Le ministre Julian Fantino au 99e anniversaire du début de la campagne de Gallipoli

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Le peloton 3 de la compagnie A du Régiment royal de Terre-Neuve, à Fort George en Écosse en 1915 (Photo: Archives provinciales de Terre-Neuve-et-Labrador)
Le peloton 3 de la compagnie A du Régiment royal de Terre-Neuve s’est entraîné à Fort George, en Écosse, en 1915, avant d’être déployé quelques mois plus tard en Turquie (Archives provinciales de Terre-Neuve-et-Labrador)

Le ministre canadien des Anciens Combattants, Julian Fantino, a participé vendredi 25 avril à une cérémonie organisée au Cimetière de guerre de Rome par l’Australie et la Nouvelle-Zélande en vue de commémorer la campagne de Gallipoli.

La campagne de Gallipoli, également appelée bataille des Dardanelles, opposa lors de la Première Guerre mondiale l’Empire ottoman aux troupes britanniques et françaises dans la péninsule de Gallipoli dans l’actuelle Turquie du 25 avril 1915 au 9 janvier 1916.

Lorsque la Grande-Bretagne se joignit à la Première Guerre mondiale le 4 août 1914, Terre-Neuve, qui était alors un dominion britannique, se retrouva soudainement en guerre elle aussi.

«Le Newfoundland Regiment, devenu depuis le Royal Newfoundland Regiment, fut la seule unité nord-américaine à combattre auprès du Australian and New Zealand Army Corps (ANZAC) au cours de la campagne de Gallipoli», a souligné le ministre canadien des Anciens combattants.

Plus de 1 000 jeunes canadiens s’étaient joints au tout nouveau Newfoundland Regiment, appelé à combattre, l’année suivante, aux côtés de ses alliés australiens et néo-zélandais en terre turque.

Après s’être entraîné pendant près d’un an, le Newfoundland Regiment apprit qu’il ferait partie de la 29e Division de l’Armée britannique qui combattait à Gallipoli. Suivant un court séjour en Égypte, 1 076 Terre-Neuviens débarquèrent sur le rivage du détroit des Dardanelles le 20 septembre 1915.

Épaulant les soldats de l’ANZAC et de l’armée britannique qui combattaient là depuis des mois, les membres du Newfoundland Regiment combattirent pendant près de quatre mois à Gallipoli et, pendant cette période, environ 30 soldats moururent au combat et 10 autres de maladie.

Ces épreuves et ces décès n’étaient pourtant qu’un avant-goût de ce qui les attendait lorsqu’ils ont été affectés au front occidental en Europe en avril 1916. À la fin de la guerre, plus de 6 200 hommes avaient servi dans le régiment. Le prix avait été élevé, cependant: plus de 1 300 soldats moururent et beaucoup d’autres retournèrent chez eux avec des blessures physiques ou psychologiques qui les suivirent toute leur vie.

«Le courage dont ont fait preuve les soldats australiens et néo-zélandais il y a 99 ans leur a valu l’attention et le respect de toutes les nations, et les Terre-Neuviens qui ont combattu à leurs côtés pendant la campagne de Gallipoli sont fiers d’avoir servi avec ces héros. C’est pour cette raison que nous sommes venus de partout au monde aujourd’hui, afin de nous réunir au Cimetière de guerre de Rome et rendre hommage à ceux qui ont servi, en particulier à ceux qui ont consenti le sacrifice ultime à la défense de la paix et de la liberté.», a déclaré vendredi le ministre Julian Fantino.

La bataille des Dardanelles

Les pays alliés, soit la Grande-Bretagne, la France et la Russie, avaient déclaré la guerre à l’Allemagne, mais ils devaient aussi combattre les autres puissances centrales partenaires de l’Allemagne—l’Autriche-Hongrie et l’Empire Ottoman.

Ce dernier occupait ce qui constitue aujourd’hui la Turquie, la côte est de la Méditerranée et des parties du Moyen-Orient. Il contrôlait le détroit des Dardanelles qui reliait la mer Méditerranée à la mer Noire, ce qui signifiait qu’il pouvait bloquer l’accès aux ports de mer russes au sud.

Cela constituait un problème important vu que les Alliés voulaient utiliser cette route pour fournir à la Russie le matériel de guerre nécessaire pour poursuivre le combat sur le front Est en Europe; les routes de transport terrestre étaient bloquées et les autres routes maritimes étaient problématiques.

Pour pouvoir ravitailler cette la Russie, le contrôle des Détroits était indispensable.

Une première tentative alliée pour traverser les Dardanelles échoua le en raison des mines qui y avaient été posé. Pour que les dragueurs de mines puissent opérer en sécurité, il était nécessaire de réduire au silence les batteries ottomanes sur les hauteurs du détroit. Un débarquement fut donc organisé au cap Helles et dans la baie ANZAC à l’extrémité sud de la péninsule.

Le terrain difficile, l’impréparation alliée et la forte résistance ottomane provoquèrent rapidement l’enlisement du front et les tentatives des deux camps pour débloquer la situation se soldèrent par de sanglants revers.

La campagne fut un sérieux revers pour les Alliés et l’un des plus grands succès ottomans durant le conflit, mais elle fut également un élément fondateur de l’identité nationale australienne et néo-zélandaise. Commémoré sous le nom de journée de l’ANZAC, la date du débarquement du 25 avril est la plus importante célébration militaire dans ces deux pays où il surpasse le jour du Souvenir du 11 novembre.

Le Royal Newfoundland Regiment pour sa part a quitté la Turquie en janvier 1916, protégeant le retrait décidé des troupes alliées.

«Le gouvernement du Canada est fier des exploits de ces courageux soldats lors de la campagne de Gallipoli et tout au long de la Première Guerre mondiale. Leur service et leurs sacrifices exceptionnels feront toujours partie de notre mémoire collective», a conclu le ministre canadien des Anciens combattants.

Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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