En cas d’attaque par missile balistique, le Canada est vulnérable

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À bord de l'USS VINCENNES (CG-49) des membres d'équipage surveillent les radars (Archives/Tim Masterson/US Navy)
À bord de l’USS VINCENNES (CG-49) des membres d’équipage surveillent les radars. (Archives/Tim Masterson/US Navy)

Si un «État voyou» devait attaquer le Canada avec des missiles balistiques, le pays serait vulnérable! C’est ce qui est ressorti de la séance du comité de la défense du Sénat de ce lundi 28.

Témoignant devant les sénateurs, le major-général Michael Day, chef du développement des forces, a rappelé qu’il n’y a pas d’accord-cadre juridique entre le Canada et les États-Unis en ce qui concerne la défense antimissiles.

Le 24 février 2005, le premier ministre Paul Martin annonçait que le Canada ne participera pas au projet de développement d’un bouclier antimissile si cher au président américain d’alors, George W. Bush, et si son voisin du sud est désormais protégé par tout un système de détection et interception, le Canada ne l’est pas.

Le major-général Michael Day a été auditionné par les membres du comité sénatorial de la Défense, le mardi 28 avril 2014. (Nicolas Laffont/45eNord.ca)

Répondant à une question du sénateur Roméo Dallaire sur une potentielle attaque de l’Iran ou de la Corée du Nord par le biais de missiles balistiques, le major-général Day a dit que «rien dans l’arsenal canadien ne permettrait actuellement d’empêcher une attaque». «Nous ne faisons pas parti du bouclier antimissiles américain. Si une bombe est largué depuis un avion, c’est le NORAD [États-Unis et Canada] qui intervient. Dans le cas de missiles balistiques, c’est le NORTHCOM [États-Unis seulement]».

Les sénateurs du comité de la défense ont demandé aux experts invités si les États-unis pouvaient intercepter un missile en direction du Canada, et sans accord juridique, «aucune obligation» d’intervenir pour eux, malgré l’article 5 de l’OTAN stipulant qu’une attaque contre un pays membre de l’OTAN est une attaque contre tous.

Pour Micheala Dodge, analyste des politiques en matière de défense et d’enjeux stratégiques à The Heritage Foundation, le Canada aurait tout intérêt à «entreprendre des discussions sur la participation du pays au programme de défense antimissile à longue portée des États-Unis».

Le Canada étant l’un des partenaires clés et principal des États-Unis est déjà perçu par les «États-voyous» comme un de ses «grand partisan» et devient donc une cible de choix.

Selon Richard Weitz, directeur du Centre d’analyse politico-militaire de l’Institut Hudson, une des facons les plus économiques et pratiques de prendre part à cette défense balistique nord-américaine serait de permettre l’installation de radars dans le nord du pays. «Les Américains prévoient en installer de toute facon d’ici les prochaines années, alors si on veut avoir un petit pouvoir décisionnaire sur ce qu’il se fait, le Canada devrait installer ces radars et augmenter la capacité du système [de défense]».

Une autre façon serait d’installer le système de combat AEGIS à bord de navires afin de pouvoir détecter à plus de 300 kilomètres de distance les missiles et de les intercepter à temps.

Comme l’a rappelé le président de l’Agence spatiale canadienne et ancien chef d’état-major de la Défense, le général à la retraite Walter Natynczyk, ce n’est «pas le mandat de l’ASC de s’occuper de défense antimissiles, l’ASC étant civile et avec un rôle pacifique». «Il n’y a que quand je suis devant ce comité que j’entend parler de missiles balistiques», a dit le général à la blague.

C’est pour quoi, le programme spatial des Forces armées canadiennes prendra plus d’importance au cours des années à venir. Pour Mike Day, il est clair que ce programme a la priorité du haut commandement et reste «protégé»… tout comme celui du cyberespace.

Une question d’espace donc!

Fondateur de 45eNord.ca, Nicolas est passionné par la «chose militaire». Il suit les Forces armées canadiennes lors d'exercices ou d'opérations, au plus près de l'action. #OpNANOOK #OpATTENTION #OpHAMLET #OpREASSURANCE #OpUNIFIER #OpIMPACT #OpLENTUS

Discussion2 commentaires

  1. mais je crois que ,,,les americains aime trops nos richesses , pour ne pas reagir