Fin des primes de danger aux soldats basés à Kaboul?

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Le major Domique Pilon observe des soldats afghans effectuer du "house clearing" (ratissage de pièce) (Photo: Nicolas Laffont/45eNord.ca)
Les soldats canadiens qui restent en Afghanistan peuvent s’asseoir sur leur lauriers. (Archives/Nicolas Laffont/45eNord.ca)

Plusieurs soldats canadiens basés à Kaboul ont reçu l’information à l’effet qu’ils ne recevront pas leurs primes de risques, appelées Indemnité de risque (IR) dans le jargon bureaucratique.

Au moins 16 soldats en mission spéciale pour les six prochains mois, dans le cadre de l’Opération ADDENDA, consistant à assurer la sécurité de l’ambassade de Kaboul et de ses employés, ne toucheront pas leurs indemnités.

Il s’agit du comité ministériel sur les conditions difficiles et les risques qui révise tous les six mois le niveau d’IR selon une échelle de 0 à 4, influençant ainsi les primes aux soldats. Le comité se réunira ce mercredi afin de réviser le niveau de risque à Kaboul. Le ministre de la défense Rob Nicholson a le pouvoir de modifier les décisions de ce comité, mais ses proches collaborateurs croient qu’il attendra les recommandations, ce qui pourrait prendre une semaine supplémentaire.

Ce même comité avait décidé l’an passé de réduire l’indemnité aux 930 soldats en entraînement en Afghanistan de 500 $ par mois, mais le gouvernement Harper avait finalement renversé la décision.

Cette décision s’inscrit dans un contexte électoral très tendu dans la capitale.

Le 16 avril dernier, Mariam, députée de la province de Takhar, dans le nord de l’Afghanistan a été la cible de tirs alors qu’elle retournait chez elle en voiture. 24 heures avant ces événements, le vice-ministre des Travaux publics, Ahmad Shah Waheed, était enlevé par des hommes armés inconnus.

Le 20 mars, les Talibans attaquaient également le réputé Hôtel Serena de Kaboul. Deux Canadiennes y avaient trouvé la mort.

Le 11 mars, c’était le journaliste anglo-suédois Nils Hornerqui était abattu, toujours à Kaboul, en pleine rue.

Finalement, le 17 janvier, un kamikaze s’est fait exploser devant un restaurant libanais du centre-ville de Kaboul très fréquenté par les diplomates, travailleurs humanitaires et des Afghans riches en train de dîner, tandis que deux hommes armés sont entrés par la porte arrière et ont ouvert le feu. 21 personnes y étaient décédées, parmi lesquelles deux Canadiens, comptables qui travaillaient pour la firme québécoise Samson et Associés, dont le siège social est à Gatineau.

L’activé d’Al-Qaïda a gagné en intensité depuis la tenue du scrutin du 5 avril dernier qui doit permettre d’élire un successeur au président Hamid Karzaï.

C’est donc avec une certaine circonspection qu’il aborder ces révisions du niveau d’IR puisque les ambassades occidentales sont fréquemment la cible d’attentats. Assurer la sécurité de l’ambassadeur et du bâtiment est donc un travail de défense de première ligne pour les soldats affectés à cette mission avec les risques encourus par ceux-ci.

Passionné de politique, d'actualité et d'histoire depuis l'adolescence, Simon Bossé-Pelletier s'intéresse particulièrement aux relations internationales, à l'histoire militaire et au travail journalistique en situation de conflit.

Discussion2 commentaires

  1. D'accord avec vous, Pierre Giroux. De plus ce sont encore des bureaucrates qui n'ont aucune idée de la réalité sur le terrain qui prennent de telles décisions!