Les CF-18 pour la mission de l’OTAN: un «spectacle» qui pourrait coûter beaucoup d’argent… et du sang!

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Deux CF-18 Hornets du 425e Escadron d’appui tactique, de la 3e Escadre Bagotville (Qué.), et un avion ravitailleur de type KC-767 de la force aérienne de la Colombie volent côte à côte. Les CF18 transportent une bombe factice de 500 lb de type Mark 82 sur le pylône central (Photo : Attila Papp/ARC)
Deux CF-18 Hornets du 425e Escadron d’appui tactique, de la 3e Escadre Bagotville. (Archives/Attila Papp/ARC)

Alors que le gouvernement conservateur s’est précipité pour annoncer la participation du Canada à la mission de l’OTAN en réponse à la crise en cours en Ukraine, l’envoi des six chasseurs CF-18 canadiens apparaît aux yeux de certains, au mieux comme un spectacle de solidarité, au pire comme une fanfaronnade qui pourrait coûter de l’argent et du sang.

Ottawa ne connaît même pas pour le moment tous les détails de sa mission et ne peut dire non plus combien il dépensera pour envoyer ses six CF- 18 prendre part à la mission de police aérienne de l’OTAN tel qu’annoncé jeudi 17 avril.

L’Aviation royale canadienne va envoyer six avions CF-18 qui devraient être basés à Lask, dans le centre de la Pologne. Ils doivent rejoindre d’autres avions de pays alliés, dont quatre français, même s’il n’est pas encore clair si ces derniers seront envoyés à Lask ou à Malbork.

Le Canada a aussi annoncé qu’une vingtaine d’officiers iront rejoindre le Quartier général du Commandement suprême de l’OTAN, à Bruxelles, «afin de participer aux efforts de planification de l’OTAN».

«Nous sommes encore dans le processus de planification, parce que nous ne sommes toujours pas certains où vont être stationnés ces avions de chasse les troupes au sol et le personnel de soutien», a déclaré James Bezan, secrétaire parlementaire du ministre de la Défense, a déclaré dans une interview à a chaîne de télévision canadienne Global.

La raison pour laquelle il y a maintenant plus de questions que de réponses suite à l’annonce la semaine dernière de la semaine dernière pourrait être la précipitation dans l’annonce de la participation canadienne.

Comme si c’était à qui annoncerait le plus rapidement sa participation. Moi, j’y vais! Moi aussi, j’y vais, c’est moi le premier qui l’a dit!

«Je pense que nous étions le huitième ou neuvième [pays]en ligne à engager des ressources. C’était la ruée», a déclaré sur la même chaîne, Global, le major-général (à la retraite ) Lewis MacKenzie , un vétéran des missions de maintien de la paix et ancien commandant des troupes de l’ONU à Sarajevo, ajoutant «Je suis sûr qu’ils ne reposent pas ce week-end à la Défense nationale ou aux Affaires étrangères. Ils essaient de comprendre exactement ce que la mission sera , car elle est comporte des risques ‘sanglants’».

«Le risque réside dans le fait que les dizaines d’avions de l’OTAN déployées n’ont rien à voir avec ce qui se passe sur le terrain dans l’Est de l’Ukraine», a indique le major-général MacKenzie.

Premièrement, même si l’article 5 du Traité de Washington stipule qu’une attaque contre un État membre doit être perçue comme une attaque contre tous les États membres, y compris en Europe occidentale, le Canada et les États-Unis, l’Ukraine n’est pas un État membre de l’OTAN et ne reçoit donc pas une protection automatique de l’alliance. Les pays voisins comme la Pologne, la Roumanie et les pays baltes le sont, cependant, mais ils ne sont pas attaqués.

Deuxièmement, «vous ne pouvez pas régler par la voie des airs les problèmes de manifestations, d’agitation ou le problèmes posés par des insurgés qui s’emparent de bâtiments officiels au sol», souligne aussi Lewis MacKenzie. «Le plus grand risque est si Poutine appelle notre bluff et envoie un bataillon mécanisé de 800 soldats à la frontière en Ukraine.

Et, troisièmement, «Le plus grand risque est si Poutine répond à notre bluff et envoie [par exemple]un bataillon mécanisé de 800 soldats à la frontière en Ukraine», souligne encore le major-général à la retraite. «Allons-nous les attaquer avec les ressources de l’OTAN?».

Le Premier ministre Stephen Harper avait déclaré jeudi 17 avril lors de l’annonce de l’envoi des six CF-18 que l’OTAN a demandé la participation du Canada et le secrétaire parlementaire à la Défense admet aujourd’hui, dimanche 20 avril, que les détails de la mission sont toujours à déterminer.

«Mais il s’agit de fournir une bonne sécurité pour tous les membres de l’OTAN. Nous sommes très optimistes quant à la décision qui a été prise jeudi à Genève», a-t-il dit , se référant à l’accord-cadre conclu sur les mesures pour apaiser la crise ukrainienne.

Le comportement du Canada, avec sa rhétorique enflammée, ses menaces de sanctions un peu inutiles et sans effet [le Canada et la Russie n’entretiennent pas de toutes façons de liens étroits]et, maintenant, la façon dont Ottawa s’est précipité pour annoncer l’envoi de 6 avions de chasse, ne sont que gesticulations et fanfaronnades aux yeux de bien des observateurs et analystes.

Même pour un vieux militaire comme le major-général Lewis MacKenzie, cette mission n’est guère plus que du posturing. «Nous faisons une contribution très modeste et je ne pense pas que cela va aller plus loin», dit-il. «Il s’agit plus d’un spectacle de solidarité».

Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

Discussion8 commentaires

  1. Conrad Gentil Couillard

    pourquoi toujour la guerre ,a place de la paix, VIVE LA PAIX

  2. Gaétan Faguy

    Il en trouve des sous notre Harper national. Vivement à la porte ces conservateurs..

  3. Bonjour Gaétan!! Vous n'avez qu'à cliquer sur mon nom et mon profil apparaitra et vous n'aurez qu'à m'ajouter!! (:

  4. Gaétan Faguy

    La seule adresse que je trouve est celle de ton travail. Est ce que tu as une autre adresse? Bye