Arabie saoudite: départ du chef des renseignements

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Les Amis de la Syrie appellent le président Assad à quitter le pouvoir (Photo: Archives/Ansamed)
Les Amis de la Syrie appellent le président Assad à quitter le pouvoir (Archives/Ansamed)

Mardi soir, le journal saoudien Al-Riyadh titrait en gros «Sur ordre royal, démission de Bandar ben Sultan». Ce dernier était à la tête des services de renseignements de l’Arabie saoudite depuis un peu moins de deux ans et était en charge de dossiers relativement majeurs, comme celui de la Syrie, pour n’en citer qu’un.

Bandar ben Sultan est un membre de la famille royale saoudienne et fut ambassadeur aux États-Unis de 1983 à 2005, avant de devenir responsable des services de renseignement.

Cette démission survient alors que le conflit syrien est à son plus mal et que les combats se poursuivent de manière incessante. En effet, tout dernièrement, suite à de nombreux succès militaires,  Bachar al-Assad,  président de la République arabe syrienne, témoignait que le conflit serait «en train de tourner militairement en sa faveur».

Il s’agit là, d’un échec cuisant dans l’appui de l’état saoudien au près des rebelles syriens, ceux-ci étant largement financés par le pays sunnite en question. Il était donc temps, aux dires de plusieurs, de confier le dossier à un autre responsable, chose faite depuis février, le cas ayant été transféré au ministre de l’Intérieur, le prince Mohamed Ben Nayef Ben Abdel Aziz.

Au cours des dernières années, l’opinion de la communauté internationale, aux regards de la question syrienne, fut quelque peu mitigée envers la position saoudienne, de par le fait que l’Arabie aurait démontré un appui indéfectible aux rebelles et prônerait l’armement immédiat de la révolte populaire.

De plus, la gestion de la politique étrangère de l’ancien chef aux renseignements fut vivement critiquée par les États-Unis, selon des sources diplomatiques, celle-ci jugée trop hasardeuse. Ce à quoi le prince rétorquait, empli de reproches, que Washington n’était pas intervenu militairement en Syrie et n’avait fait signe d’aucune pression diplomatique pour empêcher l’envoie d’armements sophistiqués, comme des armes anti-aériennes et anti-char, toujours selon les mêmes sources.

L’Arabie Saoudite a grand espoir en la personne du nouveau chef des renseignements. Le futur du démissionnaire demeure, lui, incertain.

Étudiant en Histoire et Civilisation à Bois-de-Boulogne, Simon Tardif-Loiselle est passionné par tout se qui se déroule sur la scène internationale. Il fait ses premiers pas en journalisme chez 45eNord.ca.

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