L’OTAN suspend toute coopération militaire et civile avec la Russie

Déclaration du Secrétaire général de l'OTAN, Anders Fogh Rasmussen, avec les ministres des Affaires étrangères des pays membres. (OTAN)
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Déclaration du Secrétaire général de l'OTAN, Anders Fogh Rasmussen, avec les ministres des Affaires étrangères des pays membres. (OTAN)
Déclaration du Secrétaire général de l’OTAN, Anders Fogh Rasmussen, avec les ministres des Affaires étrangères des pays membres. (OTAN)

En réponse à l’intervention russe en Ukraine, l’OTAN a annoncé mardi avoir suspendu sa coopération civile et militaire avec la Russie, tout en maintenant le dialogue politique avec Moscou en vue de favoriser une solution à la crise.

Les ministres des Affaires étrangères des 28 pays membres ont décidé de «suspendre la coopération civile et militaire avec la Russie», a ainsi déclaré le secrétaire général de l’Alliance, Anders Fogh Rasmussen, à l’issue d’une réunion à Bruxelles.

Il n’a pas précisé quels seraient les programmes touchés, mais a souligné que ceux liés à l’Afghanistan ou à la lutte contre le trafic de drogue ne seraient pas concernés. De plus, l’OTAN et la Russie collaborent aussi, avec d’autres pays, à la lutte contre la piraterie dans l’océan Indien, et à des programmes contre le terrorisme.


Remarques préliminaires d’Anders Fogh Rasmussen (OTAN)

Dans une déclaration commune, les 28 ministres des Affaires étrangères des pays membres de l’OTAN disent que la Russie a «violé le droit international et elle a agi en contradiction avec les principes et les engagements contenus dans le Document de base du Conseil de partenariat euro-atlantique, l’Acte fondateur OTAN-Russie et la Déclaration de Rome. Elle a gravement rompu la confiance sur laquelle doit reposer notre coopération».

Les chefs de la diplomatie ont voulu se montrer fermes, sans pour autant «mettre de l’huile sur le feu, car il ne faut pas fournir de prétexte à la Russie pour relancer l’escalade», a résumé un diplomate.

L’OTAN cherche également à rassurer les pays de l’Est, États baltes et Pologne en tête, qui réclament une plus grande implantation des Alliés, certains plaidant même en faveur de bases permanentes. «Nous nous féliciterions d’une présence plus forte de l’OTAN», a déclaré le ministre polonais, Radek Sikorski.

L’Alliance se tient «prête à prendre les mesures nécessaires face à toute menace d’agression visant l’Alliance», ont précisé les ministres, sans entrer dans les détails opérationnels.

Pour le moment, les grands pays d’Europe de l’Ouest préfèrent s’en tenir aux mesures prises ces dernières semaines, à savoir le déploiement temporaire d’avions-radars Awacs de l’Otan, et d’appareils F-15 et F-16 des États-Unis en Lituanie et en Pologne. «Ces moyens sont suffisants à l’heure actuelle», selon un responsable militaire.

Lors de la réunion, le ministre canadien des Affaires étrangères John Baird a affirmé qu’il fallait «tout particulièrement miser sur la politique de la porte ouverte: nous devons faire valoir de façon manifeste et convaincante que notre porte demeure ouverte aux pays qui aspirent à entrer dans la zone euro-atlantique.»

M. Baird a soutenu que l’OTAN envisagera une série de mesures contre l’annexion unilatérale par la Russie de la péninsule de Crimée et qu’il pourrait y avoir un renforcement des capacités et un soutien tactique.

Sur l’annonce du retrait de troupes russes, M. Rasmussen a indiqué qu’il ne pouvait «malheureusement pas confirmer. Ce n’est pas ce que nous constatons».

Les États-Unis avaient déjà accueilli lundi avec prudence les affirmations du ministère russe de la Défense sur le retrait d’un bataillon de la zone frontalière avec l’Ukraine.

M. Kerry a souligné mardi soir qu’il fallait saluer l’annonce russe, mais qu’elle restait «peu importante par rapport au nombre de soldats déployés. La question est de savoir maintenant ce qui va suivre», a-t-il ajouté, alors que les Américains évaluent à au moins 20.000 le nombre de soldats présents à la frontière Est de l’Ukraine.

Parallèlement, le Parlement ukrainien a décidé l’organisation cette année de manœuvres communes avec l’OTAN sur le territoire ukrainien et en mer Noire, qui devraient susciter de vives réactions de Moscou.