Centrafrique: trois humanitaires de MSF tués dans l’attaque d’un hôpital à Boguila

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Blessé sur son lit d'hôpital à Bangui, le 30 mars 2014 (Archives/Pacome Pabamdji/AFP)
Blessé sur son lit d’hôpital à Bangui, le 30 mars 2014 (Archives/Pacome Pabamdji/AFP)

En Centrafrique, 22 personnes, dont trois humanitaires de Médecins sans frontières (MSF), ont été tuées par d’ex-rebelles que l’on croit être de la Séléka dans l’attaque d’un hôpital de Boguila du nord-ouest du pays où les forces internationales ne contrôlent que les principales villes.

«Des hommes armés assimilés aux ex-Séléka et aux Peuls ont attaqué samedi en fin d’après-midi un hôpital soutenu par MSF dans la région de Nanga Boguila (à 450 km au nord de Bangui), tuant au moins 22 personnes, parmi lesquelles trois centrafricains employés de MSF et faisant près d’une dizaines de blessés», a déclaré ce lundi un officier de la force africaine MISCA dont les propos sont rapportés par l’Agence France-Presse.

Selon l’officier de la MISCA cité par l’agence française, «l’attaque a eu lieu alors que se tenait une réunion regroupant des représentants locaux et les employés de MSF […] Les assaillants ont d’abord ouvert le feu sur un groupe de personnes fauchant quatre d’entre elles. Puis ils se sont dirigés vers l’hôpital où ils ont tué 15 autres personnes et trois membres du personnel de MSF.»

«Ils ont emporté des ordinateurs et de nombreux autres biens, fracassant des portes des locaux probablement en quête d’argent», a-t-il ajouté.

De son côté MSF, a confirmé la mort des trois humanitaires mais ne souhaite pas en dire davantage pour le moment.

Depuis 2006, peut-on lire sur le site de MSF, l’organisation gère l’hôpital de Boguila: «D’une capacité de 115 lits, cet hôpital délivre des soins de santé primaires et secondaires pour la population de la région qui est estimée à 45 000 habitants. Les équipes de MSF soutiennent également 10 postes de santé autour de Boguila qui prodiguent des soins de santé primaires, principalement pour le paludisme et l’orientation des cas graves vers l’hôpital de Boguila. Chaque mois, les équipes MSF effectuent entre 9 000 et 13 000 consultations générales et entre 5 000 et 10 000 personnes sont traitées contre le paludisme».

En déroute, l’ex-rébellion Séléka, a été au pouvoir entre mars 2013 et janvier 2014. Depuis le départ forcé de son chef, l’ancien président Michel Djotodia, ses combattants écument plusieurs régions de la Centrafrique, notamment le nord, que la force internationale peine à pacifier.

Depuis le coup d’État en mars 2013, Boguila est une zone particulièrement instable avec une augmentation régulière des tensions et de la violence estimait ce mois-ci Médecins sans frontières.

En août 2013, une vague de violence avait déjà provoqué un déplacement massif de population dans la région, en décembre 2013, les Musulmans fuyant les violences à Nana Bakassa avaient cherché refuge dans des familles d’accueil à Boguila avant de continuer leur route plus au nord. Et, plus récemment, vendredi 11 avril, des combats ont éclaté entre les forces armées internationales et des groupes armés locaux après le passage d’un convoi escorté par la MISCA transitant par la ville de Boguila dans le nord de la République centrafricaine.

Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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