Menaces de récession en Russie et en Ukraine

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Le siège du Fonds monétaire international à Washington (Archives/Mandel Ngan/AFP)
Le siège du Fonds monétaire international à Washington (Archives/Mandel Ngan/AFP)

Le Fond monétaire international (FMI) estime que la crise en Ukraine des derniers mois avait fortement contribué à placer la Russie en récession. «Si l’on définit une récession comme deux trimestres consécutifs de croissance négative, alors la Russie traverse actuellement une récession», a déclaré Antonio Spilimbergo, à la tête d’une mission du Fonds à Moscou, cité par les agences russes.

Les sanctions de l’occident et la fuite des investisseurs ont fait doubler la fuite des capitaux au premier trimestre, dépassant maintenant les 50 milliards de dollars. Le rouble qui est à son plus faible taux contribue maintient l’inflation à un niveau élevé et aura des effets directs sur les ménages russes.

L’institution basée à Washington, qui fut créée en 1944 afin d’assurer la stabilité économique du système monétaire international, a radicalement révisé sa prévision de croissance. L’ayant abaissé de 1,5% à 1,3% au début du mois, elle estime la croissance russe à 0,2% pour le premier trimestre et souligne que les prévisions peuvent encore changer selon la suite des événements politiques et sur le terrain.

Elle a modifié également ses pronostics de croissance du PIB à 1% pour 2015, comparativement à 2,3% précédemment. «Nous avons rectifié notre prévision pour prendre en compte la complication de la situation et le niveau significatif d’incertitude lié aux tensions géopolitiques et aux sanctions», a expliqué M. Spilimbergo. «Tout cela a un effet très négatif sur le climat d’investissement», a-t-il ajouté.

Aide financière du FMI en Ukraine

De son côté, l’Ukraine qui a bénéficié d’une aide de 27 milliards de dollars sur deux ans (dont 15 milliards provenant de l’aide financière du FMI) pourra honorer ses engagements extérieurs. Notons cependant que le FMI n’en ait pas à son premier plan de sauvetage avec Kiev. Elle lui était venue en aide en 2008 et 2010 et exige désormais une très forte réduction des subventions pour le gaz, un gel des retraites et des salaires des fonctionnaires et une dépréciation de la devise qui a déjà déprécié de 30% depuis janvier. Kiev a également annoncé une augmentation de 50% des prix du gaz pour les particuliers.

Rosneft et Gazprom ont échappé aux mesures de rétorsion occidentales

Les deux sociétés d’état russe ont échappé jusqu’à maintenant aux mesures de rétorsion occidentales grâce à l’appui du gouvernement britannique. Downing Street veut maintenir ses liens étroits avec les deux groupes russes qui ont été noués dans le cadre d’accords signés en janvier 2003. Combien de temps cependant Londre pourra résister aux pressions de Washington visant un élargissement des mesures économiques punitives?

C’est en grande partie sur le terrain économique que ce déroulera ce bras de fer parallèle entre la Russie et l’Occident concernant le conflit ukrainien.

Passionné de politique, d'actualité et d'histoire depuis l'adolescence, Simon Bossé-Pelletier s'intéresse particulièrement aux relations internationales, à l'histoire militaire et au travail journalistique en situation de conflit.

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