Le gouvernement pakistanais se fait couper l’électricité

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L'édifice du Parlement pakistanais à Islamabad la nuit (Archives/Waqas Usman/WikiCommon)
L’édifice du Parlement pakistanais à Islamabad la nuit (Archives/Waqas Usman/WikiCommon)

Le gouvernement pakistanais s’est fait couper l’électricité. Un coup des talibans. Non! Plus prosaïquement, des factures impayées, comme cela aurait pu arriver à n’importe quel mortel.

Les Pakistanais négligent tellement de régler leurs factures d’électricité que les centrales électriques n’ont pas de quoi acheter du fioul pour alimenter les centrales et le pays doit subir des coupures de courant quotidiennes quand les centrales, à sec, ne peuvent plus produire d’énergie.

Dans certaines régions du pays, on peut manquer d’électricité jusqu’à 18 heures par jour pendant l’été, alors que le mercure grimpe au delà de 40 degrés Celsius.

Le ministre de l’Énergie, Abid Sher Ali, avait donc lancé une offensive qu’on pourrait dire «énergique», pardonnez le jeu de mots, pour recouvrer tous ces millions de dollars en factures impayées, menaçant de couper le courant à tous les mauvais payeurs sans exception.

L’Autorité de développement de la capitale (CDA), équivalent de la mairie, responsable du paiement les factures d’électricité du siège du gouvernement, doit 24 millions de dollars à la compagnie locale d’électricité Iesco.

Les autorités pakistanaises, à l’origine d’une campagne contre les mauvais payeurs d’électricité, se font donc fait servir leur propre médecine mardi lorsque des responsables ont coupé le courant au Parlement, à la présidence et au gouvernement qui, ensemble, devaient des millions de dollars en factures impayées.

À la demande du ministre, les entreprises d’électricité du pays on donc coupé le courant dans une centaine d’édifices gouvernementaux de la capitale Islamabad.

«J’ai [….] ordonné de couper le courant aux résidences du Parlement, au Parlement et au secrétariat de la présidence pour non-paiement de millions de roupies de factures d’électricité», a lancé le ministre mardi.

Le Premier ministre Nawaz Sharif, qui avait promis de résoudre la crise énergétique lors des élections de mai dernier, n’a pas été épargné. La compagnie publique de gaz naturel a coupé l’approvisionnement en électricité aux bureaux du Premier ministre pour factures impayées.

Si cela peut le consoler, les habitants de la Crimée qui viennent de se séparer de l’Ukraine pour joindre la Fédération russe se sont fait, eux, couper l’eau.

Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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