Égypte: des partisans de Morsi condamnés à des peines allant jusqu’à 88 ans de réclusion

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Des proches des partisans pro-Morsi jugés à Minya, pleurent devant le tribunal, le 25 mars 2014 (AFP)
Des proches des partisans pro-Morsi jugés à Minya, pleurent devant le tribunal, le 25 mars 2014 (AFP)

Un tribunal égyptien de Minya (sud) a condamné ce 16 avril samedi treize partisans du président islamiste déchu Mohamed Morsi pour des heurts en marge de manifestations l’été dernier à des peines allant de 5 à 88 ans de prison rapporte l’AFP.

Ils étaient accusés d’émeutes, sabotage et troubles à l’ordre public dans les villes de Samalout et Minya, à 250 km au sud du Caire, lors de manifestations. Celles-ci avaient été déclenchées par la dispersion sanglante de rassemblements islamistes ayant fait des centaines de morts le 14 août 2013 au Caire.

Les accusés ont encore la possibilité de faire appel de ces décisions.

Le 24 mars, 529 partisans de Mohamed Morsi avaient été condamnés à mort, au deuxième jour de leur procès pour meurtre et tentative de meurtre de policiers dans des violences l’été dernier à Minya, malgré un tollé international.

Lundi 28 avril, le même tribunal doit se prononcer dans le procès de 700 autres partisans du président destitué.

Tous ces pro-Morsi, parmi lesquels Mohammed Badie, le guide suprême des Frères musulmans, la confrérie vieille de 85 ans qui avait remporté toutes les élections depuis la chute du président Hosni Moubarak début 2011, sont jugés pour des violences survenues le 14 août dans le gouvernorat de Minya, au sud du Caire.

Le 14 août, lors de la journée la plus sanglante de l’histoire récente de l’Egypte, policiers et soldats avaient lancé l’assaut sur deux rassemblements pro-Morsi au Caire, faisant des centaines de morts. Des faits qui ont embrasé le pays déjà secoué par des violences quotidiennes depuis la destitution par l’armée le 3 juillet du président islamiste.

Depuis cette date, plus de 1.400 partisans de M. Morsi ont été tués dans une répression qui s’est désormais élargie à l’opposition laïque au nouveau pouvoir dirigé de facto par l’armée, selon Amnesty International.

Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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