Les Forces spéciales canadiennes en Jordanie pour l’«Annual Warrior Competition»

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Des opérateurs du Régiment d’opérations spéciales du Canada (ROSC) en patrouille dans le désert (Archives/Combat Cam)
Des opérateurs du Régiment d’opérations spéciales du Canada (ROSC) en patrouille dans le désert (Archives/Combat Cam)

Les plus féroces guerriers s’affrontent en Jordanie: le Régiment d’opérations spéciales du Canada participe encore cette année au «Annual Warrior Competition» où 22 équipes représentant l’élite des forces spéciales d’une douzaine de pays s’affrontent du 30 avril au 5 mai en pour une sixième année consécutive.

Sont représentés dans la compétition cette année le Canada, les États-Unis, la Palestine, la Slovaquie, la Jordanie, la Chine, le Kazakhstan, le Bruneï, l’Afghanistan, le Liban, les Pays- Bas, la Russie, l’Irak, la Malaisie, le Pakistan, le Barheïn et les Émirats arabes unis.

La compétition a lieu, comme tous les ans, au King Abdullah II Special Operations Training Center (KASOTC ), à Amman, en Jordanie.
Elle a été crée en 2009 par les membres des forces spéciales américaines qui travaillaient au Centre d’entraînement dans ce pays.

Au carrefour de tous les dangers

Et ce n’est pas tout à fait anodin que ce soit précisément en Jordanie qu’ait lieu cette compétition.

La Jordanie, une monarchie constitutionnelle avec une armée bien formé et une population relativement laïque, est l’un des pays les plus stables dans une région très volatile, pour ne pas dire explosive: la Syrie au nord, Israël à l’ouest, l’Arabie saoudite au sud, l’Irak à l’est.
En outre, l’agence de renseignement de Jordanie, le GID, est un partenaire privilégié de la CIA dans le monde arabe, et au cours des cinq dernières années, les États-Unis a donné à la Jordanie plus de 3,3 milliards $ d’aide, sans compter l’aide pour faire face à l’afflux de réfugiés syriens.

Le but de cette compétition est bâtir l’esprit de corps au sein forces d’opérations spéciales (FOS) et des forces de police en partenariat qui luttent ensemble contre le terrorisme.

La compétition est aussi l’occasion pour les participants de faciliter de partager les meilleures pratiques , la technologie et le matériel et de renforcer les coalitions internationales .

La concurrence engendre la cohésion au sein des forces spéciales et des unités de police , fournit une référence pour la performance de l’unité , et expose les forces et les faiblesses de l’unité et des compétences individuelles.

Certains des anciens soldats des forces spéciales qui participeront cette année sont des guerriers blessés et 2014 marquera la première fois dans l’histoire de la compétition où les soldats blessés seront impliqués dans l’événement.

Les années précédentes, les gagnants de la compétition ont été le General Intelligence Directorate de Jordanie en 2009, le Force Recon des États-Unis en 2010, le EKO Cobra d’Autriche en 2011, le GSG9 d’Allemagne en 2012 et le Snow Leopard Commando Unit chinois en 2013.
Les épreuves varient d’une année à l’autre et, encore cette année, portent des noms évocateurs comme «Last Easy Day», «Carbine Candy», «Trail of Tears», «Urban Assault» ou «Commando Selection».

Les «bûcherons-loups-garous» canadiens

Quant au Régiment d’opérations spéciales du Canada (ROSC), qui participera encore à la compétition cette année, il fait partie de l’élite des Forces spéciales canadiennes.

Les Forces spéciales canadiennes sont prêtes à très court préavis pour protéger le Canada et les Canadiens contre les menaces touchant les intérêts nationaux, au pays et à l’étranger.

Le ROSC combine mobilité et puissance de feu avec une gamme de compétences d’opérations spéciales afin d’effectuer et de mener à bien des opérations à l’échelle nationale et internationale.

Les membres du ROSC, établi en 2006, ce sont des guerriers en forme, débrouillards, expérimentés, motivés et intelligents.

Mais il ne ressemble à aucune autre unité des Forces canadiennes. Voici comment des journalistes du New York Times, qui couvraient la compétition de l’an passé, décrivaient ainsi les gars du ROSC: «Tout le monde s’accordent à dire que les Canadiens étaient costauds. Ils étaient du Régiment d’opérations spéciales du Canada. Récemment de retour d’ Afghanistan, ils arboraient des barbes de combat, des tatouages à faire peur: «Apocalypse 06:08: ‘Et voici un cheval de couleur pâle et le nom du cavalier était la mort’»). Le genre de types à la carrure robuste qui viennent de passer des semaines à transporter de gros canons sur de hautes montagnes.»

«Ils ressemblent à des bûcherons loups-garous».

Et les autres équipes ne sont pas en reste: l’an dernier, en arrivant dans le mess, les Chinois des «Snow Leopards», qui allaient gagner la compétition cette année là, au lieu de s’asseoir tranquillement pour se restaurer, s’étaient lancé dans un série de pompes qui n’en finissait plus.

Et il ne faut pas compter sur les médias pour vous annoncer les nom et prénoms des gagnants: top secret. Il nous suffit de savoir qu’avec ces gars là, on est protégés. Des terroristes, ils en mangent à la douzaine au petit-déjeuner avec de la confiture.

Bon «Annual Warrior Competition» et que les meilleurs parmi les meilleurs gagnent!


L’an dernier ce sont les «Snow Leopards», un commando anti-émeute chinois, qui ont gagné la 5e «Annual Warrior Competition» (CCTV)

Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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