Crise ukrainienne: victoire de la diplomatie, un accord-cadre adopté à Genève

0
Le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov et son homologue américain John Kerry à Rome le 6 mars 2014 (Kevin Lamarque/AFP)
Le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov et son homologue américain John Kerry à Rome le 6 mars 2014 (Archives/Kevin Lamarque/AFP)

Le ministre russe des Affaires Étrangères Sergueï Lavrov et le Secrétaire d’État américain John Kerry ont tenu des conférences de presse séparées à la fin des pourparlers entre la Russie,l’Ukraine, l’Union européenne et les États-Unis à Genève sur la crise ukrainienne pour annoncer l’adoption d’un accord-cadre.
—-
Mise à jour au 17/04/2014 à 17h27

Le président des États-Unis Barack Obama a dit jeudi n’avoir aucune certitude que l’accord conclu sur l’Ukraine à Genève permette une désescalade sur le terrain et prévenu que d’autres sanctions américaines et européennes à l’encontre de Moscou seraient prises en cas d’impasse.

«Il faudra encore plusieurs jours pour voir si les déclarations se concrétisent». Avec les Européens, «nous avons préparé des mesures supplémentaires que nous pouvons imposer contre les Russes si nous ne voyons pas d’amélioration réelle de la situation», a-t-il prévenu.

—-

Américains et Européens avaient prévenu que, faute de solution diplomatique à Genève, ils se préparaient à durcir leurs sanctions contre la Russie. L’accord-cadre pourrait maintenant suspendre l’adoption des sanctions économiques que l’Occident se préparait à imposer à la Russie .

«Nous avons adopté un document intitulé la Déclaration de Genève. Nous avons convenu de la nécessité d’ adopter des mesures pour une désescalade et pour préserver la sécurité de tous les Ukrainiens . Nous devons nous abstenir d’actions et d’intimidations provocatrices et nous avons condamné tout acte d’extrémisme , de haine ou d’intolérance religieuse », a dit le ministre russe des Affaires étrangères en conférence de presse.

Parmi les mesures adoptées, toutes les forces irrégulières doivent déposer leurs armes et les bâtiments saisis doivent être remis à leurs propriétaires légitimes.

Toutes les rues occupées , ainsi que les places et espaces publics dans les villes d’Ukraine doivent être libérés.

Il doit y avoir une amnistie pour tous les manifestants , sauf ceux qui ont commis des crimes graves.

Pour assurer la mise en œuvre de toutes ces mesures , il y aura une commission de suivi de l’OSCE, l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe, qui sera déployée en Ukraine avec pour mandat de désamorcer la crise.

La mission de l’OSCE sera d’aider les Ukrainiens eux-mêmes , les autorités et les communautés locales dans les régions ukrainiennes à mettre en œuvre ces mesures de désescalade.

«Nous avons également lancé un appel pour un dialogue national inclusif sur le processus de réforme constitutionnel qui doit être inclusif , transparent et responsable, des caractéristiques qui ont été absentes jusqu’ici», a déclaré le chef de la diplomatie du Kremlin.

Ce processus devrait impliquer toutes les régions de l’Ukraine , toutes les forces politiques et devrait examiner tous les amendements de la constitution en cours de rédaction.

Les tractations à Genève avaient commencé aujourd’hui entre la Russie, les États-Unis, l’Union européenne et l’Ukraine pour tenter de dénouer la pire crise Est-Ouest depuis la Guerre froide.

La rencontre diplomatique s’est tenu dans un grand hôtel entre les ministres des Affaires étrangères ukrainien et russe, Andrïï Dechtchitsa et Sergueï Lavrov, le secrétaire d’État américain John Kerry et la chef de la diplomatie de l’Union européenne Catherine Ashton.

Des diplomates américains, rapportaient les agences occidentales, avaient confié qu’ils escomptaient un «vrai dialogue» entre Moscou et Kiev et une «désescalade» des tensions dans l’Est de l’Ukraine.

L’Union européenne quant à elle a accepté de mener des discussions avec la Russie sur la sécurité des approvisionnements en gaz, après les menaces russes à ce sujet, selon le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso.

Sergueï Lavrov a aussi déclaré la crise doit être réglée par les Ukrainiens eux-mêmes et il doit y avoir des réformes constitutionnelles à long terme .

Le Secrétaire d’État américain, John Kerry, a déclaré pour sa part que l’ ampleur de la crise avait été mis en évidence ces derniers jours par le «grotesque» envoi d’avis aux Juifs d’Ukraine orientale , exigeant qu’ils s’identifient comme Juifs .


Accord à Genève (Vidéo: Russian TV)

Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

Les commentaires sont fermés.