La Russie accuse les Américains de tirer les ficelles et se dit prête à se défendre

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Des soldats ukrainiens près d'Izium le 15 avril 2014 (Archives/Anatoliy Stepanov/AFP)
Des soldats ukrainiens près d’Izium le 15 avril 2014 (Archives/Anatoliy Stepanov/AFP)

Moscou insiste pour que les autorités de Kiev retirent leurs troupes de l’Est de l’Ukraine, où elles ont relancé l' »opération antiterroriste » contre des séparatistes pro-russes, et «le début d’un réel dialogue inter-ukrainien avec toutes les régions et les formations politiques du pays», à défaut de quoi elle se dit prête à répondre si elle est attaque «contre des citoyens russes».

Dans un communiqué publié aujourd’hui, le ministère russe des Affaires étrangères se dit «extrêmement surpris de l’interprétation ‘tordue’ que font les autorités de Kiev et leurs partenaires américains de la Déclaration de Genève du 17 avril adoptée à la réunion quadripartite par les représentants de la Russie, des Etats-Unis, de l’Union européenne et de l’Ukraine»

«Ainsi, le document contient une disposition stipulant que tous les groupes armés illégaux doivent être désarmés», poursuit le ministère russe des Affaires étrangères «Cependant, au lieu de prendre des mesures efficaces pour mettre en œuvre cet accord, à Kiev et à Washington, ainsi que dans plusieurs capitales européennes, on continue d’insister sur la nécessité de ‘remettre leurs armes’ seulement pour les citoyens ukrainiens qui défendent leurs droits dans le Sud-Est de l’Ukraine, tout en fermant les yeux sur les provocations et les actions violentes des militants d’extrême-droite, en particulier le mouvement «Pravy Sektor», à Kiev et dans plusieurs villes du Sud et de l’Est du pays, qui ont fait des victimes dans la nuit du 20 avril»

«Nous nous attendions à ce que le vice-président américain Joseph Biden, qui s’est rendu à Kiev les 21 et 22 avril, ait une incidence sur l’ampleur des ambitions actuelles des autorités de Kiev», dit encore le communiqué de la diplomatie russe. «Cependant, immédiatement après son départ de la capitale de l’Ukraine, a été annoncé la reprise de ‘l’opération anti-terroriste’ dans les régions orientales de l’Ukraine».

Alors que les autorités de Kiev ont relancé l’«opération antiterroriste» contre les séparatistes pro-russes en Ukraine, qui avait été suspendue pour Pâques, les Russes fustigent donc aujourd’hui ce qui apparaît à leurs yeux comme «une nouvelle règle […] évidente», soulignant que l’opération terroriste avait été lancée la première fois le 13 avril après une visite à Kiev du chef de la CIA John Brennan et qu’elle est maintenant relancée après celle de M. Biden.

Le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov a accusé directement les Américains de tirer les ficelles: «L’opération avait été déclenchée immédiatement après la visite à Kiev de John Brennan (et) il est clair qu’ils ont choisi le moment de la visite du vice-président américain pour annoncer [sa]reprise», a-t-il déclaré ce mercredi sur la chaîne de télévision russe RT, ajoutant «Je n’ai aucune raison de ne pas croire que les Américains dirigent ce spectacle de la manière la plus directe».

La Russie se dit prête à répondre à toute attaque

La Russie se dit toutefois prête à répondre si l’escalade se poursuit.

Tout en insistant sur la nécessité d’une désescalade de la situation dans le Sud-Est de l’Ukraine, et d’un dialogue ukrainien couvrant toutes les régions du pays et les entités politiques, la le chef de la diplomatie russe a prévenu que Russie répondra si ses intérêts sont attaqués en Ukraine, de la même manière qu’ils l’avaient été en Géorgie en 2008, ce qui avait mené à une intervention armée, a prévenu mercredi le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov.

«Si nos intérêts, nos intérêts légitimes, les intérêts des Russes étaient attaqués directement, comme par exemple ils l’avaient été en Ossétie du Sud [territoire séparatiste en Géorgie, ndlr], je ne vois pas d’autre manière que de répondre, dans le respect du droit international », a expliqué Sergueï Lavrov à la chaîne RT.

«Une attaque contre les citoyens russes est une attaque contre la Russie», a-t-il précisé.

En 2008, une guerre éclair avait opposé la Russie à la Géorgie, à l’issue de laquelle Moscou a reconnu l’indépendance de deux territoires séparatistes pro-russes dans ce petit pays du Caucase, l’Ossétie du Sud et l’Abkhazie. L’histoire se répétera-t-elle?


Lavrov sur RT: «La Russie répondra si elle est attaquée»! (RT)

Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

DiscussionUn commentaire

  1. Je pense au meilleur tacticien de combat le général Patton, dire qu’il voulait continuer sur la Russie et de mettre fin au communisme. Dire qu’Il a été démis de ses fonctions, mais aujourd’hui, ont dois regretter sont conseil.