Mali: cinq humanitaires capturés le 8 février ont été libérés

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Distribution de nourriture près de Kidal, dans le nord-est du Mali (Archives/CICR)
Distribution de nourriture près de Kidal, dans le nord-est du Mali (Archives/CICR)

Cinq Maliens, dont quatre employés du Comité international de la Croix-Rouge au Mali (CICR), capturés le 8 février dernier par un groupe terroriste qu’on croit être le MUJAO ont été libérés, sains et saufs, annoncent un communiqué commun des présidences française et malienne.

«Le Président de la République française et le Président de la République du Mali annoncent la libération des cinq humanitaires maliens capturés le 8 février dernier par un groupe terroriste. Quatre d’entre eux sont des employés du Comité international de la Croix Rouge. Ils sont en bonne santé», dit le communiqué.

Leur libération s’est effectuée dans le cadre d’une action des forces armées françaises conduite ce matin au nord de Tombouctou, précise aussi le communiqué officiel.

«MM. François Hollande et Ibrahim Boubacar Keïta expriment leur soulagement et adressent leurs félicitations aux militaires français qui ont permis aux cinq hommes détenus par les terroristes de recouvrer la liberté», poursuit le communiqué.

«Le Président Ibrahim Boubacar Keita remercie et adresse sa profonde gratitude à son homologue François Hollande pour l’engagement de la France aux côtés du Mali depuis 2013», dit encore le communiqué qui conclut en affirmant que «La France et le Mali demeurent résolument engagés, aux côtés d’autres Nations, dans la lutte contre le terrorisme, le crime organisé, et le narco-trafic dans le Sahel».

Pour le moment, peu de détails sont disponibles sur les circonstances de cette libération.

Il semble que cette opération n’avait pas pour objectif premier la recherche des otages,le CICR ayant d’ailleurs toujours refusé une intervention militaire jugée trop dangereuse pour la vie de leurs personnels, mais les militaires français, on le sait, mènent plusieurs missions anti-jihadistes dans ce vaste secteur désertique du nord de Tombouctou où ont été retrouvés les otages.

Selon le communiqué du CICR, les ex-otages «tous des Maliens, ont été libérés au hasard d’une opération militaire menée par les forces françaises dans le nord du pays».

Soulagement au CICR

Actuellement, les cinq ex-otages seraient toujours avec les militaires français et rejoindraient bientôt la ville de Gao où ils seront rendus demain aux responsables du CICR. Deux d’entre eux sont légèrement blessés mais leur vie n’est pas en danger, et tous vont bientôt pouvoir rejoindre leur famille, dit encore le communiqué de la Croix-Rouge.

Sur son compte twitter, Yves Daccord, directeur générale du Comité internationale de la Croix-Rouge, a dit son soulagement.

«Nous sommes soulagés de ce dénouement heureux pour notre équipe. Pour les familles qui ont été immédiatement informées, c’est la fin du calvaire », rapporte pour sa part Christoph Luedi, chef de la délégation du CICR au Mali. « Nous remercions la population, les chefs communautaires et religieux, et tous ceux qui nous ont accompagnés dans ces moments difficiles, et nous remercions également les familles, pour leur patience et leur courage.»

«Nous espérons que cette issue heureuse pour notre équipe va nous permettre de continuer à venir en aide aux personnes touchées par le conflit. Nous appelons une fois de plus au respect du travail strictement humanitaire du CICR et de la Croix-Rouge malienne», a aussi déclaré Christoph Luedi.

Le MUJAO

Les cinq travailleurs humanitaires étaient partis de Kidal pour regagner leur base à Gao lorsque qu’ils ont été kidnappés dans leur véhicule siglé CICR.

Le Mujao, le Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest, avait très vite revendiqué cet enlèvement par une communication téléphonique.

«Nous avons pris grâce à l’aide de Dieu un (véhicule) 4×4 des +ennemis de l’islam+ avec leurs complices», a déclaré dans un bref entretien téléphonique Yoro Abdoulsalam, un responsable connu du Mujao.

À la question de savoir s’il s’agissait de l’équipe du CICR, il avait alors répondu: «Oui. Ils sont en vie et en bonne santé», sans plus de précisions.

Le Mujao est un des groupes affiliés à Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) qui ont occupé le nord du Mali en 2012 avant d’en être en partie chassés par l’intervention militaire internationale lancée début 2013 à l’initiative de la France, et toujours en cours.

Le Mujao était particulièrement présent à Gao et sa région et Yoro Abdoulsalam y était alors considéré comme le chef d’une aile du Mujao présumément impliquée dans le trafic de drogue.

Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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