Entre le Canada et la Russie, c’est la guerre…des mots

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De passage à Montréal, le ministre des Affaires étrangères John Baird a annoncé de nouvelles mesures pour faire plier le président russe Poutine. (Nicolas Laffont/45eNord.ca)
De passage à Montréal, le ministre des Affaires étrangères John Baird a annoncé de nouvelles mesures pour faire plier le président russe Poutine. (Nicolas Laffont/45eNord.ca)

Le Kremlin a perdu contact avec la réalité en accusant les pays occidentaux de manigancer pour prendre le contrôle de l’Ukraine, a affirmé vendredi le ministre canadien des Affaires étrangères, John Baird.

Il répondait ainsi à des commentaires faits quelques heures plus tôt par son homologue russe, Sergueï Lavrov, qui a accusé les pays occidentaux de vouloir prendre le contrôle de l’Ukraine pour promouvoir leurs propres ambitions politiques.

M. Baird a donc poursuivi la guerre de mots avec la Russie lors de sa visite en Lettonie, dernière étape de sa tournée de plusieurs pays d’Europe de l’Est qui l’a mené en République tchèque, en Slovaquie, en Pologne, en Lettonie et en Estonie pour s’entretenir avec des homologues clés de la situation actuelle en Ukraine.

Il s’agissait de la troisième visite du ministre dans la région ces derniers mois, depuis le début de la crise en Ukraine et sa tournée visait à exprimer la solidarité du Canada avec certains voisins inquiets de la Russie, qui sont aussi ses partenaires de l’OTAN.

Le Canada, qui compte 1,2 millions de citoyens d’origine ukrainienne et qui ambitionne en outre pouvoir vendre son gaz naturel à l’Europe en remplacement du gaz russe dès qu’il aura les installations nécessaire pour le liquéfier, a donné son appui inconditionnel aux nouveau pouvoir à Kiev et ne perd jamais une occasion de pourfendre les Russes.

Le ministre des Affaires étrangères canadien a aussi a déclaré que la Russie ferait face à de nouvelles sanctions qui l’isoleront davantage si elle ne met pas fin à «ses gestes de provocation dans l’est de l’Ukraine», où, selon le ministre des hommes armés pro-russes exercent leur autorité après l’annexion par la Russie de la péninsule ukrainienne de Crimée, le mois dernier.

La mission canadienne d’observation des élections: «pléthorique»

Et, parlant de contact avec la réalité, la pertinence de l’envoi par le Canada d’une mission canadienne d’observation des élections ukrainiennes de mai de quelque 500 observateurs commencent à faire des vagues.

Signe de l’importance que le Canada accorde aux élections présidentielles du 25 mai, le Premier ministre canadien Stephen Harper a annoncé mercredi un soutien destiné à trois nouvelles initiatives d’un coût total de 10,8 millions $ «qui favoriseront la démocratie dans ce pays» et qui permettront à un maximum de 500 observateurs de surveiller les élections.

Selon les informations disponibles, le Canada est le seul pays à dépêcher une mission d’observation électorale bilatérale en Ukraine, une pratique qui remonte à 2004, et John Baird s’est félicité d’une contribution canadienne plus importante que celle d’autres pays.

M. Baird s’est félicité d’une contribution canadienne plus importante que celle d’autres pays et, lors d’un entretien téléphonique avec M. Harper, jeudi, le premier ministre ukrainien, Arseni Iatseniouk, a manifesté sa reconnaissance pour le soutien du Canada, citant particulièrement l’annonce de l’envoi d’environ 500 observateurs.

Et il y a de quoi: la mission d’observation des élections de l’OSCE, qui sera dirigée par l’ex vice-présidente de la Commission italienne Tana de Zulueta, et à laquelle doivent participer une douzaine de pays, ne devrait compter que 100 observateurs à long-terme et 900 à court terme.

Avec jusqu’à 500 observateurs, le Canada, puissance moyenne, se trouvera donc à fournir au moins la moitié de toute la mission.

En outre, ce matin, sept observateurs militaires en mission d’observation dans l’Est ukrainien ont ont été capturés et sont retenus par les séparatistes à Slaviansk, bastion des insurgés pro-russes dans l’Est de l’Ukraine.

Depuis 2004, le Canada a dépêché des centaines d’observateurs électoraux lors de cinq élections successives en Ukraine, mais jamais la situation n’a été aussi tendue que maintenant.

L’élection du 25 mai en Ukraine se tiendra dans un climat de crainte d’une invasion russe, après l’annexion de la péninsule de Crimée par Moscou, le mois dernier, et de violents affrontements avec des hommes armés prorusses dans plusieurs de villes de l’est du pays.

Mercredi, en réponse à une question de 45eNord.ca, lors de la téléconférence pour annoncer l’envoi de cette mission, le ministre Jason Kenney a affirmé que les observateurs canadiens iront là où on les dépêchera, mais que des mesures seront prises pour assurer leur sécurité dans les circonstances.

Quoi qu’il en soit, à un mois du scrutin, sa tenue semble pour le moins  périlleuse et les pro-russes, devant le refus du gouvernement d’Ukraine d’envisager la fédéralisation du pays, comptent de leur côté organiser un référendum le 11 mai pour couper les ponts avec Kiev et rejoindre la Russie comme l’ont fait les habitants de Crimée avant eux.

Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

DiscussionUn commentaire

  1. Quel clown ce ministre Baird,il ce croit en position de force face a la Russie,mais la vraie vérité ces que ce clown mais toute notre pays en danger,pauvre con.je crois que les con Concervateur nous mene droit a la 3 iemme guerre mondial.la vérité ces que ces pas le peuple canadien qui parle a son nom mais un parti completement déconnecté de la réalité qui dit que le canada parle d'une voix.completement faux