Dépenses militaire dans le monde: légère baisse sur papier, légère hausse dans les faits

11
Le contingent africain au défilé du 14 juillet était suivi d'un détachement des unités françaises qui ont constitué le fer de lance de l'opération Serval (Photo: Présidence de la République)
Le contingent africain au défilé du 14 juillet était suivi d’un détachement des unités françaises qui ont constitué le fer de lance de l’opération Serval. (Archives/Présidence de la République française)

Selon le plus récent rapport du Sipri (Stockholm International Peace Research Institute), les dépenses militaires ont reculé, à l’échelle mondiale, de 1,9% en terme réel en 2013, se situant à 1.750 milliards $.

Les dépenses militaires mondiales à travers le temps. (Sipri)
Les dépenses militaires mondiales à travers le temps. (Sipri)

Cela s’explique par une diminution des dépenses en Occident, les États-Unis en tête avec une diminution de 7,8%. Cette baisse est due en grande partie au retrait des troupes d’Irak et du début du retrait d’Afghanistan. Le rapport mentionne également les effets des coupes budgétaires automatiques du Congrès en 2011.

Cependant, si l’on exclut les États-Unis, les dépenses militaires dans le monde ont augmenté de 1,8%. La Chine, la Russie et l’Arabie Saoudite ont été les plus grands dépensiers en 2013 et figurent parmi les 23 États ayant doublé leurs dépenses militaires depuis 2004. La Turquie ainsi que la Corée du Sud ont vu leurs positions augmenter de deux places au classement.

L’augmentation des dépenses militaires dans les pays émergents et en développement se poursuit sans relâche», selon le Dr Sam Perlo-Freeman, directeur du programme Dépenses militaires du Sipri. «Si dans certains cas elle est la conséquence naturelle de la croissance économique ou une réponse à de réels besoins de sécurité ; dans d’autres cas elle représente un gaspillage des recettes provenant des ressources naturelles, la domination de régimes autocratiques ou l’émergence de courses aux armements au niveau régional.»

Top 15 des pays dépensant le plus en matière de défense. (Sipri)

Europe

Les effets de la crise économique en Europe de l’Ouest continuent de se faire sentir. En effet, avec l’adoption des divers plans d’austérité, beaucoup de pays d’Europe occidentale ou centrale ont également vu leurs budgets diminuer de 10%, notamment l’Autriche, l’Espagne et les Pays-Bas. Seule l’Allemagne a vu son budget augmenter de 2% depuis la crise de 2008.

Amérique latine

L’Amérique latine a vu ses budgets militaires augmenter légèrement en 2013. Cependant, un net ralentissement des dépenses s’explique par la forte influence du Brésil qui a statué son augmentation en 2013 à 3,9% plutôt que les habituels 7% d’augmentation entre 2003 et 2010. C’est en Amérique centrale que le budget militaire augmente le plus rapidement avec le Honduras (22%), le Nicaragua (18%) et le Guatemala (11%).

Afrique

L’Algérie demeure au premier rang du palmarès avec 10 milliards de dépenses militaires. Cela s’explique par la volonté du gouvernement de devenir une puissance régionale et de combattre les groupes terroristes qui déstabilisent la région. L’augmentation la plus spectaculaire revient à l’Angola avec une hausse de 36% pour atteindre 6,1 milliards. Son budget dépasse désormais celui de l’Afrique du sud (4,1 milliards).

Asie et Océanie

Les dépenses militaires en Asie et Océanie ont augmenté quant à elles de 3,6%, soutenu principalement par l’augmentation de 7,4% de la Chine. Les récents litiges territoriaux avec la Chine ont contribué aux hausses des dépenses militaires aux Philippines et au Vietnam. À propos du Japon le Dr Perlo-Freeman affirme: «les inquiétudes face à la montée en puissance militaire de la Chine, combinées aux politiques nationalistes du gouvernement nippon, ont conduit le Japon à mettre fin à la longue baisse graduelle de ses dépenses militaires».

Moyen-Orient

L’Arabie Saoudite a fait le bond le plus spectaculaire au classement mondial en passant de la 7e à la 4e place et possède désormais un budget de 67 milliards $ (avec une augmentation de 14%). Elle se situe maintenant devant la France et le Royaume Uni. Cela s’explique par les tensions grandissantes avec l’Iran, mais également pour s’assurer d’avoir des forces de sécurités loyales en cas d’éventuelles révoltes du type «Printemps arabe». Notons les augmentations de 27% en Irak qui est en pleine restructuration de son armée et de 26% au Bahreïn au prise avec une opposition forte qui déstabilise le régime.

Passionné de politique, d'actualité et d'histoire depuis l'adolescence, Simon Bossé-Pelletier s'intéresse particulièrement aux relations internationales, à l'histoire militaire et au travail journalistique en situation de conflit.

Commentaires