, tu meurs…

Et, de fait, jusqu’à maintenant, les Russes ont réussi à s’emparer du contrôle opérationnel total de la Crimée sans un coup de feu, ce qui, en soi, n’est pas anodin.

»Il faut noter que, Dieu merci, pas un seul coup de feu a été tiré,il n’y a pas de victimes , sauf pour ceux écrasés par la foule, il y a environ une semaine», a noté le chef de l’État russe, «Des unités des forces armées [ukrainiennes] ont été encerclés, ils ont été convaincus de suivre les exigences et la volonté des personnes vivant dans cette région, […] sans un seul coup de fusil».

Environ 16.000 soldats, dont au moins 5.000 arrivés ces derniers jours, occupent la Crimée, région stratégique pour Moscou et pour sa flotte militaire et les forces russes cernent la plupart des sites stratégiques (navires de guerre, casernes, bâtiments de l’administration).

22.000 militaires ukrainiens et plusieurs dizaines de systèmes de missiles sol-air S-300 sont passés sous l’autorité du gouvernement de la république autonome de Crimée, a aussi annoncé mardi à Moscou le président russe Vladimir Poutine.

Et la façon dont les forces ukrainiennes en Crimée ne résistent pas semblent donner raison au Russes qui ne semblent pas le moins intimidés par les menaces venant de l’Ouest.

Les menaces venue de l’Ouest

Déclaration du président américain Barack Obama sur la situation en Ukraine le 28 février (AFP)

«Le message que nous faisons passer aux Russes est que, s’ils continuent sur leur trajectoire actuelle, nous examinerons un ensemble de mesures économiques et diplomatiques qui isoleront la Russie», a prévenu pour sa part Barack Obama.

Un responsable américain voyageant avec le secrétaire d’État John Kerry, arrivé à Kiev, a prévenu que des sanctions américaines contre la Russie interviendront «probablement dans la semaine».

Quant au Canada, le Premier ministre Harper a annoncé ce mardi qu’il suspendait toutes les relations militaires entre les Forces armées canadiennes et les Forces armées russes.

Mais les déclarations et les menaces de l’Occident ne semblent pas ébranler la détermination de Moscou.

«En ce qui concerne les sanctions», a déclaré le Président Poutine ce matin, «C’est surtout ceux qui ont l’intention de les appliquer qui doivent tenir compte de leurs conséquences. Je crois que dans le monde moderne, où tout est interconnecté et interdépendant, il est possible de causer des dommages dans un autre pays, mais ce sera un dommage mutuel et on devra garder cela à l’esprit».

Le chef de l’État russe a entrouvert une porte, affirmant qu’il y a quelques jours il a demandé «au gouvernement [russe, ndlr] d’envisager comment nous pouvons maintenir des contacts même avec ces pouvoirs à Kiev que nous ne considérons pas légitimes afin de conserver nos liens», avec l’Ukraine, mais a clairement fait savoir que les menaces de l’Occident ne l’impressionnaient pas outre-mesure.

«Comme pour le G8. Nous serons prêts à accueillir le sommet avec nos collègues, mais, s’ils ne veulent pas venir, ainsi soit-il!».

De son côté, en visite à Tunis, le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov a affirmé lui aussi que les menaces de sanctions ne changeront pas la position russe sur l’Ukraine.

Et à Moscou, un conseiller du président Vladimir Poutine a répliqué aux menaces de Washington en promettant l’apocalypse financier à Washington.«Les tentatives d’annoncer des sanctions contre la Russie mèneront au krach du système financier américain et à la fin de la domination des Etats-Unis dans le système financier mondial», a déclaré Sergueï Glaziev, coté par l’agence russe Ria Novosti.

En outre, Moscou a décidé de mettre fin au rabais sur le gaz vendu à l’Ukraine accordé en décembre dernier: «Étant donné que l’Ukraine ne remplit pas ses obligations, ne se conforme pas aux accords sur l’octroi d’un rabais signés comme avenant au contrat, Gazprom a décidé de ne pas prolonger la durée de ce rabais, et ce dès le mois prochain», a déclaré le patron du géant russe, Alexeï Miller.

Quant aux médias russes, il ne cessent de rappeler que la Crimée, région peuplée principalement de russophones, a été rattachée en 1954 à l’Ukraine qui faisait alors partie de l’Union soviétique et qu’il s’agissait alors d’une décision purement formelle, car le transfert de ce territoire était effectué à l’intérieur du même État. Après la chute de l’URSS en 1991, la Crimée est restée au sein de l’Ukraine, mais a reçu le statut de république autonome.

1 COMMENT

  1. la russie touyrnée vers les JO ne s'attendait pas aux évenements de l'ukraine. la crimée a apparteunu à la russie et il y a bcp de russes là bas, je pense que la russie fait ce que la france,usa,GB auraient probablement fait ils le font toujours en pensant avoir raison et si c'est la russie ça dérange. la russie encerclée par l'otant ça n'a l'air de déranger un américain,un français ou un anglais mais si la russie instllait des armes près de ces pays on comprendrait alors que la russie ait eu raison elle s'est tue car les population soi-disant démocrate l'ont souhaité(pologne qui appelle l'otan sans arrêt) et au non de leur démocratie de faire ce qu'elle veut elle choisit en même temps de provoquer la russie et les usa installe des armes autour de la russie des argument ne manquent pas .donc la russie n'est pas l'ennemie de l'europen mais l'europe trahie la russie ça n'est même pas des échanger qui sont l'objectif tous les occidentaux voient que la russie est encerclée mais ils ne dénoncent pas ça en fait à par la chine la russie est entourée d'ennemie vous voyez que ça n'a rien de démocratie qui manquerait en russie,la russie a le droit de protéger ses frontières. mais imaginez la russie venir en afrique et y provoquer des guerre et armer par exemple une partie anti-occident au sud soudan, en centre-afrique ça va certainement effrayer les français,la russie n'y a pas d'intérêt pour le momengt elle pourrait le faire là alors les françaisn comprendrait que la russie a raison comme elle a raison d'intervenir en acfrique

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