Libye: à son procès qui débute, le fils Kadhafi lance «Dieu est mon avocat!»

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Seif al-Islam Kadhafi (Archives/BBC)
Seif al-Islam Kadhafi (Archives/BBC)

Seïf al-Islam, l’héritier politique présomptif de l’ex-dirigeant libyen Mouammar Kadhafi renversé et tué lors de la révolte de 2011, a comparu ce dimanche 27 avril par vidéoconférence devant la cour pénale de Tripoli, qui doit le juger avec 36 autres proches de son père pour leur rôle dans la répression meurtrière de la révolte de 2011.

La Libye et la Cour pénale internationale se sont longtemps disputé le droit de juger le fils Kaddafi, soupçonné d’avoir commis des crimes contre l’humanité (meurtre et persécution) en Libye du 15 février 2011 jusqu’au 28 février 2011 au moins.

La Libye a été régulièrement dénoncée par les organisations de défense des droits de l’homme sur les centres de détention gérés par des milices armées et Amnesty International a émis des doutes sur la possibilité de tenir un procès équitable en Libye où l’insécurité persiste avec des menaces contre les institutions de l’État, les tribunaux, les avocats, les juges et les procureurs.

Mais la Libye a insisté pour juger elle-même le fils de Kadhafi, Seif al-Islam, l’ancien chef espion Abdullah Senussi et les autres membre de la garde rapproché de Mouammar Kadhafi dans ce qui s’annonce comme un Nuremberg libyen et un moment phare dans l’histoire de la justice de ce pays, où les dirigeants peinent à établir leur autorité.

Les autorités libyennes avaient tenté à plusieurs reprises mais en de négocier le transfert du fils Kadhafi dans la capitale depuis Zenten (170 km au sud-ouest de Tripoli) où il est détenu depuis son arrestation par des rebelles en novembre 2011, peu après la chute du régime de son père.

En septembre dernier, le procureur général libyen avait annoncé avoir ordonné le transfert de Seif al-Islam à Tripoli pour son procès, mais, finalement, les autorités judiciaires estiment que les conditions de sécurité ne permettent pas son transfert dans la capitale libyenne.

C’est donc par vidéoconférence, en tenue bleue de prisonnier, que Seif al-Islam a comparu devant un juge de Tripoli.

Alors que le juge lui demandait s’il avait un avocat ou s’il voulait choisir un, Seif al-Islam a répondu: «Dieu est mon avocat», puis la cour a fixé la prochaine audience au 11 mai, décidant qu’un avocat luis serait commis d’office.

Au cours de l’audience, qui a duré un peu plus d’une heure, l’ex chef des renseignement et bras droit du dictateur déchu Abdallah al-Senoussi, présent quant à lui devant la Cour à Tripoli, a indiqué pour sa part qu’il souhaitait plus de temps pour choisir un avocat, déclarant «Il n’y a pas d’avocats libyens audacieux» pour me défendre.

Un avocat libyen d’Abdallah al-Senoussi avait d’ailleurs annoncé qu’il se retirait de sa défense «pour des raisons de sécurité», selon un représentant du parquet.

«Nous ne faisons pas face à une justice. Nous faisons face à autre chose», a-t-il dit, demandant à la cour de lui permettre de désigner des avocats non libyens, mais le parquet a précisé que la loi libyenne permettait uniquement aux avocats étrangers d’«assister» leurs confrères libyens, mais n’avaient pas le droit de plaider.

En tout, 22 accusés sur 38 se sont présentés devant la cour de Tripoli, dont. outre al-Senoussi, le dernier Premier ministre de Kadhafi, Baghdadi al-Mahmoudi.

Huit autres accusés, dont Mansour Daw, ex-chef de la sécurité intérieure sous le régime Kadhafi, ont comparu quant à eux par vidéoconférence depuis la ville de Misrata, à 200 km à l’est de Tripoli, où ils sont détenus.

Plus d’une dizaine de chefs d’accusations ont été retenus contre les accusés, inculpés en octobre notamment pour assassinats, pillages et sabotages, actes portant atteinte à l’union nationale, complicité dans l’incitation au viol et recrutement de mercenaires africains pour mater la rébellion.

Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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