Kiev décrète une «trêve de Pâques»

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Des Ukrainiens sur des véhicules de l'armée sont bloqués par des pro-Russes à Kramatorsk le 16 avril 2014 (Anatolii Stepanov/AFP)
Des Ukrainiens sur des véhicules de l’armée sont bloqués par des pro-Russes à Kramatorsk le 16 avril 2014 (Archives/Anatolii Stepanov/AFP)

Le gouvernement ukrainien a annoncé samedi la suspension des opérations dans l’est du pays où les séparatistes pro-Russes ne montrent aucune volonté de reddition. Cette « trêve pascale » intervient deux jours après la conclusion de l’accord quadripartite de Genève.

Le pouvoir n’a jusqu’à présent pas pu reprendre la dizaine de mairies et autres bâtiments administratifs dont les contestataires se sont emparés ces deux dernières semaines. Le ministère ukrainien des Affaires étrangères a toutefois décidé de suspendre «l’opération antiterroriste».

Elle a été mise «entre parenthèses pour Pâques et nous ne recourrons pas à la force contre eux pour le moment», a indiqué le chef de la diplomatie ukrainienne, Andriy Dechtchitsia, cité samedi par la BBC.

Le ministre, qui avait été présent jeudi à Genève, avait quelques heures plus tôt mis en garde les protestataires pro-russes de l’Est. Il avait menacé de nouvelles «mesures concrètes» susceptibles de débuter la semaine prochaine s’ils n’entament pas leur désarmement.

L’OSCE sur place

Andriy Dechtchitsia a rencontré samedi à Kiev des représentants des participants à la récente réunion de Genève ainsi que le chef de la mission d’observation spéciale de l’Organisation pour la coopération et la sécurité en Europe (OSCE), Ertugrul Apakan.

L’OSCE est chargée de superviser la mise en oeuvre de la Déclaration de Genève négociée par l’Ukraine, la Russie, les États-Unis et l’Union européenne. Cette organisation est actuellement présidée par la Suisse.

L’ambassadeur suisse en Ukraine, Christian Schönenberger, a déclaré que les observateurs de l’OSCE sont en contact avec des activistes à Donetsk. Il a précisé: « pour l’instant, la volonté politique de se retirer est absente ».

Washington fait pression

De son côté, Andriy Dechtchitsia a déclaré que l’OSCE et les autorités locales allaient « mettre au point des mesures concrètes pour la mise en oeuvre de l’accord de Genève d’ici un jour ou deux ».

Certains chefs de file du mouvement pro-russe ont relevé qu’ils ne se sentaient pas liés par la Déclaration de Genève. D’autres considèrent que les nouvelles autorités au pouvoir à Kiev sont issues d’un mouvement de contestation et également concernées par l’évacuation des bâtiments publics.

Quelques heures auparavant, vendredi soir, le secrétaire d’Etat américain John Kerry s’était entretenu au téléphone avec son homologue russe Sergueï Lavrov. Il l’a exhorté au respect « total et immédiat » de l’accord de Genève. Les Etats-Unis doutent des intentions de Moscou.

«Coup d’État militaire»

Sur le plan diplomatique, alors que les tensions entre la Russie et l’OTAN n’ont jamais été aussi fortes depuis la fin de la Guerre froide, le président russe Vladimir Poutine a estimé samedi que rien n’empêche une amélioration des relations entre la Russie et les pays occidentaux. Selon lui, il revient toutefois à ces Etats de faire en sorte qu’elle ait lieu.

Mais la Russie a également admis pour la première fois qu’elle a déployé des renforts militaires à la frontière de l’Ukraine en raison de l’instabilité dans ce pays, selon les déclarations du porte-parole de la présidence russe.

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