Coiffures «ethniques» interdites aux femmes noires dans l’Armée américaine

Discrimination capillaire: coiffures «ethniques» interdites (US Army)
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Discrimination capillaire: coiffures «ethniques» interdites (US Army)
Discrimination capillaire: coiffures «ethniques» interdites (US Army)

Discrimination capillaire dans l’Armée américaine: son nouveau règlement sur l’apparence et la tenue, qui viserait injustement les coiffures des femmes noires, s’est attiré de vives critiques de la part des Afro-Américaines et une pétition sur le site de la Maison-Blanche demandant son abrogation a recueilli des milliers de signatures.

Le Règlement 670-1 de l’Armée américaine sur les uniformes et la tenue des soldats (US Army)

Les modifications au Règlement 670-1 de l’Armée a été publié lundi, avec les règles sur les tatouages, les coiffures et les uniformes des soldats des deux sexes.

Un des nouveaux règlements, qui s’applique seulement aux femmes, est l’interdiction des dreadlocks, des tresses et nattes à l’africaine et autres coiffures en vogue chez les Afro-Américaines aux États-Unis.

Les femmes qui portent ces coiffures interdites devront les changer ou… les couvrir avec des perruques qui peuvent, évidemment, endommager les cheveux.

Jasmine Jacobs, sergent de la Garde nationale de la Géorgie, a lancé le 20 mars une pétition sur le site de la Maison Blanche appelant l’armée à reconsidérer ses changements et à «autoriser des coiffures ethniques professionnelles.

La pétition, qui a besoin de 100.000 signatures pour se mériter une réponse de la Maison Blanche en avait recueilli 12.481 au moment d’écrire ces lignes.

Plus de 30 % des femmes qui servent dans l’armée sont d’une race autre que blanche. En 2011, 36 % des femmes aux États-Unis ont déclaré que leurs cheveux sont «naturels» et qu’elles s’abstiennent de traiter chimiquement les cheveux .

Ces femmes avec cheveux naturels prennent soin de coiffer leurs cheveux d’une manière «professionnelle» lorsque cela est nécessaire, mais, les récents changements aux règlements leur offrent peu ou pas de possibilités.

«Dans ces nouveaux règlements, les préjugés raciaux et le manque de considération pour les coiffures ethniques sont manifestes . Cette politique doit être revue avant la publication pour permettre [aux militaires afro-américaines. NDLR] d’avoir une coiffure soignée et bien entretenue, mais naturelle», dit la pétition.

Pour sa part, un porte-parole du Pentagone, cité dans les médias américains, le lieutenant-colonel S. Justin Platt , a déclaré: «L’exigence des normes de toilettage de cheveux est nécessaire pour maintenir l’uniformité dans une population militaire . Beaucoup de coiffures sont acceptables , tant qu’elles sont propres et conservatrices. Par ailleurs, les coiffures devraient s’adapter parfaitement et confortablement , sans renflement ou déformation de la forme souhaitée du casque».

«Malheureusement», d’ajouter le lieutenant-colonel, quelques coiffures ne répondent pas à cette norme».

Quant à elle, Jasmine Jacobs, cité dans l’Army Times, fait valoir que ces coiffures vis.es par le règlement sont populaires chez les femmes soldats noires parce qu’elles sont « faciles à entretenir sur le terrain», ajoutant «J’ai été dans l’armée six ans, j’ai des cheveux naturels depuis quatre ans, et ils n’ont jamais interféré avec mon casque».

Une autre militaire afro-américaine Shanay Jeffries écrit «J’ai l’impression que je subis des pressions pour avoir un aspect -blanc- . Je pensais que l’armée était pour la diversité».

Un femme-vétéran de l’armée, qui déclare de son côté sous le couvert de l’anonymat que la plupart des femmes noires dans l’armée portent leurs cheveux naturels et qu’elles n’ont souvent pas les outils nécessaires de lisser leurs cheveux quand elles sont déployées, conclut que, sur un théâtre d’opération comme l’Irak, où elle a servi, l’accomplissement de la mission devrait être plus important que ces histoires de coiffures.

Risquerait-on de passer à «un cheveu» de troubler la paix raciale…?