Pas contents de leur V.U.S. blindés, les Américains veulent jeter le fournisseur canadien en prison

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Le Gurkha F-5, un v.u.s. blindé, maintenant commercialisé par la société canadienne Terradyne (Terradyne)
Le Gurkha F-5, un v.u.s. blindé, maintenant commercialisé par la société canadienne Terradyne (Terradyne)

De nombreuses sociétés américaines tardent à livrer à la Défense canadienne les produits promis, mais les Américain, eux, ne badinent pas avec les délais de livraison et la qualité des produits livrés et viennent de demander rien de moins que l’extradition vers les États-Unis d’une entrepreneur canadien pour le juger.

En 2006, le fabriquant canadien de camion blindé camion William Whyte, 69 ans, et sa compagnie, Armet, se voient accorder un contrat de plusieurs millions de dollars pour construire pour l’Armée américaine en Irak près de trois douzaines des camions de 8.000 kilos, des véhicules à toute épreuve «prêts à charger dans les zones les plus dangereuses de la planète».

Mais, non seulement Whyte n’a-t-il pas livré tous les véhicules commandés, mais ceux qui l’ont été n’avaient pas le niveau de protection promis contre les balles et les explosions, disent les procureurs fédéraux de Virginie, où l’entreprise canadienne de Concord, en Ontario, avait une succursale.

En 2012 Whyte et son entreprise ont été accusés de trois chefs d’accusation de fraude majeure , sept chefs d’accusation de fraude électronique et de trois chefs de déclarations fausses , fictives et frauduleuses.

L’entrepreneur et ex-policier risque maintenant d’être extradé vers les États-Unis.

C’est Frank Skinner, qui fut un temps président de l’entreprise, qui a sonné l’alarme et prévenu le FBI, révèlent les documents de la Cour fédérale de Virginie.

Skinner, un ex-marine qui a déjà assuré la protection de la famille royale saoudienne, collabore actuellement avec le gouvernement américain sur une action civile parallèle pour récupérer l’argent versé à l’entreprise pour les véhicules livrés qui se sont avérés ne pas correspondre aux normes.

«Il a été très perturbé par ce qu’il a vu », a déclaré l’avocat de Skinner, Paul Laurent, a dans une interview. «Il avait des amis servant en Irak qui auraient pu être en danger parce que le blindage de ces véhicules étaient défectueux».

Parlant d’Armet, les documents déposés à la cour à l’appui de la demande d’extradition brosse le tableau d’une société en difficulté financière, qui néglige la qualité de ses produits, exporte maintenant ses camions au Nigéria et dont le propriétaire, Whyte, aurait détourné de l’argent à des fins personnelles.

Whyte, lui, «nie toute allégation de faute » et va se défendre vigoureusement contre les accusations portées contre lui , ainsi que toute action civile, a déclaré pour sa part son avocat de Toronto , Brian Greenspan .

Armet a eu aussi à la même époque, en 2005 et en 2006, deux contrats d’une valeur de 86.000 $ et de 33.000$ des Forces canadiennes en 2005 et 2006 pour fournir des vitres pare-balles pour les véhicules militaires en Afghanistan.

Il n’y a pas eu de problème avec ces contrats et le produit fourni était conforme aux normes.

L’été dernier , la ministre de la Justice du Canada a toutefois approuvé la procédure d’extradition , ce qui a conduit en septembre à l’arrestation de Whyte, qui a parla suite été libéré moyennant une caution de 1 million $ et a dû remettre ses passeports canadiens et britanniques. Une audience d’extradition est fixée au 22 mai.

Peut-être qu’à notre tour on devrait faire de la place dans nos prisons pour certains dirigeants de l’industrie américaine de la Défense.

Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

DiscussionUn commentaire

  1. ce sur les americains ce sont toujours pris pour dautre y se pense parfait mais un bon jour ca va leur tomber ds face toute la marde quil font