Attaque contre un convoi humanitaire en Centrafrique

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Des résidents musulmans de Kaga Bandoro, en République centrafricaine, fuient vers le Tchad, escortés par des miliciens Séléka (Archives/Emmanuelle Schneider/ONU)
Des résidents musulmans de Kaga Bandoro, en République centrafricaine, fuient vers le Tchad, escortés par des miliciens Séléka (Archives/Emmanuelle Schneider/ONU)

Un convoi de 18 camions transportant 1300 réfugiés, fuyant le quartier PK12 dans la capitale Bangui, a été victime d’une attaque à la grenade lundi dernier. L’attaque qui a eu lieu à Dissikou a fait deux morts et six blessés.

Le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) a déclaré mardi  : « Le HCR condamne l’attaque et présente ses condoléances aux familles des victimes. L’organisation souligne la nécessité d’assurer la protection physique des communautés déplacées qui sont menacées», via une porte-parole du HCR, Fatoumata Lejeune-Kaba.

Le fond des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) s’est dit scandalisée par l’attaque mardi contre un centre de santé de Boguila qui a causé la mort de 22 civils  : « L’attaque contre le personnel de MSF est une attaque contre tous les travailleurs humanitaires».

Le convoi a poursuivi sa route jusqu’à Kaga Bandoro, où les blessés ont pu recevoir une assistance médicale. Ils ont ensuite continué leur voyage de 3 jours vers Kabo et Moyen Sido, dans le nord du pays. Le point de presse quotidien du secrétaire général de l’ONU daté du 29 avril stipule également que trois bébés sont nés dans le convoi jusqu’ici pendant le déplacement.

Il s’agit de la deuxième opération de transfert du quartier PK12, la première ayant eu lieu le 20 avril dernier et était constituée de 93 personnes, dont 35 enfants.

Contexte de guerre civile

Il y a actuellement plus de 600 000 personnes déplacées en République centrafricaine, comprenant 15 000 musulmans dont la vie est menacée. Ils sont encerclés et menacés par des miliciens anti-balaka dans 15 localités à travers le pays.

Le conflit oppose les milices de la Seleka, à majorité musulmane et fidèle au nouveau président Djotodia, à des groupes d’autodéfense chrétiens. Ces derniers sont soutenus par d’anciens militaires, fidèles à l’ancien président François Bozizé. Les civils sont la principale cible dans ce conflit, qu’ils soient musulmans ou chrétiens. Un grand nombre d’entre eux ont fui dans la brousse et dans les pays voisins.

Passionné de politique, d'actualité et d'histoire depuis l'adolescence, Simon Bossé-Pelletier s'intéresse particulièrement aux relations internationales, à l'histoire militaire et au travail journalistique en situation de conflit.

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